jeudi 25 mai 2017
La grosse déprime de nos éditorialistes distingués
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Les éditorialistes politiques français sont de leur milieu de nantis où tous se fréquentent, se côtoient, couchent l'un avec l'autre, et ce quel que soit leur camp supposé. Dans leur milieu on ne peut comprendre le vote le Pen en particulier et celui de la France périphérique en général, un vote de ploucs xénophobes, un vote de pauvres certes mais tellement vulgaires.
Dans leur milieu aussi, on respecte les hiérarchies sociales, à commencer par celles de l'argent...
Ces belles âmes ont tous appelé à voter Macron en le présentant comme la seule alternative à le Pen et à un risque pris au sérieux d'un retour du fascisme, d'une dictature. Ils sont tous tombés dans le piège d'Emmanuel Macron, y compris ceux se prétendant politiquement incorrects, hors du système tels Alain Finkielkraut et Natacha Polony.
Ils se sont dits, après on pourra discuter, notre vote sera pris en considération, ainsi que nos grandes et belles envolées contre le risque de renaissance des ordres noirs.
Ils se sont gargarisés de l'importance qu'ils se donnent. Ils se disent soulagés mais abattus -les pôvres- par le résultat du second tour comprenant que Macron est depuis le début un candidat se contentant d'appliquer avec d'ailleurs une grande habileté les recommandations « terranovistes ». Il est clairement communautariste, il est pour la GPA, la PMA et toutes choses qui remettront en question la filiation, la, transmission. Et pour lui comme pour tous les technocrates membres de son gouvernement la France n'est plus qu'un espace même plus délimité par une culture ou des valeurs communes. Il se fiche de la montée en puissance d'un Islam radical ou de revendications identitaires et religieuses.
Elles ont un avantage, elles pourraient permettre d'acheter la paix civile en banlieue et de laisser les religieus s'occuper des questions d'autorité, d'éducation, de sécurité, tout domaines progressivement abandonnés par les gouvernements depuis quarante ans, et ceci sciemment.
Macron a un autre avantage sur eux, il a parfaitement compris qu'il existe une coupure nette entre deux France, celle de la mondialisation dite heureuse et celle beaucoup plus nombreuse qui la subit. Il n'en a cure bien sûr, mais en recrutant ses partisans sur Internet, des « vraigens » à qui il donne le sentiment que leur opinion est enfin entendue sans mépris, sans condescendance, il a eu un vrai coup de génie. Ces partisans lui sont maintenant acquis à vie, sans aucun recul ni sens critique.
Nos éditorialiste distingués, s'ils parlent très souvent de la France périphérique, de la France qui souffre, de la coupure des élites d'avec le peuple, ne l'on en fait pas du tout compris ni réalisé. Cela reviendrait il faut dire à reconnaître dans leur cas qu'ils font partie des privilégiés eux aussi. Ils critiquent ainsi que leurs lecteurs et auditeurs les médias, n'ont pas de mots assez durs pour le « système », pour les bien-pensants, (toujours les autres) mais au fond se sentent bien dans leur rôle de trublions officiels.
Pour eux aussi la place est bonne, même si leur emploi - dans le sens d'emploi comme au théâtre - n'est pas toujours évident à tenir.
Je me suis toujours demandé d'où leur vient leur incroyable crédulité face aux politiques, leur incroyable naïveté. Si celle-ci est feinte ou sincère ? La plupart sont des personnes intelligentes, formées intellectuellement, ayant un raisonnement politique construit. A moins que leur instinct grégaire face au pouvoir, face à des figures d'autorité soit plus puissant que tout le reste. Ou alors sont-ils parfaitement lucides sur leur situation et n'ont pas envie de la perdre. Il faut dire que toute personne franchissant le pas de demander une union de toutes les droites ou de tous les souverainistes est instantanément rejetée dans les ténèbres extérieures.
Celles qui rappellent les fameuses z-heures les plus sombres de notre histoire, celles qui seraient un rien nauséabondes...
