mercredi 27 juin 2018
samedi 23 juin 2018
SOCIAL-DÉMOCRATIE ET
COMMUNISME
Y a-t-il vraiment une différence?
Daniel Paquet
MONTRÉAL – Parler de
social-démocratie, c’est de façon aberrante pérorer sur le ‘top du top’ comme
le dirait la jeunesse; les pédants affirmeront que c’est le nec plus ultra en matière de gauche
politique et sociale. En passant, feu
Robert Bourassa, ci-devant chef du très bourgeois Parti libéral du Québec
affirmait à son retour d’Europe – après un cuisant échec électoral au Québec -,
et à qui voulait l’entendre, dans les années 1980, qu’il était
social-démocrate. « … ‘la bourgeoisie n'a pas
seulement forgé les armes qui la mettront à mort; elle a produit aussi les
hommes qui manieront ces armes, les ouvriers modernes, les prolétaires’.
A mesure que grandit la
bourgeoisie, c'est-à-dire le capital, se développe aussi le prolétariat, la
classe des ouvriers modernes qui ne vivent qu'à la condition de trouver du
travail et qui n'en trouvent que si leur travail accroît le capital. Ces
ouvriers, contraints de se vendre au jour le jour, sont une marchandise, un
article de commerce comme un autre; ils sont exposés, par conséquent, à toutes
les vicissitudes de la concurrence, à toutes les fluctuations du marché. » (Marx-Engels, Le Manifeste du Parti communiste,
Flammarion, Paris, 2008, pages 236-237).
RAPPORT SUR LE
CHANGEMENT DE DÉNOMINATION DU PARTI COMMUNISTE DE RUSSIE
« Comme vous le
savez, camarades, une discussion assez approfondie se déroule depuis avril 1917
dans le Parti au sujet du changement de dénomination du Parti ; c'est pourquoi
il a été possible de prendre tout de suite au Comité central une décision qui
n'a pas, je crois, provoqué de vives discussions et n'en a peut-être même
suscité presque aucune, à savoir : le Comité central vous propose de changer
l'appellation de notre Parti et de lui donner le nom de Parti communiste de
Russie avec, entre parenthèses : bolchevique. Ce complément, nous le
reconnaissons tous comme indispensable, parce que le mot « bolchevique » a
acquis droit de cité non seulement dans la vie politique de la Russie, mais
aussi dans toute la presse étrangère qui suit les grandes lignes des événements
en Russie. Que la dénomination de « parti social-démocrate » soit
scientifiquement inexacte, notre presse l'a expliqué également. Ayant créé leur
propre État, les ouvriers ont fait que l'ancienne notion de la démocratie - de
la démocratie bourgeoise, - a été dépassée par le développement de notre
révolution. Nous sommes arrivés à un type de démocratie qui n'a jamais existé
nulle part en Europe occidentale. II n'a eu sa préfiguration que dans la
Commune de Paris, dont Engels a dit qu'elle n'était pas un État au sens
propre du terme. En un mot, pour autant que les masses
laborieuses se mettent elles-mêmes à gérer l'État et à créer une force armée
qui soutient l'ordre existant, l'appareil spécial de gestion disparaît,
l'appareil spécial d'une certaine violence de la part de l'État disparaît, et
nous ne pouvons plus dès lors être pour la démocratie sous son ancienne forme.
D'autre part, au
moment où nous nous engageons dans la voie des transformations socialistes,
nous devons définir clairement l'objectif vers lequel elles tendent en fin de
compte, à savoir la création d'une société communiste, qui ne se borne pas à
l'expropriation des fabriques, des usines, du sol et des moyens de production,
qui ne se limite pas à un inventaire et à un contrôle rigoureux de la
production et de la répartition des produits, mais qui va plus loin, vers la
réalisation du principe : de chacun selon ses capacités, à chacun
selon ses besoins. C'est pourquoi la dénomination de Parti communiste
est la seule qui soit scientifiquement juste. L'objection suivant laquelle elle
peut nous faire confondre avec les anarchistes a été tout de suite repoussée au
Comité central, parce que les anarchistes ne se donnent jamais simplement le
nom de communistes, mais accompagnent toujours ce mot d'autre chose. A cet
égard, il y a toutes sortes de variétés de socialisme, mais cela
n'entraîne aucune confusion entre social-démocrates et partis social-réformistes
ou socialistes nationaux et autres.
D'autre part, un
argument très important en faveur du changement de dénomination du Parti est
que les vieux partis socialistes officiels de tous les pays avancés d'Europe ne
se sont pas encore désintoxiqués du social-chauvinisme et du social-patriotisme
qui ont provoqué la faillite complète du socialisme européen, officiel, pendant
la guerre actuelle (i.e Première guerre mondiale,1914-1918), si bien que,
jusqu'à ce jour, presque tous les partis socialistes officiels ont été pour le
mouvement socialiste révolutionnaire ouvrier de véritables freins, de
véritables obstacles. Et notre Parti, qui jouit incontestablement à l'heure
actuelle d'immenses sympathies parmi les masses laborieuses de tous les pays, a
pour devoir de proclamer de la façon la plus catégorique, la plus tranchée, la
plus claire, sans la moindre équivoque, sa rupture avec ce vieux socialisme
officiel. Et le changement de nom du Parti sera le meilleur moyen d'atteindre
ce résultat. » (Lénine, Œuvres
complètes, tome 27, Éditions sociales/Paris; Éditions du Progrès/Moscou,
1980, pages 140-141).
