mardi 25 avril 2017


DEUX SOLITUDES AU CANADA, ARCHI-FAUX!

Qu’est-ce que le Québec dans cette lapalissade?

Daniel Paquet                                                  dpaquet1871@gmail.com

 

MONTRÉAL – Depuis mon adolescence et mon éveil à la chose politique, j’ai constaté que moult intellectuels québécois parlaient de deux solitudes au Canada, i.e. les Canadiens-anglais et les Canadiens-français.  Il fallait comprendre qu’il n’y avait aucun point d’ancrage entre les citoyens de ces deux nations.  En voyageant en Ontario, au Nouveau-Brunswick  et à Terre-Neuve, j’ai pu constater que les habitants de ces provinces anglophones avaient des soucis qui ressemblaient pas mal à ceux du Québec.

Ma pensée a mûri au constat que les Canadiens-français formaient un peuple à part.  Comme un grand nombre des jeunes de mon âge, j’ai adhéré aux thèses du Parti  québécois (PQ) et j’ai milité au sein des mouvements de gauche et de l’Association nationale des étudiants et des étudiantes du Québec (Aneeq) pour que soit reconnu le droit du Québec  à l’auto-détermination jusqu’à et y compris à la séparation; j’étais fier d’être un propagandiste en faveur d’une nation nouvelle.  Par contre, mon passage au  Parti communiste m’a convaincu que les Canadiens-anglais n’étaient pas généralement braqués contre les Québécois.  Mais peu d’anglophones comprennent cette frénésie indépendantiste.  D’ailleurs, il n’y a pas qu’au Canada anglais où on ne comprend pas cette « lubie »; alors que dans les années 1970, le Parti québécois comptait 350 000 membres; dans les années 2000, il n’a plus que 90 000 membres.

Si on ne peut parler de solitude, il faut cesser de trouver des réponses approximatives sur la place du Québec dans la confédération canadienne.  D’abord, il appert qu’on ne peut plus scientifiquement parler du Québec, comme patrie de la nation canadienne-française.

De facto, sur le socle de l’ancienne nation canadienne-française, les Premières nations  (Inuk et amérindienne),  les conquérants Anglos (Anglais, Écossais, Irlandais et même Allemands), l’immigration plus récente (Italiens, Grecs, Portugais, Latino, Arabo-musulmane, et al.), une nouvelle nation québécoise émerge.  Les Québécois habitent comme le nom l’indique sur le territoire du Québec; ils ont la tendance à parler une langue anglo-romane se fondant sur le français et les greffes des nouveaux arrivants (en espagnol, en italien et même en arabe) et partagent de plus en plus une psyché commune (et une économie propre).  C’est un processus qu’avait révélé en son temps et pour d’autres pays, l’ancien chef communiste géorgien Joseph Staline.  À tout seigneur, tout honneur!  

Au Canada anglais, les immigrants ont plus rapidement adopté l’anglais comme cela s’est fait au Québec avant les années 1970 dont la situation a changé avec l’arrivée du Parti québécois au pouvoir et la promulgation de la loi 101 sur la langue française obligatoire pour les francophones et les immigrants dans les écoles du Québec. 

Cette transformation est concomitante à l’irruption du communisme dans la vie politique internationale, surtout avec la publication du Manifeste du Parti communiste en 1848 (à Londres), par Karl Marx et Friedrich Engels.  D’ailleurs, « le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni  un idéal sur lequel la réalité devra se régler.  Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel.  Les conditions de ce mouvement résultent des prémisses actuellement existantes. »[1]

En 2017, la question semble moins pressante;  et la lassitude politique de la population du Québec est confirmée par la débandade du Parti québécois, la stagnation du parti Québec solidaire (malgré le nouveau venu, l’ancien leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois) et  l’étiolement des différents mouvements et associations, y compris la dissolution à venir d’Option nationale.

D’autant plus que les travailleurs québécois, d’instinct peut-être, jaugent maintenant la puissance de Donald Trump sur l’économie canadienne et craignent moins Justin Trudeau.

« De là la nécessité pour le prolétariat des nations ‘dominantes’ de prêter un soutien – un soutien résolu et actif – au mouvement de libération nationale des peuples opprimés et dépendants.  Cela ne signifie évidemment pas que le prolétariat doive soutenir tout mouvement national, toujours et partout, dans chaque cas particulier et concret. Il s’agit d’appuyer ceux des mouvements nationaux qui tendent à affaiblir, à renverser l’impérialisme, et non à le renforcer et à le sauvegarder. »[2]

Il ne faut pas perdre de vue que s’il y a ralentissement de l’économie au Québec, les ouvriers de la construction, à titre d’exemple, avaient tendance à travailler temporairement, et en masse, dans l’Ouest canadien.  Quand le bâtiment va à Montréal, ce sont les ouvriers de la construction du Nouveau-Brunswick (notamment les Acadiens) qui viennent offrir leurs services.  Et comme on dit : quand le bâtiment va, tout va!

Pour ce qui est de la palette culturelle québécoise, la multiplicité des événements et festivals divers au Québec, prouve que les Québécois ont à cœur leur culture, y compris celle qu’ils ont héritée de leur pays d’origine. 

 

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[1] Marx-Engels, L’idéologie allemande, Éditions sociales, Paris, 1968, pages 53-54
[2] Staline, Joseph, Les questions du léninisme, Éditions en langues étrangères, Pékin, 1977, page 73

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