Sic Transit Gloria Mundi, Amen
Amaury – Grandgil
Lu à Montréal le 25 mai 2017
mardi 23 mai 2017
Haïti - USA TPS : La Congressiste Yvette D. Clarke dénonce
23/05/2017 10:18:17
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Suite à l’annonce de John F. Kelly, d'étendre pour seulement 6 mois supplémentaires (jusqu'au 22 janvier 2018), le Programme « Temporary Protected Status » (TPS) pour les haïtiens http://www.haitilibre.com/article-21016-haiti-flash-prolongation-du-tps-pour-6-mois-officiel.html la Congressiste Yvette D. Clarke dénonce une extension inadéquate de ce Programme :
« Je suis profondément déçu par le refus du 'Department of Homeland Security' (DHS) de fournir une extension complète de 18 mois de 'Temporary Protected Status (TPS)' pour les ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis. Une coalition bipartite au Congrès, ainsi que des militants des droits de l'homme et des membres éminents de la communauté internationale, s'était réunie pour soutenir une extension complète.
La situation en Haïti demeure précaire. Le rétablissement du pays, suite au séisme en 2010 a été gravement gênée par une épidémie de choléra et les destructions massives de l'ouragan Matthew, en octobre 2016, le plus dévastateur à avoir atteint Haïti en un demi-siècle.
Le TPS fourni un soutien précieux pour le rétablissement, permettant aux ressortissants haïtiens d’ici, d'envoyer des fonds à leurs proches en Haïti. Ces envois de fonds sont essentiels à la reprise et à l'ensemble du budget du Gouvernement d'Haïti. En outre, obliger près de 60,000 personnes à retourner en Haïti imposerait un énorme fardeau aux maigres services sociaux et infrastructures disponibles localement.
Je reste préoccupé par les récentes caractérisations inexactes, injustifiées et sans fondement des ressortissants haïtiens par l'administration Trump, cette décision a été fondée sur des facteurs autres que les conditions en Haïti, le seul facteur qui aurait dû être considéré légalement.
J'invite vivement le DHS à réexaminer cette décision peu judicieuse et à collaborer avec le gouvernement d'Haïti pour élaborer un plan qui contribuera de manière significative à la reprise. »
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-21017-haiti-usa-tps-la-congressiste-wilson-poursuit-le-combat.html
http://www.haitilibre.com/article-21016-haiti-flash-prolongation-du-tps-pour-6-mois-officiel.html
http://www.haitilibre.com/article-20727-haiti-flash-les-services-d-immigration-americains-recommandent-la-fin-du-tps.html
SL/ HaïtiLibre
Lu à Montréal le mardi 23 mai 2017
23/05/2017 10:18:17
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« Je suis profondément déçu par le refus du 'Department of Homeland Security' (DHS) de fournir une extension complète de 18 mois de 'Temporary Protected Status (TPS)' pour les ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis. Une coalition bipartite au Congrès, ainsi que des militants des droits de l'homme et des membres éminents de la communauté internationale, s'était réunie pour soutenir une extension complète.
La situation en Haïti demeure précaire. Le rétablissement du pays, suite au séisme en 2010 a été gravement gênée par une épidémie de choléra et les destructions massives de l'ouragan Matthew, en octobre 2016, le plus dévastateur à avoir atteint Haïti en un demi-siècle.
Le TPS fourni un soutien précieux pour le rétablissement, permettant aux ressortissants haïtiens d’ici, d'envoyer des fonds à leurs proches en Haïti. Ces envois de fonds sont essentiels à la reprise et à l'ensemble du budget du Gouvernement d'Haïti. En outre, obliger près de 60,000 personnes à retourner en Haïti imposerait un énorme fardeau aux maigres services sociaux et infrastructures disponibles localement.
Je reste préoccupé par les récentes caractérisations inexactes, injustifiées et sans fondement des ressortissants haïtiens par l'administration Trump, cette décision a été fondée sur des facteurs autres que les conditions en Haïti, le seul facteur qui aurait dû être considéré légalement.
J'invite vivement le DHS à réexaminer cette décision peu judicieuse et à collaborer avec le gouvernement d'Haïti pour élaborer un plan qui contribuera de manière significative à la reprise. »
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-21017-haiti-usa-tps-la-congressiste-wilson-poursuit-le-combat.html
http://www.haitilibre.com/article-21016-haiti-flash-prolongation-du-tps-pour-6-mois-officiel.html
http://www.haitilibre.com/article-20727-haiti-flash-les-services-d-immigration-americains-recommandent-la-fin-du-tps.html
SL/ HaïtiLibre
Lu à Montréal le mardi 23 mai 2017
Gouvernement Macron/Philippe : réactionnaire sur toute la ligne !