Tim Buck, qui fut pendant des décennies le
secrétaire-général du Parti communiste du Canada, a, eu égard à la dictature du
prolétariat, déclaré : « Who will
make the decision in the dictatorship of the proletariat? The people who want socialism. They will not make decisions in favour of
socialism unless the working class is firmly united with them. The working
class is the only class that has everything to gain and nothing to lose. »
(Buck, Tim, Yours in the struggle,
NC Press, Toronto, 1977, page 404).
Quant à Joseph Staline, il s’est exprimé ainsi :
« J'ai dit plus haut qu'entre Marx et Engels d'une part, et Lénine de
l'autre, s'étendait toute une période de domination de l'opportunisme de la IIe
Internationale. Pour préciser, j'ajouterai qu'il ne s'agit pas de la domination
formelle, mais uniquement de la domination effective de l'opportunisme.
Formellement, la IIe Internationale était dirigée par des marxistes orthodoxes
comme Kautsky et autres. En réalité, son travail fondamental s'effectuait dans
la ligne de l'opportunisme. Petits-bourgeois de nature, les opportunistes
s'adaptaient à la bourgeoisie ; quant aux « orthodoxes », ils s'adaptaient aux
opportunistes pour « conserver l'unité » avec ces derniers, pour maintenir « la
paix dans le parti ». En définitive,
l'opportunisme dominait, car, par les opportunistes, les « orthodoxes » étaient
liés indissolublement à la politique de la bourgeoisie. Ce fut une période de
développement relativement pacifique du capitalisme, une période d'avant-guerre
pour ainsi dire, où les contradictions de l'impérialisme ne s'étaient pas
encore révélées dans toute leur ampleur, où les grèves économiques et les
syndicats se développaient plus ou moins « normalement », où les partis
socialistes remportaient des succès électoraux et parlementaires foudroyants,
où les formes légales de lutte étaient portées aux nues et où l'on espérait «
tuer » le capitalisme par la légalité ; en un mot, une période où les partis de
la IIe Internationale, grossissaient, s'empâtaient et ne songeaient plus à la
révolution, à la dictature du prolétariat, à l'éducation révolutionnaire des
masses. Au lieu d'une théorie révolutionnaire intégrale, des thèses contradictoires,
des fragments de théorie sans liaison avec la lutte révolutionnaire effective
des masses, des dogmes abstraits et surannés. Formellement, on se référait
encore à la théorie de Marx, mais uniquement pour la dépouiller de son esprit
révolutionnaire. Au lieu d'une politique révolutionnaire, un philistinisme
amorphe, une politique mesquine, des combinaisons parlementaires. De temps à
autre, des décisions et des mots d'ordre révolutionnaires, enterrés aussitôt
qu'adoptés. Au lieu d'apprendre au parti la tactique révolutionnaire véritable,
par l'étude de ses propres fautes, on évitait soigneusement les questions
épineuses. Quand, par hasard, on y touchait, c'était pour les estomper et
terminer la discussion par une résolution élastique. Tels étaient la physionomie,
la méthode de travail et l'arsenal de la IIe Internationale. » (Staline, Les
questions du léninisme, Éditions en langues étrangères, Pékin, 1977, pages
11-13).
Le chroniqueur du Devoir, Christian Rioux,
est en poste à Paris depuis des années. Sa présentation sur le site Web du
quotidien précise qu’il « s’intéresse depuis 30 ans aux questions politiques et
culturelles qui déchirent l’Europe, l’Amérique et la francophonie ». Quelques
années auparavant, vers 1980, il militait dans le groupe maoïste En Lutte!, dont les journaux dénonçaient le
capitalisme et l’impérialisme dans une perspective internationaliste.
Il est
aujourd’hui un passeur d’idées conservatrices et réactionnaires de l’Europe
vers le Québec. Ce trafic d’idées est son fonds de commerce. On ne compte plus
ses textes qui présentent l’immigration comme un grave problème, la fermeture
des frontières comme une solution miracle et les progressistes internationalistes
comme de dangereux idéalistes déconnectés du vrai « peuple ». Il présente ses
positions très critiques de l’immigration en son nom propre dans ses
chroniques, ou dans des reportages où il cite à profusion des intellectuels et des
politiciens qui pensent comme lui.
À
croire qu’il est en poste à Paris avec pour seul mandat de dénoncer
l’immigration. Il y a pourtant une multitude d’autres sujets dont pourrait
traiter le seul et unique correspondant du Devoir en Europe pour le plus grand bénéfice du lectorat.
Lisant sa
chronique intitulée «Le délire humanitaire» qui portait sur la migration
africaine vers l’Europe, je suis resté éberlué de constater qu’il poussait sa
logique anti-immigration jusqu’à souligner que le risque de mourir noyé en
Méditerranée sur une embarcation d’infortune n’était que de 0,37%!
