lundi 14 novembre 2016

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Le développement et le renouveau du socialisme au XXIe siècle

14Nov
Газета
La Pravda №126 (30477) 11-14 Novembre 2016
Interview réalisée par Victor Trouchkov.
Les communistes russes rendent compte d’une importante réunion sur le marxisme-léninisme qui s’est tenue en Chine. Par parenthèse j’aimerais bien savoir qui était ce représentant français partisan d’occuper les banques et qui s’est gardé pour lui un tel événement. La prochaine fois je propose Marianne qui non seulement parle entre autres le russe et le chinois, mais est nettement plus active dans la diffusion des informations comme elle le prouve ici par sa traduction (note de Danielle Bleitrach)
https://kprf.ru/pravda/issues/2016/126/article-56680/
La capitale chinoise a accueilli le VIIème forum international des chercheurs marxistes. Parmi les participants se trouvaient un collaborateur régulier de la Pravda, membre du Comité central du Parti communiste, viceprésident du Comité exécutif politique du Conseil central de l’UCP-PCUS Juozas Ermalavichyus et le membre du Présidium du Comité central du Parti communiste ukrainien, membre du Conseil central de l’UCP-PCUS Guéorgui Kryuchkov. Ils ont partagé leurs impressions et réflexions (l’un – directement, le second – par e-mail) suite à cette rencontre scientifique des marxistes venus du monde entier. Afin que le lecteur puisse accéder à une meilleure compréhension de cet événement majeur pour la science marxiste, le récit de ces participants au forum est présenté sous la forme d’une conversation avec un journaliste de la Pravda.
Sans théorie, nous sommes morts
V.T. Commençons par les caractéristiques générales de ce VIIème forum de Pékin, traditionnelle rencontre des chercheurs marxistes: qui sont les organisateurs, qui a participé cette année, et ainsi de suite. Dans la mesure où Guéorgui Korneevich a participé au forum précédent, il a la possibilité de comparer. A lui le premier mot.
G.K. Le VII Forum Socialiste International avait cette fois-ci pour thème « Le développement et le renouvellement du socialisme au XXIe siècle.» Ses organisateurs étaient l’Académie chinoise des sciences sociales, le Département de la propagande du Comité central du Parti communiste de Chine, le Comité pour les affaires internationales et juridiques du Comité permanent du Conseil national des représentants du peuple. Le forum réunissait des représentants de 32 partis communistes du monde entier. Parmi eux il y avait des délégations des Partis communistes de la Fédération de Russie, de l’Ukraine, de la Biélorussie, la Lituanie, la Bulgarie, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, le Vietnam, le Laos, la Corée du Nord, l’Inde, le Japon, Cuba, les États-Unis, le Canada, le Brésil, l’Argentine, d’un certain nombre d’Etats africains, de l’Australie. Beaucoup de partis (par exemple le Parti communiste du Bélarus) étaient représentés par leurs dirigeants. Un total de 108 participants de différents pays et 287 «experts locaux» – des scientifiques, des professeurs d’université, des employés d’institutions scientifiques de Pékin et de toutes les provinces chinoises.
Le forum s’est distingué par une excellente organisation, une grande activité des participants et une atmosphère de franche camaraderie. Aux deux séances plénières, tenues le 21 octobre, en plus des trois représentants des autorités officielles chinoises ont parlé 21 personnes, et plus de 20 analystes ont partagé leurs points de vue lors de la tenue dans la soirée du même jour, d’une « table ronde ». Le deuxième jour, les travaux se sont poursuivis en quatre sections, où sont intervenues environ 80 personnes.
La Chine fait référence à Lénine
J.E. Pour les lecteurs de la Pravda je vais essayer de présenter principalement les contributions des camarades chinois.
Le Forum a été ouvert par le Président de l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS), l’académicien Wang Vayguan. En fait, il a identifié une série de sujets qui ont été discutés en assemblée plus tard. Au centre de son rapport était la signification historique mondiale de la Grande Révolution socialiste d’Octobre et son 100èmeanniversaire pour le mouvement communiste international. L’orateur a souligné que la révolution accomplie il y a près d’un siècle a prouvé de façon concluante la justesse du marxisme-léninisme, qui reste encore aujourd’hui le fondement théorique du mouvement révolutionnaire dans toutes les parties du monde.