Déclaration du Secrétaire général du Parti Communiste Révolutionnaire de France :
L’élection d’Emmanuel Macron ne laissait aucun doute : son gouvernement, dans la logique de son programme, serait un gouvernement socialement réactionnaire, un gouvernement « de guerre » contre les travailleurs et les couches populaires. Quand un personnage se dit « ni de droite ni de gauche », malgré le caractère fallacieux de cette opposition artificielle, c’est toujours un réactionnaire.
Dans les conditions politiques actuelles, cette caractéristique concerne les forces politiques qui vont du FN au Parti socialiste (Hamon compris) : tous sont partisans du capitalisme, tous s’inscrivent dans le credo « Tout pour le Capital ». Toutes les circonvolutions intellectuelles pour tenter d’opposer la droite à une prétendue gauche ne sont rien d’autres que des tentatives de leurrer l’opinion publique pour certains, l’expression d’un crétinisme politicien pour une masse d’autres. Les parlementaires socialistes et radicaux qui votèrent les pleins pouvoirs à Pétain étaient-ils de gauche ? N’en déplaise à ceux qui crieront au manichéisme, tous ceux qui s’inscrivent dans la perspective de la défense du Capital, de son Union Européenne, de l’aggravation des conditions de travail et d’existence de la masse des travailleurs, des retraités, de la petite et moyenne paysannerie, des chômeurs, sont de l’autre côté de la barricade, quel que soit leur état d’âme sur la condition de la femme (bourgeoise, en l’occurrence...) ou des homosexuels !
Depuis son intronisation, Macron, l’homme qui peut écrire qu’il est partisan qu’il n’y ait pas de retraites à moins de 900 € pour que les gens puissent vivre dans la dignité (sic !), multiplie les signes d’arrogance de sa classe. Le premier ministre est membre de "Les Républicains", l’orientation est celle de la guerre de classe rebaptisée libéralisme. La parité homme-femme du gouvernement, la présence d’un "bouffon du Roi" tel que l’écologiste Nicolas Hulot, c’est l’unicité de genre bourgeois et des pseudo-courants écologistes contre les droits sociaux et du travail, et pour une politique belliciste avec l’OTAN, l’UE et pour la préservation de la FrançAfrique.
Le Parti Communiste Révolutionnaire de France appelle les travailleurs à renforcer leurs organisations syndicales, en y adhérant, et en y rejetant les orientations de collaboration de classe. En particulier, partout il faut s’opposer à tout rapprochement avec la direction de la CFDT, qui va la jouer « unitaire » pour mieux saboter la lutte. Nous sommes persuadés que les adhérent-e-s, les organisations de bases de ce pseudo-syndicat seront aux côtés de leurs camarades pour se défendre.
Notre Parti s’adresse à toutes celles et tous ceux qui sont inquiet-e-s, légitimement, face à la politique internationale de la France et aux menaces de guerre : il s’agit de s’organiser pour mener le combat pour la paix, en s’opposant à la politique du capitalisme français en particulier.
Nous appelons celles et ceux qui restent communistes, qui ne capitulent pas, qu’ils ou elles soient membres d’organisations hors du PCF, membres du PCF, ou non-organisé-e-s, à se rencontrer partout pour préparer la riposte et la reconstruction d’un Parti révolutionnaire uni sur la base d’une analyse marxiste-léniniste de la société et de l’internationalisme prolétarien. Pour notre part, notre Parti est prêt à s’associer à toute initiative allant dans ce sens en ce 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre.
Le 11 juin 2017, nous appelons à voter pour les candidats de notre Parti et partout ailleurs à s’assurer que l’on peut voter pour un candidat, en lui demandant de se prononcer contre la politique économique et sociale de Macron en toutes circonstances, contre l’OTAN et l’Union Européenne, contre l’ingérence française en Syrie, contre les opérations militaires à l’étranger et contre tout désistement au second tour pour les candidats du Parti Socialiste.
Paris, le 18 mai 2017
Lu à Montréal le mardi 23 mai 2017
Gouvernement Macron/Philippe : réactionnaire sur toute la ligne !
L’élection d’Emmanuel Macron ne laissait aucun doute : son gouvernement, dans la logique de son programme, serait un gouvernement socialement réactionnaire, un gouvernement « de guerre » contre les travailleurs et les couches populaires. Quand un personnage se dit « ni de droite ni de gauche », malgré le caractère fallacieux de cette opposition artificielle, c’est toujours un réactionnaire.