Pourquoi
diable mettre en lumière ce chiffre de 0,37%, si non pour mieux ridiculiser le
« délire » et le « misérabilisme humanitaire », pour reprendre les mots
méprisants du chroniqueur?
Selon cette
logique mathématique, que penser des 81 journalistes tués dans le monde,
en 2017?
Ce nombre, encore plus insignifiant que celui des victimes de la migration, ne
représente que 0,096% de tous les journalistes… aux États-Unis, seulement.
Conclusion, il ne faudrait pas se laisser berner par le délire et le
misérabilisme des agences de presse qui dénoncent la répression contre les
journalistes et les atteintes à la liberté médiatique.
3000
morts, c’est 23 fois plus de morts que lors des attaques du 13 novembre 2015 en
France (Bataclan, etc.). C’est, chaque année, le nombre de victimes de
l’attaque aérienne du 11 septembre 2001 et plus de deux fois celui du naufrage
du Titanic. Chaque année.
Par le
choix des mots et des chiffres, le chroniqueur cherche à minimiser la tragédie
humaine, à minorer l’ampleur du désastre. Le chroniqueur aurait pourtant pu
choisir d’autres chiffres et nous rappeler qu’il y a eu plus de 3 000 morts en
Méditerrané, l’an dernier seulement. 3000 morts, c’est 23 fois plus de
morts que lors des attaques du 13 novembre 2015 en France (Bataclan, etc.).
C’est, chaque année, le nombre de victimes de l’attaque aérienne du 11
septembre 2001 et plus de deux fois celui du naufrage du Titanic. Chaque année.
Entre 3000
morts réels et 0,37% de risque de mourir, on voit bien ce qu’on cherche à nous
faire voir et à nous cacher : beaucoup de mort d’un côté, presque pas de
morts de l’autre. Bref, choisir des chiffres, c’est choisir des images, c’est
un choix de valeur, c’est choisir son camp politique. » (Chronique
par Francis Dupuis-Déri, Ricochet, Christian
Rioux, Prix Nobel de Mathématiques, La migration et la mort, Réponse au
chroniqueur du Devoir, 19 juin 2018).
« D’entrée de jeu, (...) quatre auteurs (Michel Doré, Marilyse Lapierre,Benoit
Lévesque et Yves Vaillancourt) délimitent
la patinoire sur laquelle la gauche (québécoise) peut espérer
évoluer : c’est la
social-démocratie et rien d’autre. ‘Ce
nouveau contexte mondial, écrivent-ils, rend possible et souhaitable un retour
à la social-démocratie, la seule voie politique de gauche capable de s’imposer
actuellement sur la scène électorale, la seule force politique dont la
trajectoire historique est marquée par un engagement sans réserve en faveur
d’une démocratie représentative ouverte à une participation citoyenne active
(…) À l’heure actuelle, la social-démocratie
représente la seule orientation politique encore capable de prendre le pouvoir
et de réaliser des réformes qui vont dans le sens de l’intérêt général ou du
bien commun.’ (…) Tentons une
réponse : les auteurs estiment que
la social-démocratie est la seule option (associée à la gauche) acceptable pour
le Parti québécois. Et ils espèrent que
dans la période actuelle, alors que la démarche du PQ en matière de
souveraineté est caractérisée par une grande hésitation ce parti acceptera de
placer la social-démocratie et son renouvellement en tête de liste de ses
préoccupations et de son programme. (…)
Dès lors, même si le PQ est reconnu comme le parti politique québécois
le plus ouvert à la social-démocratie, la question des rapports entre le
nationalisme et la social-démocratie a été jusqu’ici examinée plutôt sous
l’angle du nationalisme que de la social-démocratie. » (Boudreau,
Philippe, État : pouvoirs et contre-pouvoirs, Nouveaux
Cahiers du socialisme, Montréal, 2010, pages 149-150).
« C’est pourquoi, en un sens, les ouvriers parisiens
(au XIXe siècle) s’en remettent à leur juste instinct (un syndicaliste de la
Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec – FTQ, m’avait dit
la même chose naguère - ndlr) en soutenant à chaque fois le parti le plus
radical possible. » (Lettre
d’Engels à A. Bebel, 22 juin 1885, La social-démocratie allemande, Union
générale d’éditions, Paris, 1975, page 207).
« L'histoire n'est pas
autre chose que la succession des différentes générations dont chacune exploite
les matériaux, les capitaux, les forces productives qui lui sont transmis par
toutes les générations précédentes; de ce fait, chaque génération continue
donc, d'une part le mode d'activité qui lui est transmis, mais dans des
circonstances radicalement transformées et d'autre part elle modifie les
anciennes circonstances en se livrant à une activité radicalement différente;
ces faits on arrive à les dénaturer par la spéculation en faisant de l'histoire
récente le but de l'histoire antérieure; c'est ainsi par exemple qu'on prête à
la découverte de l'Amérique cette fin : aider la Révolution française à
éclater; de la sorte on fixe alors à l'histoire ses buts particuliers et on en
fait une "personne à côté d'autres personnes" (à savoir "conscience
de soi, critique, unique", etc.), tandis que ce que l'on désigne par les
termes de "détermination", "but", "germe",
"idée" de l'histoire passée n'est rien d'autre qu'une abstraction de
l'histoire antérieure, une abstraction de l'influence active que l'histoire
antérieure exerce sur l'histoire récente. » (Marx-Engels, L’idéologie allemande, Éditions
sociales, Paris, 1968, pages 72-73).