Dans le rapport, beaucoup d’attention a été accordée au léninisme en tant que marxisme de l’époque moderne. L’énorme contribution de Lénine dans l’élaboration théorique des problèmes de la révolution socialiste et l’importance de son travail pour le mouvement communiste international moderne. Il a été souligné le rôle exceptionnel de l’œuvre de Lénine « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » pour la lutte des travailleurs d’aujourd’hui dans la défense de leurs intérêts fondamentaux, pour comprendre les tendances dans le fonctionnement du capitalisme moderne. Il est à noter que de nombreux chercheurs participant au forum se sont appuyés sur cette œuvre remarquable de Lénine, ils l’ont vu comme une importante base méthodologique pour la compréhension de l’impérialisme moderne, la crise générale du système capitaliste et la nécessité objective de la lutte des travailleurs.
G.K. En général, dans les discours des représentants officiels du Parti chinois et des institutions scientifiques, qui ont suscité un grand intérêt, est souligné la loyauté du PCC, des dirigeants chinois au marxisme-léninisme, à la cause du socialisme, aux idées de la Grande Révolution socialiste d’ Octobre. D’ailleurs, on a beaucoup plus parlé de Lénine que dans le forum de l’an dernier.
V.T. Vous faites référence aux interventions des camarades chinois? Ou bien les représentants de l’Europe ont également noté le grand rôle de Lénine?
G.K. Les orateurs européens, malheureusement, n’ont pas fait référence à Lénine. Le chef de file très actif de l’un des Partis communistes français a promu avec insistance l’idée que la lutte dans les pays capitalistes doit être menée non pas contre le pouvoir, mais contre les banques, les occuper… Dans le même temps, parmi les orateurs il y avait de nombreux camarades d’Afrique. En règle générale, leurs rapports étaient combatifs et avaient un assez haut niveau théorique. Ils ont souvent mentionné l’œuvre de Lénine.
J.E. Wang Waiguan et les autres chercheurs chinois ont accordé une grande attention à l’état actuel du capitalisme mondial, et noté l’épuisement des ressources nécessaires à son développement. Aujourd’hui, disent-ils, le capital financier a un rôle éminemment destructeur. Les chercheurs chinois ont largement fait usage d’un concept tel que « l’impérialisme financier», soulignant son rôle agressif et destructeur dans les processus mondiaux modernes. Ils ont souligné que seul un renouvellement révolutionnaire du monde peut sauver l’humanité.
Une place importante dans les rapports et les communications des chercheurs chinois et étrangers participant au forum a été accordée à la contre-révolution bourgeoise et la restauration du capitalisme dans l’espace post-soviétique et les pays européens du camp socialiste. Il ne s’agissait pas seulement de se lamenter sur la défaite infligée au socialisme, mais aussi de rechercher les causes et tirer les leçons de la défaite. Dans le même temps, il a été souligné que la restauration du capitalisme a conduit à détérioration générale de la vie des peuples de l’ancien système socialiste.
Les participants ont estimé à l’unanimité que le seul moyen de sortir de l’impasse historique est de remettre ces pays sur la voie du socialisme. Les chercheurs chinois ont souligné que le succès du développement du socialisme aux caractéristiques chinoises est une preuve convaincante des caractéristiques remarquables de cette voie de développement.
Au centre du mouvement révolutionnaire
J.E. A cela je voudrais ajouter qu’aujourd’hui le centre du mouvement révolutionnaire mondial est la République populaire de Chine.
V.T. Juozas Yuozasovich, cette affirmation a-t-elle été prononcée lors du forum?
J.E. Je voudrais tout d’abord donner mes arguments en sa faveur. Tout d’abord, après la Grande Révolution socialiste d’Octobre, la révolution chinoise a été le plus grand événement témoignant de la crise générale du capitalisme. Deuxièmement, les forums annuels consacrés aux différents aspects de l’instauration et du développement du socialisme sont également la preuve du fait que la Chine est devenue le centre du mouvement révolutionnaire mondial. Troisièmement, la Chine d’aujourd’hui est le meilleur exemple de développement économique réussi à travers le monde.
En ce qui concerne les rapports entendus lors du forum, ce point de vue a été exprimé en plénière par Egon Krenz. Il a dit, en particulier, que maintenant les yeux de l’humanité progressiste se sont tournés vers la Chine, et il a en outre expliqué: Aujourd’hui, la Chine est le centre du mouvement révolutionnaire mondial.
V.T. Je ne suis pas sûr que cette question soit déjà tranchée historiquement. La Chine, bien sûr, est le centre d’un groupe de pays qui continuent la construction socialiste. Mais cela fait-il automatiquement de la Chine le centre du mouvement révolutionnaire mondial? Cette question, il me semble, est toujours ouverte.Même si Staline lui-même a dit quelque chose en ce sens il y a 67 ans. En juin 1949, avant la proclamation de la République populaire de Chine, lors d’une réception en l’honneur de la délégation chinoise, il a dit qu’au début du XXe siècle, le centre du mouvement révolutionnaire était passé de l’Europe occidentale à l’Est, et maintenant, au milieu du siècle, il s’est déplacé vers la Chine et l’Asie de l’Est. Une telle déclaration était logique, la région étant saisie par des événements révolutionnaires, avec en leur centre la Chine. Maintenant, il semble que la situation soit différente. Il semble plutôt que la Chine se concentre sur ses propres problèmes internes.