Dans les conditions politiques actuelles, cette caractéristique concerne les forces politiques qui vont du FN au Parti socialiste (Hamon compris) : tous sont partisans du capitalisme, tous s’inscrivent dans le credo « Tout pour le Capital ». Toutes les circonvolutions intellectuelles pour tenter d’opposer la droite à une prétendue gauche ne sont rien d’autres que des tentatives de leurrer l’opinion publique pour certains, l’expression d’un crétinisme politicien pour une masse d’autres. Les parlementaires socialistes et radicaux qui votèrent les pleins pouvoirs à Pétain étaient-ils de gauche ? N’en déplaise à ceux qui crieront au manichéisme, tous ceux qui s’inscrivent dans la perspective de la défense du Capital, de son Union Européenne, de l’aggravation des conditions de travail et d’existence de la masse des travailleurs, des retraités, de la petite et moyenne paysannerie, des chômeurs, sont de l’autre côté de la barricade, quel que soit leur état d’âme sur la condition de la femme (bourgeoise, en l’occurrence...) ou des homosexuels !
Depuis son intronisation, Macron, l’homme qui peut écrire qu’il est partisan qu’il n’y ait pas de retraites à moins de 900 € pour que les gens puissent vivre dans la dignité (sic !), multiplie les signes d’arrogance de sa classe. Le premier ministre est membre de "Les Républicains", l’orientation est celle de la guerre de classe rebaptisée libéralisme. La parité homme-femme du gouvernement, la présence d’un "bouffon du Roi" tel que l’écologiste Nicolas Hulot, c’est l’unicité de genre bourgeois et des pseudo-courants écologistes contre les droits sociaux et du travail, et pour une politique belliciste avec l’OTAN, l’UE et pour la préservation de la FrançAfrique.
Le Parti Communiste Révolutionnaire de France appelle les travailleurs à renforcer leurs organisations syndicales, en y adhérant, et en y rejetant les orientations de collaboration de classe. En particulier, partout il faut s’opposer à tout rapprochement avec la direction de la CFDT, qui va la jouer « unitaire » pour mieux saboter la lutte. Nous sommes persuadés que les adhérent-e-s, les organisations de bases de ce pseudo-syndicat seront aux côtés de leurs camarades pour se défendre.
Notre Parti s’adresse à toutes celles et tous ceux qui sont inquiet-e-s, légitimement, face à la politique internationale de la France et aux menaces de guerre : il s’agit de s’organiser pour mener le combat pour la paix, en s’opposant à la politique du capitalisme français en particulier.
Nous appelons celles et ceux qui restent communistes, qui ne capitulent pas, qu’ils ou elles soient membres d’organisations hors du PCF, membres du PCF, ou non-organisé-e-s, à se rencontrer partout pour préparer la riposte et la reconstruction d’un Parti révolutionnaire uni sur la base d’une analyse marxiste-léniniste de la société et de l’internationalisme prolétarien. Pour notre part, notre Parti est prêt à s’associer à toute initiative allant dans ce sens en ce 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre.
Le 11 juin 2017, nous appelons à voter pour les candidats de notre Parti et partout ailleurs à s’assurer que l’on peut voter pour un candidat, en lui demandant de se prononcer contre la politique économique et sociale de Macron en toutes circonstances, contre l’OTAN et l’Union Européenne, contre l’ingérence française en Syrie, contre les opérations militaires à l’étranger et contre tout désistement au second tour pour les candidats du Parti Socialiste.
Paris, le 18 mai 2017
Lu à Montréal le mardi 23 mai 2017
Gouvernement Macron/Philippe : réactionnaire sur toute la ligne !
- Déclaration du Secrétaire général du Parti Communiste Révolutionnaire de France : L’élection d’Emmanuel Macron ne laissait aucun doute : son gouvernement, dans la logique de son programme, serait un gouvernement socialement réactionnaire, un gouvernement « de guerre » contre les travailleurs et les (...)