« Précisément dans le parasitisme et la putréfaction
qui caractérisent le stade historique suprême du capitalisme, c'est-à-dire
l'impérialisme. Comme il est montré dans ce livre, le capitalisme a assuré une
situation privilégiée à une poignée (moins d'un dixième de la
population du globe ou, en comptant de la façon la plus "large" et la
plus exagérée, moins d'un cinquième) d'États particulièrement riches et
puissants, qui pillent le monde entier par une simple "tonte des
coupons". L'exportation des capitaux procure un revenu annuel de 8 à 10
milliards de francs, d'après les prix et les statistiques bourgeoises d'avant-guerre.
Aujourd'hui beaucoup plus, évidemment.
On conçoit que ce gigantesque surprofit (car
il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de
"leur" pays) permette de corrompre les chefs
ouvriers et la couche supérieure de l'aristocratie ouvrière. Et les
capitalistes des pays "avancés" la corrompent effectivement : ils la
corrompent par mille moyens, directs et indirects, ouverts et camouflés.
Cette couche d'ouvriers embourgeoisés ou de
l'"aristocratie ouvrière", entièrement petits-bourgeois par leur mode
de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde, est le
principal soutien de la IIe Internationale, et, de nos jours, le
principal soutien social (pas militaire) de la
bourgeoisie. Car ce sont de véritables agents de la bourgeoisie au
sein du mouvement ouvrier, des commis ouvriers de la classe des
capitalistes (labour lieutenants of the capitalist class), de véritables
propagateurs du réformisme et du chauvinisme. Dans la guerre civile entre
prolétariat et bourgeoisie, un nombre appréciable d'entre eux se range
inévitablement aux cotés de la bourgeoisie, aux côtés des
"Versaillais" contre les "Communards".
Si l'on n'a pas compris l'origine économique de ce
phénomène, si l'on n'en a pas mesuré la portée politique et sociale, il est
impossible d'avancer d'un pas dans l'accomplissement des tâches pratiques du
mouvement communiste et de la révolution sociale à venir.
L'impérialisme est le prélude de la révolution sociale du
prolétariat. Cela s'est confirmé, depuis 1917, à l'échelle mondiale. »
(Lénine, L’impérialisme, stade suprême
du capitalisme, Éditions du Progrès, Moscou, 1971 (1920), page 665).
Quant au Parti communiste du Canada, il remonte en selle et
sa presse (People’s Voice) est distribuée régulièrement, et fait ainsi connaître
ses orientations et politiques; et aussi par le biais des média électroniques
(ex. Facebook); il a retrouvé sa crédibilité et sa pertinence auprès de la
classe ouvrière. On peut en dire autant
pour le Party of Communists of USA.
vendredi 22 juin 2018
jeudi 14 juin 2018
Chine: Pékin, République populaire de Chine
Subject: Chine
|
Pékin, République
populaire de Chine
Quelques éléments de réflexion
Daniel Paquet
Ni Hao!
(Bonjour),
Bon, on sait que
la République populaire de Chine (RPC) a été proclamée en 1949. Le but de cet
article est de parler, pas trop sommairement tout de même, de ce qu’elle
devient maintenant. C’est un exercice périlleux. Le lecteur devra pardonner
la naïveté des propos. En fait, la Chine que nous connaissons concrètement,
c’est le voisinage avec des Chinois venus s’installer au Canada. Quant à la
Chine continentale -le pays-, nous ne l’avons « visité » que par les livres
de Han Suyin et de Pearl Buck. La vie n’était pas très rose pour les millions
de paysans chinois.
La revue
québécoise L’Étoile du Nord présentait dans son édition de
septembre-octobre 2011, quelques clichés assez révélateurs sur la puissance
de la RPC : le jet régional ARJ-21, le premier groupe aéronaval chinois
emmené par le porte-avions Shi-Lang et le chasseur furtif chinois J-20
(symboles de la montée en puissance de l’industrie chinoise). On pouvait voir
aussi le pont Haiwan (devenu cette année le plus long pont maritime du
monde), le sous-marin habité Jiaolong et le futur module spatial Tiangong 1
(symboles des programmes d’exploration sous-marin et spatial chinois), et le
titanesque projet d’adduction d’eau sud-nord.
De toute façon,
nous sommes nombreux à nous rappeler les spectacles d’ouverture et de clôture
des Jeux Olympiques de Pékin de 2008. La barre fût haute pour les
organisateurs des Jeux de 2012 en Grande-Bretagne…
La République
populaire de Chine se développe et elle a des besoins, notamment
énergétiques; elle a beaucoup investi en Afrique. Les dirigeants occidentaux
s’insurgent et mettent en garde les peuples du continent africain; en
particulier Hillary Clinton, Secrétaire d’État des USA en fonction. Pourtant, la
Chine n’a pas déployer de soldats sur ce vaste continent, alors que la créature des USA,
l’OTAN, ne veut plus manquer aucune occasion d’imposer les visées de l’Ouest;
la Libye en est un souvenir douloureux. Le past-président Barack
Obama, particulièrement auréolé par sa légende, a aussi mis en garde le
peuple états-unien contre la puissance chinoise.[1]
En Europe, de
façon soutenue et en Amérique du Nord, on conspue le gouvernement chinois.