Les camarades chinois ont-ils parlé d’un déplacement du centre du mouvement révolutionnaire mondial vers la Chine?
J.E. Non, les Chinois eux-mêmes n’en parlent pas.
G.K. Cependant, un des thèmes récurrents dans le forum a été celui de la nécessité de renforcer la solidarité internationale des communistes, en créant à cet effet une structure similaire à l’Internationale communiste. Dans certains discours s’est exprimée l’opinion que le PCC pourrait endosser cette mission. J’ai eu l’impression que les camarades chinois ne verraient pas cela d’un mauvais œil.
J.E. Le Directeur du Centre pour l’étude du socialisme mondial auprès de l’Académie des Sciences Sociales, le Professeur Li Shenmin, a prononcé lors de la session plénière du forum un rapport qui montre le rôle du marxisme-léninisme comme base méthodologique non seulement pour le développement des sciences sociales, mais aussi la pratique de la construction du socialisme aux caractéristiques chinoises. L’orateur a attiré l’attention sur le fait que le Secrétaire général du Comité central Xi Jinping souligne constamment dans ses discours: la base méthodologique de la politique du Parti, la base théorique de la construction du socialisme aux caractéristiques chinoises est le marxisme-léninisme.
Le marxisme-léninisme remplit sa fonction méthodologique dans l’amélioration des relations économiques et du développement humain. L’homme, selon Li Shenmin, est au centre de la construction du socialisme en Chine. Il a rappelé l’exigence de Lénine pour les communistes à tous les stades du développement social d’être à la hauteur pour résoudre les problèmes du parti et de la société.
Une analyse approfondie des processus en cours a fait l’objet du rapport du chef du département d’organisation du Comité central du Parti communiste chinois Xu Guanzhong. Il a informé les participants sur la nouvelle stratégie de construction du socialisme en Chine. Elle est rendue nécessaire par la complexification du processus de développement social. On voit croître, en particulier, le rôle des masses – soutien principal de la politique du PCC. Lorsque cette relation est affaiblie, apparaissent des phénomènes négatifs comme la corruption, y compris dans les structures du pouvoir. Aujourd’hui, le Parti communiste, a souligné Xu Guanchhun, accorde une grande attention au développement de l’économie fondé sur l’innovation. Cela nécessite de renforcer le travail éducatif des organisations du parti, car il n’existe aucun automatisme dans la transition vers le développement innovant.
G.K. Mettant l’accent de manière unanime sur le rôle des 80 millions d’adhérents du Parti communiste, les camarades chinois ont déclaré que le gouvernement de la RPC voit le renforcement de l’Etat socialiste comme une des tâches les plus importantes et une condition préalable à la réussite des projets du parti.
J.E.Le Pro-recteur de l’Académie chinoise des sciences sociales, le Professeur Zhu Lan dans son rapport attire l’attention sur les caractéristiques du processus révolutionnaire mondial moderne. La révolution, a fait valoir l’orateur, ne se limite pas au changement de système social, mais comprend également un changement obligatoire de la qualité des forces productives. Le PCC part du fait que, sans une amélioration radicale des forces productives de la société chinoise, construire le socialisme dans le pays est impossible.
En soutenant cette conclusion importante, le directeur de l’Institut pour l’étude du marxisme de l’Académie chinoise des sciences sociales, le Professeur Zheng Enfu a souligné que les chercheurs marxistes de la Chine affirment avec conviction que les moyens de réaliser un saut qualitatif dans les forces productives d’un pays qui construit le socialisme ne peuvent pas provenir de méthodes capitalistes de gestion. Le capitalisme a épuisé ses possibilités dans toutes les sphères de la société, il n’est plus en mesure de servir au progrès historique. Cette conclusion marxiste-léniniste, explique le professeur Zheng Enfu, est valable non seulement pour la Chine moderne, mais aussi pour tous les autres pays du monde, de sorte que chaque parti communiste doit compter sur lui dans ses activités politiques. Cependant, dans certains discours, les collègues chinois ont exprimé leur préoccupation, en particulier, l’invitation à rejoindre les rangs du PCC adressée à des « patriotes » millionnaires et même milliardaires. Ils se demandent: quelles conséquences cela peut-il produire?