Législatives : le sens de nos candidatures L’attitude des marxistes envers les élections est de cibler le principal obstacle à attaquer, en déployant de manière compréhensible la politique du parti. Pour le Parti Communiste Révolutionnaire de France, c’est le capitalisme (propriété privée des moyens de production et d‘échange), cause réelle de (...)Macron, la continuité réactionnaire à l’Élysée ! Communiqué du Parti Communiste Révolutionnaire de France Emmanuel Macron, l’homme de la bourgeoisie française, a été élu Président de la République. C’est le résultat d’une formidable mobilisation de l’appareil de propagande et de communication du capital monopoliste depuis maintenant plus d’un an, et qui a (...)Manifestation du 1er mai 2017 à Paris Manifestation du 1er mai 2017 à Paris 1er mai 2017 JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS Il est temps que les travailleuses et travailleurs s’organisent vers le TOUS ENSEMBLE et en MÊME TEMPS, Vers la Révolution (...)Qui sont les irresponsables ? Déclaration de Maurice Cukierman, Secrétaire Général du Parti Communiste Révolutionnaire de France A la veille de l’élection présidentielle, on pourrait penser qu’il est encourageant de constater le rejet massif de la candidate du Front National. Et effectivement, dans les contacts que nous (...)Présidentielles : Pas une voix au consensus capitaliste, pas une voix au binôme Le Pen - Macron ! À quelques jours du second tour des Présidentielles, la campagne fait rage, avec en point d’orgue, le 3 mai 2017, un débat télévisé qui a tourné très vite à la cacophonie, à travers un échange d’attaques personnelles dressant un voile sur les programmes de l’un et de l’autre. L’ensemble de l’appareil (...)Attentat aux Champs Elysées : Déclaration du Parti Communiste Révolutionnaire de France Contre le terrorisme, il faut lutter contre la politique du capitalisme français ! Le Parti Communiste Révolutionnaire de France condamne avec la plus grande fermeté l’attentat perpétré aux Champs Elysées et revendiqué par Daech. À la veille des élections présidentielles, cet attentat est utilisé par la (...)Présidentielles : Pas une voix aux 11 candidats... ... qui soutiennent le capitalisme ou qui veulent l’amender ! À 48 heures des élections présidentielles, le Parti Communiste Révolutionnaire de France réaffirme qu’aucun candidat ne représente une alternative réelle à la réalité politique. Aucun candidat n’offre une perspective de lutte contre le (...)
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Le gouvernement vénézuélien lance une mise en garde contre l'existence d'un courant fasciste
Caracas, 22 mai (RHC)- Le président Nicolás Maduro a dénoncé les tentatives de l'extrême droite d'imposer un courant nazi-fasciste au Venezuela.
Le chef d'état a relevé que la violence au Venezuela ce dernier mois a causé la mort de plus d'une cinquantaine de personnes et fait environ 900 blessés.
Par ailleurs, le président Nicolás Maduro a convoqué pour demain une grande mobilisation nationale en faveur de la paix et contre les actions violentes perpétrées par des secteurs de l'opposition .
Au cours de son programme radio-télévisé « Los Domingos con Maduro » (Les dimanches avec Maduro) celui-ci a appelé les Vénézuéliens à commencer une campagne pour lutter en faveur des véritables valeurs du peuple.
Il a indiqué qu'il existe au sein de la droite un courant nazi-fasciste comme il a été mis en évidence au cours des derniers jours dans des manifestations des opposants.
Nicolás Maduro a condamné les actes de terrorisme survenus au cours d'une manifestation à Altamira, dans le district du Chacaco où des opposants extrémistes ont arrosé d'essence et mis le feu au jeune Orlando Figueroa qu'ils ont également blessé grièvement.
Publié le par anonyme, ref.:
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Le chef d'état a relevé que la violence au Venezuela ce dernier mois a causé la mort de plus d'une cinquantaine de personnes et fait environ 900 blessés.
Par ailleurs, le président Nicolás Maduro a convoqué pour demain une grande mobilisation nationale en faveur de la paix et contre les actions violentes perpétrées par des secteurs de l'opposition .
Au cours de son programme radio-télévisé « Los Domingos con Maduro » (Les dimanches avec Maduro) celui-ci a appelé les Vénézuéliens à commencer une campagne pour lutter en faveur des véritables valeurs du peuple.
Il a indiqué qu'il existe au sein de la droite un courant nazi-fasciste comme il a été mis en évidence au cours des derniers jours dans des manifestations des opposants.
Nicolás Maduro a condamné les actes de terrorisme survenus au cours d'une manifestation à Altamira, dans le district du Chacaco où des opposants extrémistes ont arrosé d'essence et mis le feu au jeune Orlando Figueroa qu'ils ont également blessé grièvement.