Sommes-nous en train de ranimer l’épouvantail putréfié de « l’Empire du Mal
», de dresser les peuples occidentaux contre le péril jaune?
« Rodée de longue
date aux principes de la mystification acquis au cours d’un demi-siècle de
‘construction du socialisme’, la bourgeoisie impérialiste chinoise est à
notre avis bien trop intelligente pour tomber dans le piège grossier tendu
par ses concurrents impérialistes : celui de rejoindre le camp de la
‘démocratie’ bourgeoise en se contentant de se faire une place aux côtés des autres puissances
impérialistes. Pourquoi l’impérialisme chinois suivrait-il ces ‘conseils’
donnés par les idéologues de ses concurrents impérialistes et accepterait-il
ce compromis de bas étage alors qu’il est en position de force
pour détrôner ses principaux concurrents impérialistes?
Ainsi, à la fin
2006, la Chine préparait une nouvelle loi sur le travail dans les entreprises
à capitaux mixtes, limitant la durée de la période d’essai, imposant la
semaine de 44 heures et le paiement des heures supplémentaires. On a assisté
aussitôt à une levée de boucliers de la part des investisseurs étrangers pour
lesquels cette loi ‘mettrait en péril les valeurs traditionnelles de
l’entreprise’.
… L’impérialisme
chinois a été le moteur de la croissance économique mondiale durant ces
trente dernières années! C’est évidemment en parfaite adéquation avec sa
montée fulgurante sur le plan commercial. »[2]
Au Canada, la
presse économique est plutôt franche : « La Chine du XXIe siècle : la
naissance d’un nouvel empire du commerce »; « … la Chine se rapproche de plus
en plus du jour où elle dictera à la planète les grandes mesures monétaires
»; « Et un jour, l’humeur de la Bourse chinoise dictera même le ton à Wall
Street. C’est inévitable. »[3]
Pour ce qui est de cette idée ou concept que la
Chine est un pays impérialiste, il faut s’attendre au sourcillement des amis
de la République populaire, dont Domenico Losurdo; c’est un éminent intellectuel
italien qui a fouillé le dossier, et l’a également comparé à l’Union
soviétique. Il a noté, très justement que les mesures de l’État chinois lui
ont permis de nourrir et d’abriter plus de 1.4 milliard d’habitants qui ont
souffert chroniquement de famine, sans compter les guerres et les agressions
de type colonial.
Il y a des
communistes chinois, y compris dans la diaspora à Montréal. Et ils sont de
grands patriotes. Ils ressentent un devoir à l’égard de la mère-patrie. Il
faut ajouter qu’ils ont été passablement malmenés au Canada au XIXe siècle
alors qu’ils ont bâti les chemins de fer d’Ouest en Est. Et « malmenés » est
un euphémisme…
Aujourd’hui, il
est de bon ton, pour une certaine élite bon chic bon genre, de vilipender la
Chine et de souhaiter sa faillite. Certes, il y a eu le mélange des genres
dans ce pays, alors que Mao Zédong s’est allié à la bourgeoisie nationale
chinoise pour libérer le pays de la bourgeoisie compradore et de
l’envahisseur nippon. Dans les conférences
internationales, les délégués du Parti communiste chinois affirment
régulièrement que l’édification du socialisme en Chine se fera selon des
voies particulières et que ce sera un long développement…
Ce que l’on peut
dire maintenant, c’est : faites confiance au peuple
chinois, et prenons nos distances du « loup » impérialiste nord-américain qui
aime bien s’introduire dans les bergeries. Il ne faut pas conclure que le
régime va tomber parce qu’il y a une manifestation dans tel ou tel village. À
ce compte, tout le monde devrait s’inquiéter au Canada quand un fait divers
surgit dans les replis reculés de notre grand pays. Certes, le peuple chinois
luttera pour un avenir plus serein; il est parfaitement capable de le
définir.
Sommes-nous, nous
peuples d’Occident, capables d’envisager maintenant notre destin?
Courriel : dpaquet1871@gmail.com
Site : www.dpaquet1871.blogspot.com Archives : www.laviereelle.blogspot.com
|
mercredi 13 juin 2018
NAZIM HIKMET
(21 novembre 1901 à Salonique - 3 juin 1963 à Moscou, mais il a été déclaré né le 15 janvier 1902 — nom complet Nazım Hikmet Ran), poète turc, puis citoyen polonais, longtemps exilé à l'étranger pour avoir été membre du Parti communiste turc (en turc, sans point sur le i de Nazım, prononciation : Naz ɯm).
Il est l'une des plus importantes figures de la littérature turque du XXe siècle, et l'un des premiers poètes turcs à utiliser des vers plus ou moins libres comme le fit Orhan Veli. Hikmet est devenu, de son vivant, un des poètes turcs les plus connus à l'Ouest et ses travaux ont été rapidement traduits dans différentes langues.