Des leçons difficiles, mais nécessaires
J.E. Le dernier secrétaire général du Parti socialiste unifié d’Allemagne, Président du Conseil d’Etat de la RDA et figure importante du mouvement communiste international Egon Krenz a été accueilli chaleureusement par les participants du forum. Il a souligné que toute la transformation des relations sociales à la charnière des années 1980-1990-s dans la grande Union soviétique et en Europe de l’Est fait partie d’un processus unique de contre-révolution antisocialiste. Il y a un quart de siècle, le mouvement communiste mondial n’était pas préparé à cette puissante attaque contre-révolutionnaire du capital: il avait déjà été atteint par l’opportunisme, comme en témoigne la politique perfide de Gorbatchev et de ses partisans à l’intérieur et à l’extérieur du Parti communiste. Le Parti communiste doit étudier attentivement les leçons du passé récent, afin de prévenir une nouvelle expansion de la contre-révolution à tel ou tel endroit. Du rapport de E. Krenz il est possible de tirer une conclusion sans équivoque: le recul du socialisme est une étape régressive de l’histoire du monde.
V.T. Dans l’analyse de la tragédie des années 1980-1990, à mon sens, le rôle réactionnaire du capitalisme mondial et la trahison de Gorbatchev et de ses partisans et complices ont déjà été abondamment analysés. Mais beaucoup moins d’attention est accordée aux racines de l’opportunisme. Peu d’études se sont penchées sur sa dynamique, son gonflement dans les échelons supérieurs d’un certain nombre de partis communistes. Il semble que la contre-révolution ait été la conséquence du renoncement des communistes au marxisme-léninisme en tant que doctrine. La rupture du lien entre«marxisme» et «léninisme» que l’on observe encore aujourd’hui est née dans le mouvement communiste à l’époque de l’eurocommunisme et n’était pas encore complètement éliminée dans les années 1970-1980. Aujourd’hui, cette rupture se voit souvent transformée non seulement en projets nationaux de construction de modèle du socialisme, mais aussi en modèles nationaux de la théorie marxiste. Les discours des camarades chinois à la « table ronde » de Moscou en 2013, par exemple, évoquaient la nécessité de développer un  » marxisme sinisé. » Cette question a-t-elle été soulevée lors du forum de Pékin cette année?
J.E. Je n’ai pas entendu un seul mot sur le sujet lors du forum de Pékin.
G.K. Les camarades chinois sur ce forum n’ont pas parlé de «marxisme sinisé» mais de «socialisme aux caractéristiques chinoises », ajoutant (certainement en référence à Xi Jinping), que ce qui est déterminant ici est le mot «socialisme».
On notera en particulier que les camarades chinois, analysant objectivement et éclairant le chemin parcouru, n’ont pas craint de désigner franchement les échecs, les mauvaises décisions et les pertes, mais sans piétiner le passé, sans se complaire à des « danses sur les os » de leurs prédécesseurs. Les intervenants se sont exprimés de manière pragmatique sur les tâches à entreprendre, sur les nouvelles conditions de la lutte pour le socialisme moderne, dans lesquelles les communistes doivent agir aujourd’hui.
J.E. Dans ce forum, l’idée qui est apparue assez fortement est la nature révolutionnaire de l’époque contemporaine. Prenant la parole lors de la session plénière, le Secrétaire du Parti communiste d’Australie Robert Martin Britton a déclaré que son parti met son objectif stratégique dans la victoire révolutionnaire sur le capitalisme dans son pays. Dans le même temps, il a noté qu’il y a une renaissance du mouvement communiste mondial ces dernières années. Le représentant du Parti communiste (marxiste) de Grande-Bretagne Randzhet Brar, en solidarité avec son ami australien, a affirmé qu’au stade actuel le capitalisme ne peut être renversé que par des moyens révolutionnaires.
C’est avec une grande attention que les participants à la conférence ont écouté le rapport de la séance plénière prononcé par le premier secrétaire du Parti communiste du Bélarus Karpenko. Il a parlé de la préservation des fondements socialistes en Biélorussie moderne. Cependant, il n’a pas caché les difficultés causées à son pays par la restauration capitaliste dans les pays voisins de la Biélorussie. Il a salué le rôle du président Loukachenko dans le maintien des bases socio-politiques et économiques posées par le socialisme dans l’État biélorusse moderne.
Concluant la session plénière finale, le professeur Li Shenmin a annoncé que le VIIIème Forum de Pékin, consacré aux problèmes du socialisme, aurait lieu en 2017 et serait dédié au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
Traduit par Marianne pour H & S
 