Cependant, dans son propre pays, il fut condamné pour marxisme et demeura en Turquie, même après sa mort, un personnage controversé. Il passa quelque 17 années en prison et baptisa la poésie le plus sanglant des arts. Ses écrits soulignent la critique sociale.
Son père, Nazim Hikmet Bey était un fonctionnaire et sa mère, Aisha Dshalila, un peintre. Il était le petit-fils d'un pacha ottoman. Il étudia brièvement au lycée francophone Galatasaray à Istanbul et étudia par la suite même à l'école navale turque — mais fut réformé après son premier embarquement en raison de son état de santé. Durant la guerre d'indépendance, il rejoignit Atatürk en Anatolie et ensuite travailla comme enseignant à Bolu. Il étudia la sociologie à l'université de Moscou (1921-1928).
Après son retour en Turquie en 1928, sans visa, Hikmet écrivit des articles pour des journaux et des périodiques, des scénarios et des pièces. Il fut condamné à la prison à cause de son retour irrégulier mais bénéficia d'une amnistie générale en 1935. En 1938, il fut condamné à 28 ans et 4 mois de prison pour « activités anti-nazies et anti-franquistes ». Il passa les douze années suivantes en prison, période pendant laquelle il se maria en deuxièmes noces avec Münevver Andaç.
Il reçut le prix international de la paix en 1955. Déchu de la nationalité turque, il termina sa vie en exil comme citoyen polonais. Cette dernière lui a été rendue de façon posthume le 5 janvier 2009, suite à un conseil des ministres reconnaissant que les crimes dont on l'accusait alors ne sont plus considérés aujourd'hui comme tels. Il mourut d'une crise cardiaque à Moscou et fut enterré au prestigieux cimetière de Novodevitchi, bien que dans un poème testament il écrivît : "Enterrez-moi en Anatolie, dans un cimetière de village / Et si possible, un platane au dessus de moi suffit".
Un poète militant (extrait de Promenade du soir)
"Bakkal Karabet'in ışıkları yanmış
Affetmedi bu Ermeni vatandaş
Kürt dağlaranda babasının kesilmesini.
Fakat seviyor seni,
çünkü sen de affetmedin
Bu karayı sürenleri Türk halkının alnına."
Les lampes de l'épicier Karabet sont allumées,
Le citoyen arménien n'a jamais pardonné
Que l'on ait égorgé son père
Sur la montagne kurde
Mais il t'aime,
Parce que toi non plus tu n'as pas pardonné
À ceux qui ont marqué de cette tache noire
Le front du peuple turc.
Nazım Hikmet a publié ses premiers poèmes composés selon le rythme syllabique,
dans les revues telles que Yeni Mecmua, İnci, Ümit et Premier
Livre, Deuxième livre publiés par Celal Sahir (Erozan). Il a obtenu
le premier prix de poésie avec son poème intitulé « Bir dakika » (Une
Minute) lors du concours organisé par le journal Alemdar
(1920). Le poète publiant ses écrits dans des revues telles que Aydınlık,
Resimli Ay, Hareket, Resimli Herşey ou Her Ay n'a
rien publié pendant ses années de prison. Mais certains de ses poèmes ont été
publiés dans les années 1940, dans des revues à tendance sociale, telles que Yeni
Edebiyat, Ses, Gün, Yürüyüş, Yığın, Baştan,
Barış, sous des noms
d'emprunt comme « Ibrahim Sabri » ou « Mazhar Lütfi ». L'Épopée
de la guerre d'indépendance a été publiée en feuilleton, dans le journal Havadis
à Izmir (1949). La Revue Yön a édité l'Épopée
en 1965 en brisant le cercle dans lequel le poète était enfermé. Il introduisit
avec Orhan Veli la versification libre dans la poésie
turque. (Wikipédia)
vendredi 1 juin 2018
La logique
capitaliste
15$,
c’est vraiment le minimum!
Daniel Paquet
|
«
|
‘Ce n’est pas acceptable qu’un
emploi à temps plein place une personne sous le seuil de faible revenu. C’est une mauvaise politique publique. D’un côté, elle crée de l’appauvrissement; de
l’autre, elle ne suscite pas réellement de création d’emploi. Personne n’est gagnant : ni les
personnes concernées, ni leur famille, ni l’économie locale, ni les
gouvernements.’ (…)
Or, la formule
actuellement utilisée par le gouvernement du Québec fixe le salaire minimum à
47% du salaire moyen, mais ne permet pas une réelle amélioration du pouvoir
d’achat des bas salariés [et des assistés sociaux].
La proposition de la
FTQ (Fédération des travailleurs du Québec) est de commencer, dès 2017, une
augmentation graduelle étalée sur six ans jusqu’en 2022. Par la suite, le gouvernement se donnerait
comme objectif de maintenir le salaire minimum au niveau d’un salaire viable,
un calcul basé sur les nécessités pour permettre à un foyer de vivre décemment. » (Le Monde Ouvrier, Un salaire minimum viable,
Fédération des travailleurs du Québec, no. 116, mai-juin 2016, Montréal, page
frontispice).