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    samedi 12 novembre 2016

    Hair - Let the Sunshine In


    Les deux proxénètes de l’Amérique

    Good cop, bad cop

    By Daniel Paquet                                                                                           dpaquet1871@gmail.com

    In English:  Communist News                                                                   dpaquet1871.blogspot.com

     

    Les mines longues et défaites, les journalistes de la télévision (notamment de la Société Radio-Canada) ne pouvaient croire que Donald Trump ait pu être élu président des USA.  De fait, les mass médias du Canada s’autoalimentaient depuis belle lurette sur le résultat à venir des élections : ce serait Hillary Clinton qui occupera le siège de la présidence.  Et ce, malgré la mise en garde des communistes états-uniens qui signalaient la consanguinité des deux candidats, hormis les invectives grossières de M. Trump.  Même après la course électorale, la presse ne semble pas prête à reconnaître les faits : Trump ou Clinton, ce sont pourtant les tenants d’une même logique impérialiste !

    « Depuis son élection, Donald Trump, qui a attisé les divisions dans son pays, prône l’unité nationale. ‘Il est temps de nous rassembler et de panser les blessures de la discorde’, a-t-il déclaré dans son discours de victoire.  Sa rivale  elle-même a demandé à ses électeurs d’accepter le verdict des urnes.  ‘Nous devons à Donald Trump de garder un esprit ouvert envers lui et de lui donner une chance de   diriger’, a souligné Hillary Clinton. »[1]

    Maintenant, il faut enterrer la hache de guerre pour la piétaille.  Alors, on dit : « c’est dans  une atmosphère cordiale que le président désigné Donald Trump et le président en place Barack Obama ont amorcé le processus de transition lors d’une première rencontre … à la Maison-Blanche (…)  À leur sortie du Bureau ovale, M Obama, souriant, a promis à son successeur de faire tout ce qu’il pourrait pour assurer, ajoutant que la réussite de M. Trump signifiait la réussite du pays. »[2] 

    Ailleurs, un autre journal affirme quasi le contraire : « le président Barack Obama et son successeur Donald Trump ont enterré la hache de guerre, après des mois de campagne tendue, lors d’une première rencontre  polie, mais visiblement tendue  à la Maison-Blanche. ‘Nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour vous aider à réussir ‘ a ajouté M. Obama. »[3]

     Qui dit vrai ?

    Les deux !  Pourquoi ?   Parce que même si momentanément, l’impérialisme  US lave son linge sale en famille, il en arrive presque toujours à trouver une solution pour préserver son unité et poursuivre ses politiques économiques et ses visées mondiales.  Quelles sont-elles ?

    « L’économie américaine devrait se renforcer au deuxième semestre de 2016, après avoir progressé plus lentement que la production potentielle au premier semestre.  Les investissements en stocks, qui ont exercé un effet modérateur sur la croissance pendant cinq trimestres d’affilée, devraient apporter une contribution positive au seconde semestre.  Par ailleurs, les investissements des entreprises devraient regagner  du terrain.  En particulier, la hausse du nombre de forages pétroliers  laisse entrevoir une amélioration des investissements dans le secteur de l’énergie.  L’investissement résidentiel s’est contracté au deuxième trimestre, la composition des activités de construction résidentielle ayant évolué vers des maisons plus modestes.  Il devrait recommencer   à croître pour répondre  à la demande de logements liée à l’évolution démographique.  Parallèlement, la consommation a enregistré une forte expansion, stimulée par la solide confiance des consommateurs et par la vigueur du marché du travail, qui a enregistré des gains notables au chapitre de l’emploi ces dernières années.

    La croissance économique devrait augmenter pour s’établir en  moyenne à environ 2% en 2017-2018, conformément aux prévisions du Rapport de juillet.  Toutefois, les prévisions quant à sa composition ont changé.  Les investissements des entreprises devraient progresser à un rythme plus modéré que prévu antérieurement, tandis que le profil de l’investissement résidentiel est appelé à diminuer.  Ces révisions sont compensées par un rythme de croissance de la consommation légèrement plus rapide.  On prévoit à présent que les investissements des entreprises augmenteront d’environ 3% par an en  2017-2018, ce qui est en adéquation avec le redressement anticipé de la demande globale.  La croissance des exportations devrait également se redresser, l’effet modérateur lié à l’appréciation passée du dollar américain continuant de se dissiper. »[4]

    Le reste, ce sont des changements ‘cosmétiques’ (le  Mur, l’endiguement des Musulmans, etc.)  Concessions à un électorat plus rétrograde : « Si M. Trump tient ses promesses électorales, il éliminera la plupart des politiques mises en place lors des huit années au pouvoir de l’administration Obama. »[5]

    Évidemment, ceux qui, comme d’habitude, risquent de faire les frais de la musique, ce sont les Noirs : Par contre, « avec le tour de force cinématographique qu’est Moonlight, le réalisateur Barry Jenkins livre un portrait nécessaire, à la fois grave et fort généreux d’une masculinité afro-américaine qui souffre en silence. (…)  Racontée en trois actes, cette quête identitaire d’un jeune Noir incapable de s’affirmer au sein d’un environnement suffocant et profondément menaçant… Voici un film qui passe à la moulinette des clichés voulant confondre violence, hypermasculinité et pauvreté au sein de la communauté noire. »[6]

    On pourrait finalement conclure que « …les circonstances font tout autant les hommes que les hommes font les circonstances.  Cette somme de forces de production, de capitaux, de formes de relations sociales, que chaque individu et chaque génération trouvent comme des données existantes, est la base concrète de ce que les philosophes se sont représenté comme ‘substance’ et ‘essence de l’homme’ , de ce qu’ils ont porté aux nues ou qu’ils ont combattu, base concrète dont les effets et l’influence sur le développement des hommes ne sont nullement affectés parce que ces  philosophes se révoltent contre elle en qualité de ‘conscience de soi’ et d’ ‘uniques’.  Ce sont également ces conditions de vie, que trouvent prêtes les diverses générations, qui déterminent si la secousse révolutionnaire, qui se reproduit périodiquement dans l’histoire sera assez forte pour renverser les bases de tout ce  qui existe ; les éléments matériels d’un bouleversement total sont, d’une part, les forces productives existantes et, d’autre part, la formation d’une masse révolutionnaire qui fasse la révolution, non seulement contre des conditions particulières de la société passée, mais contre la ‘ production de la vie, antérieure elle-même, contre ‘  l’ensemble de l’activité’ qui en est le fondement ; si ces conditions n’existent pas, il est tout à fait indifférent, pour le développement pratique, que l’idée de ce bouleversement ait déjà été exprimée mille fois… comme le prouve l’histoire du communisme. »[7]

    Néanmoins, le monde occidental (et non pas uniquement les États-Unis) est menacé par la peste brune ;  les populations fragilisées se rabattant de plus en plus en Europe ou aux États-Unis vers des valeurs ‘sûres’ pour revivre la prospérité économique. « Mais pour nombre d’Américains, la déception et la peur sont trop profondes  pour suivre  immédiatement l’appel (à l’unité, -ndlr) d’Hillary Clinton. »[8]