Quant à la
Confédération des syndicats nationaux (CSN), son président, Jacques Létourneau,
a affirmé que : « nous devons collectivement et solidairement revendiquer
un revenu décent pour tout le monde en proposant de relever les montants des
prestations d’aide sociale, de hausser de façon significative le salaire
minimum et d’adopter une loi favorisant le droit pour tous d’être couverts par
un régime de retraite auquel chacun des employeurs cotiserait. (…)
… le conseil
confédéral de la CSN a, pour sa part, voté en faveur d‘une campagne pour le
relèvement le plus rapidement possible du salaire minimum à 15$, dans le cadre
d’alliances les plus larges possible pour y arriver, et d’un mécanisme annuel
d’ajustement. (…)
… il est essentiel de
nous unir aux autres organisations progressistes, y compris celles qui œuvrent
auprès des non-syndiqués. (…)
‘Un salaire minimum à
15$ l’heure, c’est une revendication qui est atteignable’, a conclu Jacques Létourneau. »
(Houle, Louis Serge, Vivre mieux, c’est possible,
Perspectives CSN, juin 2016, numéro 54, pages 18-19).
De son côté, la
Centrale des syndicats du Québec (CSQ) rapporte que « selon Statistiques
Canada, le seuil de faible revenu se
situe à 25 000 $ pour une personne seule vivant dans une ville d’au moins
500 000 habitants. Or, le revenu annuel
d’une personne travaillant à temps plein (35 heures par semaine) au salaire
minimum s’élève actuellement à 19 200 $.
Pour la CSQ, il ne fait aucun doute : le salaire minimum doit
passer à 15$ l’heure, ce qui permettrait de toucher un salaire de 26 250$.
Il est à noter que la
Californie a adopté un tel salaire minimum, et l’État de New York est sur le point
d’en faire tout autant. » (Piché, Jean-François, Une question d’audace politique,
Nouvelles CSQ, Montréal, Été 2016, page 36).
“A
cross-Canada Day of Action took place on Friday, April 15th (2016) to demand a raise
to minimum wages across the country.
Despite some small increases in the minimum wage, there is not one province
or territory in Canada that has increased the minimum wage to above the poverty
line, even if workers are able to find full-time work. This continue to allow many large
corporations to pay poverty wages and impoverish our communities.
Well
over 20 cities participated in the Day of Action to raise the minimum wage and
rallied around the ‘Fight for $15’ campaign. (…)
Labour
unions, students, anti-poverty groups, faith based organizations, tenants
rights advocates, and minimum wage workers themselves took to the streets. The Young Communist League of Canada (YCL) also
supports the campaign, as a step towards a living wage.” (Ligue de la jeunesse communiste
du Canada, Fight for 15!, Rebel Youth Magazine, Toronto,
Issue 20, PG28).
Au Québec, « le
parti (Québec solidaire (nationaliste et social-démocrate) a récemment
enfourché un nouveau cheval de bataille : le salaire minimum à 15 dollars
l’heure. Une mesure qui toucherait 271 000 personnes. Voilà le ‘potentiel électoral’ du QS. »
(Castonguay, Alec, Où s’en va Québec solidaire? L’Actualité, Montréal, juillet
2016, pages 37-38).
Malgré tout, la FTQ
semble bouder le QS :
« … la principale
raison invoquée par le président de la FTQ pour expliquer [qu’elle n’a] jamais
donné son appui à QS lors d’une élection :
‘ C’est jeter notre vote aux poubelles.
On ne veut pas donner plus de chances de gagner à un parti qu’on n’aime
pas’, dit Daniel Boyer, en précisant que la FTQ a refusé d’appuyer formellement
une formation depuis 2007, alors que le Parti québécois d’André Boisclair (social-démocrate
nationaliste) avait reçu [leur] appui. »
(Ibidem, page 36). « [Même
si les membres] ne sont souvent pas à l’aise avec une action politique
partisane, tous considèrent qu’ils sont cependant intéressés à discuter des
grands enjeux de société et des positions mises de l’avant par leur syndicat (…)
On souhaite… que la
FTQ développe une formation et des outils pédagogique pour aider les formateurs
et les formatrices à animer ces contenus plus politiques. » (Le Monde Ouvrier,
page 7). Néanmoins, c’est le Parti
communiste qui a toujours été le plus proche du monde syndical au Canada. La chasse aux sorcières n’est toutefois pas
terminée.
Revenons à nos
moutons : la hausse du salaire
minimum à 15$ l’heure au Canada. Il faut
prévoir que les patrons; les grands bonzes, surtout, invoqueront l’inflation, et
la fatalité d’une hausse généralisée des prix à la consommation.
Rien n’est plus faux!
« Dans la mesure
où le prix n’est que l’expression monétaire de la valeur (sous l’apparence du
salaire, -ndlr), il fut appelé par Adam Smith, prix naturel et par les physiocrates français prix nécessaire.
Quel est donc le
rapport entre la valeur et le prix du marché, entre le prix naturel et le prix du marché? Vous savez
tous que le prix du marché pour toutes
les marchandises de même sorte, aussi différentes que puissent être les
conditions de production des producteurs
pris individuellement [se ressemblent]. Le
prix du marché n’exprime que la quantité
moyenne de travail social nécessaire, dans les conditions moyennes de
production, pour approvisionner le marché d’une certaine quantité d’un article
déterminé (ou de prestation d’un service, -ndlr)). Il est calculé d’après la quantité totale d’une
marchandise d’une sorte déterminée. »
(Marx, Karl, Salaire, prix et profit, Œuvres choisies, tome 2, Éditions du
Progrès, Moscou, 1978, page 52).
Même si nous sommes à
l’ère de l’Internet et des technologies nouvelles (robotique…), le principe
demeure le même.
« Si
l’accroissement des salaires était dépensé en objets ne figurant pas auparavant
dans la consommation des ouvriers (ex. voyage dans le cosmos, achat d’une île….),
il ne serait pas nécessaire de prouver l’augmentation effective de leur pouvoir
d’achat. Mais comme elle n’est que la
conséquence de l’élévation de leur salaire, il faut bien que cette augmentation
du pouvoir d’achat des ouvriers corresponde exactement à la diminution du pouvoir
d’achat des capitalistes. Par
conséquent, ce ne serait pas la demande totale des marchandises qui
augmenterait, mais les parties constituantes de cette demande qui se
modifierait. La demande croissante d’un
côté serait compensée par la demande décroissante de l’autre. De cette façon, la demande totale restant
inchangée, aucun changement ne pourrait se produire dans les prix des
marchandises sur le marché. » (Ibidem, page 33).
Vue de l’esprit? Imaginez les travailleurs québécois ayant
tous la garantie d’aller dans le Sud chaque hiver : à Cuba, au Mexique ou… sur un beau grand
yacht. Pensez à une grande demeure sur le
boulevard Gouin à Montréal ou à un condominium donnant sur le bassin Chambly,
avec le personnel d’entretien en conséquence (et bien rémunéré).
Après tout, il n’y a
rien de trop beau pour la classe ouvrière!
« … maintenant,
la grande industrie est entrée en conflit avec le régime de production
bourgeois qui a remplacé le mode féodal.
Liée par ce régime, par les cadres étroits du mode de production
capitaliste, elle crée, d’une part, une prolétarisation toujours croissante de
la grande masse du peuple entier et, d’autre part, une quantité de plus en plus
considérable de produits impossibles à écouler. (…)
Il est donc prouvé
que, dans l’histoire moderne tout au moins, toutes les luttes politiques sont
des luttes de classes et que toutes les luttes émancipatrices de classes,
malgré leur forme nécessairement politique – car toute lutte de classes est une
lutte politique – tournent, en dernière analyse, autour de l’émancipation économique. » (Engels, Friedrich, Ludwig Feuerbach et la fin de la
philosophie classique allemande, Éditions sociales, Paris, 1966, page
73).
C’est la grande
révolution socialiste d’Octobre 1917 en Russie, qui a conduit à son terme cette
réalisation – en pratique. L’année suivante,
les communistes russes ont adopté des changements profonds lors de leur congrès
extraordinaire.
« Le congrès
décide qu’à l’avenir notre parti (le Parti ouvrier social-démocrate bolchévik
de Russie) s’appellera Parti communiste de Russie avec, entre parenthèses,
l’adjonction du mot : ‘bolchévik’. (…)
Ceci est une pétition
de principes; elle s’oppose à l’opportunisme de gauche et de droite (qui
bourgeonne chez les sociaux-démocrates).
« Wherein
lies its inevitability in capitalist society?
Why does it go deeper than differences in national peculiarities and
degrees of capitalist development?
Because in every capitalist country, side by side with the proletariat,
there are always broad strata of the petty bourgeoisie, small masters. Capitalism arose and is constantly arising
out of small-scale production. A whole
number of new ‘middle strata’ is inevitably created by capitalism (appendages
to the factory, home-work, and small workshops scattered all over the country
in view of the requirements of large-scale industry, such as the bicycle and
automobile industries, etc.). These new
small producers are just as inevitably being cast into the ranks of the
proletariat. It is quite natural that
the petty-bourgeois world outlook crops up again and again in the ranks of the
broad workers’ parties. It is quite
natural that this should and always will be so right up to the peripetia of the
proletarian revolution, for it would be a grave mistake to think that the
‘complete’ proletarianization of the majority of the population is essential
before such a revolution can be achieved. (…)
The
ideological struggle waged by revolutionary Marxism against revisionism at the
end of the nineteenth century is the prelude to the great revolutionary battles
of the proletariat, which is marching forward to the complete victory of its
cause despite all the waverings and weaknesses of the petty bourgeoisie.” (Lénine, V.I.
Marxism
and Revisionism, On the International
Working Class and Communist Movement, Foreign Languages Publishing House, Moscow, Pages
98-99).
Donc, 15$ l’heure, ce
ne serait pas si mal, une bonification de l’aide sociale, ça se ‘prendrait’
aussi!
Comme me le disait mon
vieux camarade juif, Frank Goldman, du haut de ses 80 ans : « le jour
où les travailleurs canadiens-français seront plus unis et plus disciplinés,
c’est le Ciel qu’ils conquérront! »
Blog : La Nouvelle Vie Réelle www.lnvr.blogspot.com
Archives : La Vie Réelle www.laviereelle.blogspot.com
Inscription à :
Articles (Atom)