    « Rappelons d’abord que le fascisme des années trente (1930) ne fut pas seulement la réponse ‘ à chaud’ de la bourgeoisie à la révolution prolétarienne montante ; comme Dimitrov l’a montré dans son rapport au VIIè congrès du Komintern, le fascisme a tout autant résulté de la défaite de la révolution spartakiste en Allemagne et de la contre-attaque bourgeoise qui s’en est suivie.  Or, nous sortons d’une défaite historique mondiale de la classe ouvrière.  Le fascisme est le frère de lait de la contre-révolution, le fils aîné de l’anticommunisme.  Ceux qui veulent sincèrement combattre le fascisme doivent donc commencer par refuser l’anticommunisme, cesser de diaboliser le passé soviétique du socialisme.  Car si  l’on peut être antifasciste sans être communiste, il est impossible à un anticommuniste d’être un antifasciste conséquent. »[9]

    « Les communistes ne se distinguent des autres partis prolétariens  que sur deux points : d’une part, dans les diverses luttes nationales des prolétaires, ils  mettent en évidence et font valoir les intérêts communs à l’ensemble du prolétariat et indépendants de la nationalité ; d’autre part, aux divers stades de développement que traverse la lutte entre prolétariat et bourgeoisie, ils représentent toujours l’intérêt de l’ensemble du mouvement. »[10]   (…)  Ils luttent pour les buts et les intérêts immédiats de la classe ouvrière, mais au sein du mouvement actuel ils représentent en même temps l’avenir du mouvement. »[11]

    Alors que le prolétariat est internationaliste par nature en général et que celui des États-Unis l’est en particulier ; compte tenu de sa longue histoire d’immigration qui a façonné la stature du pays même ; la bourgeoisie, elle, excelle sur le  plan de l’impérialisme.   Les barrières nationales sautent de leurs gonds.  Par exemple, « la division Transports de l’entreprise québécoise (Bombardier) figure en effet parmi les trois finalistes pour construire le Réseau électrique  métropolitain (REM), cette ligne de train léger de 5,5 milliards de dollars promise pour 2021.  Pour affronter Bombardier Transports, on trouve un consortium formé du fabricant français Alstom et de SNC-Lavalin.  L’autre groupe est une co-entreprise dont fait partie le sud-coréen Hyundai.  Ces trois groupes sont invités à présenter  à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) des propositions pour les voitures de train, de même que les systèmes d’exploitation et d’entretien. (…)  La Caisse, via sa filiale CDPQ Infra qui gère le projet, a également qualifié deux consortiums pour l’autre volet de ce projet majeur, soit la conception et la construction des structures sur lesquelles roulera le train électrique.  Un de ces consortiums est notamment mené par  les firmes québécoises SNC-Lavalin et Pomerleau.  Le second est dirigé  par l’américaine Kiewit et la française Eurovia. »[12]

    Et puis, il y a ceux que l’on surnomme de ‘gauchistes  du  plateau’ à Montréal.  Qu’est-ce qu’ils disent ?   « Face à tous les bouleversements et les tempêtes de l’actualité, les institutions politiques ne devraient-elles pas être un rocher, quelque chose de stable et de fiable auquel on  pourrait s’agripper ?   Diriger un État ne peut se résumer à un concours de popularité dont l’issue serait de gagner les prochaines  élections.  Il faut prendre des décisions collectives, souvent difficiles, au profit du bien commun.  ‘Vous me permettrez de reprendre l’expression de Juan Manuel Santos, le président de la Colombie’ qui s’est récemment vu attribuer le prix Nobel de la paix.  Il s’est défini comme quelqu’un de l’extrême centre.  Difficile de mieux décrire ma position.  Parce qu’il y a du bon dans chacun des partis et que la vérité est rarement noire ou blanche.  Il me semble terminé le temps des dogmes politiques.  Je ne suis pas libéral, péquiste, caquiste ou  Québec solidaire.  Dites-moi, suis-je vraiment le seul queer politique en ville ? »[13]

    Bref, la petite-bourgeoisie québécoise semblerait opter pour l’opportunisme.  Mangeons à tous les râteliers, après tout ça peut rapporter gros ! 

    Nos pseudo-révolutionnaires seront sûrement abasourdis de lire ce que les communistes pensaient du militantisme soviétique et quelles étaient les caractéristiques (le style) attendues, oui, oui d’un camarade honnête.

    « Quels sont les traits caractéristiques de ce style ?  Quelles en sont les particularités ? Elles sont au nombre de deux : a) l’élan révolutionnaire russe et,  b) le sens pratique américain…. L’élan révolutionnaire russe est un antidote  contre l’inertie, la routine, le conservatisme, la stagnation de la pensée, la soumission servile aux traditions ancestrales.  L’élan révolutionnaire russe, c’est cette force vivifiante qui éveille la pensée, pousse en avant, brise le passé, donne la perspective.   Sans cet  élan, aucun progrès n’est possible.

    Mais dans la pratique, l’élan révolutionnaire russe a toutes les chances de dégénérer en manilovisme (l’indolence, l’indifférence, l’insouciance, la nonchalance  et l’incurie incarnées  par un personnage de la littérature russe) : ‘révolutionnaire’ vide, s’il n’est  pas uni au sens pratique américain dans le travail. Le sens pratique  américain, c’est au contraire, un antidote contre le manilovisme  ‘révolutionnaire’ et les élucubrations fantaisistes.  Le sens pratique américain est la force indomptable qui ne connaît ni ne reconnaît de barrières, qui emporte les obstacles de tout genre et de tout ordre par sa ténacité industrieuse ; qui ne peut manquer de mener jusqu’au bout la tâche une fois commencée, fût-elle minime, force sans laquelle on ne saurait concevoir un sérieux travail de construction. Mais le sens pratique américain a toutes les chances de dégénérer en un affairisme étroit et sans principes s’il ne s’allie à l’élan révolutionnaire russe.»[14]     

    « Les classes moyennes, le petit industriel, le petit commerçant, l’artisan, le paysan, tous combattent la bourgeoisie pour sauver de la ruine leur existence de classes  moyennes.  Elles ne sont donc pas révolutionnaires mais conservatrices.  Plus encore, elles sont réactionnaires, car elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire.  Si elles sont révolutionnaires, elles le sont en considération de leur passage imminent au prolétariat, elles ne défendent pas leurs intérêts actuels, mais leurs intérêts futurs, elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat. »[15]

    « Notre époque, l’époque de la bourgeoisie, a cependant pour signe distinctif qu’elle a simplifié les oppositions de classes. La société entière se scinde de plus en plus en deux grands camps hostiles, en deux grandes classes qui se font directement face : la bourgeoisie et le prolétariat. »[16]

    Finalement…

    « que prouve l’histoire des idées sinon que la production intellectuelle se métamorphose avec la production matérielle ?  Les idées dominantes d’une époque n’ont toujours été  que les idées de la classe dominante. »[17]

     

     

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                                  Ideological Fightback (USA)  Daniel Paquet

     



    [1] Bonzom, Marie-Christine, Le candidat républicain au seuil du pouvoir, Le Devoir, Cahier B, Montréal, les  samedi 12 et dimanche 13 novembre 2016, page B 1
    [2] AP\Métro, La guerre ouverte fait place à la détente, Métro, Montréal, week-end 11-13 novembre 2016, page 10
    [3] Agence QMI et AFP, Première rencontre tendue, 24 Heures, Montréal, week-end 11-13 novembre 2016, page 16
    [4] Banque du Canada, L’économie mondiale, Rapport  sur la politique monétaire, Ottawa, octobre 2016, page 3
    [5] Ibidem, La guerre ouverte fait place à la détente, page 10
    [6] Harding, Michael Oliver, Les vies noires comptent, Métro, Montréal, week-end 11-13 novembre 2016, page 22
    [7] Marx-Engels, L’idéologie allemande, Éditions sociales, Paris, 1968, page 59
    [8] Ibidem, Le Devoir, page B 1
    [9] Gastaud, Georges, Mondialisation capitaliste et projet communiste, Le Temps des Cerises, Pantin, 1997, page 248
    [10] Marx-Engels, Manifeste du Parti communiste, Flammarion, Paris, 2008, page 245
    [11] Ibidem, Manifeste, page 273
    [12] Fortin, Jean-Louis, Le train de la Caisse sera québécois, français ou coréen, 24 Heures, Montréal, week-end 11-13 novembre 2016, page 14
    [13] Taillefer, Alexandre, Sortir du garde-robe, revue Voir, Montréal, vol. 1, no. 10, novembre 2016, page 61
    [14] Staline, J., Les questions du Léninisme, Éditions en langues étrangères, Pékin, 1977, pages 116-118
    [15] Ibidem, Manifeste, pages 241-242
    [16] Ibidem, Manifeste, page 228
    [17] Ibidem, Manifeste, page 254