Edité par Reynaldo Henquen
source: http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/130439-le-gouvernement-venezuelien-lance-une-mise-en-garde-contre-l%27existence-d%27un-courant-fasciste
dimanche 21 mai 2017
Fidèle à ses habitudes, le Parti communiste du Bénin s'est prononcé sur la récente élection du président Emmanuel Macron et les liens de son pays avec l'Afrique
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A propos des résultats des élections présidentielles en France
Le dimanche 7 mai 2017, la France a élu le 8ème Président de la 5ème République en la personne d’Emmanuel MACRON.
Cinq ans de pouvoir de François Hollande et du Parti Socialiste, ont été un échec dans tous les domaines et ont laissé la France dans une situation catastrophique avec 9 millions de chômeurs et près de 8 millions de pauvres recensés. Quand on se souvient des promesses de François HOLLANDE en direction des classes populaires pendant la campagne électorale de 1912, on comprend leur déception. En effet, ce dernier avait déclaré que l’ennemi, c’est la finance internationale et avait promis une lutte implacable contre elle; or tout son quinquennat a été un quinquennat de cadeaux aux grands patrons, d’augmentation des impôts sur les travailleurs. D’autre part, toujours en appui au patronat, tout a été mis en œuvre pour fragiliser les organisations syndicales dans les entreprises afin de laisser les mains libres aux patrons avec la flexibilité qui serait créatrice d’emplois. Tout ceci intervenant après cinq ans de pouvoir de Nicolas Sarkozy, on comprend alors le rejet massif des représentants des vieux partis qui ont dirigé la France depuis 30 ans.
La classe ouvrière et les masses travailleuses françaises ne sont pas dupes de cette situation et ont commencé à le montrer déjà lors du 2ème tour des élections présidentielles en rejetant massivement le front soi-disant républicain dans lequel voulait les entrainer la finance internationale, en votant massivement nul ou en s’abstenant. Et puis, il y a ce qu’on appelle en France, le troisième tour, le front social où les travailleurs fourbissent déjà leurs armes pour mettre en échec les plans de mises aux normes ultralibérales à la THATCHER des lois sociales françaises, (« flexibilisation » du travail, remise en cause de l’assurance chômage, réduction de la protection sociale,) etc.
Et l’Afrique dans tout ça ?
A chaque élection présidentielle française, beaucoup d’Africains fantasment ou spéculent inutilement sur la fin de la françafrique. Ceci a commencé avec l’élection de François Mitterrand en 1981 où beaucoup d’opposants libéraux aux dictatures en place en Afrique étaient convaincus que Mitterrand allait venir les libérer de leurs dictateurs. Nombre de ceux qui vivaient en Europe s’étaient précipités à la Bastille le soir de l’élection de MITTERRAND pensant que l’heure de la libération avait sonné. Résultat, non seulement les dictateurs ont été renforcés, SANKARA a été assassiné et les luttes pour la véritable émancipation ont été dévoyées avec le discours de La Baule. A son arrivée au pouvoir en 2007, SARKOZY a promis de mettre fin à la FrançAfrique ; résultat, il a tué KADHAFI, renversé GBAGBO, détruit la Côte d’Ivoire et semé le désordre au Sahel. Avec Hollande, on parlait aussi de la fin de la FrançAfrique ; il a renforcé l’interventionnisme militaire en Afrique et a été le plus grand vendeur d’arme de guerre que la France ait connu.Ce que tout ceci suggère, c’est que la FrançAfrique c’est un système et non des individus. La Françafrique, c’est le pacte colonial ; c’est le Franc cfa, l’imposition de la langue et de la culture française, les bases d’occupation militaires françaises. Tout ceci, des peuples comme ceux du Viêt-Nam, du Cambodge et du Laos, en tant qu’anciennes colonies françaises l’ont connu et subi comme nous, et s’en sont débarrassé. Ils n’ont pas attendu qu’un Président français vienne les en délivrer. C’est dire que la fin de la FrançAfrique ne viendra pas de la France mais de l’Afrique. Il faut donc cesser de rêver les yeux ouverts.
Le pacte colonial, c’est ce qui permet à la France de tenir son rang dans le monde. Voilà pourquoi, après son premier déplacement en Allemagne où il est allé voir son chef MERKEL, Emmanuel MACRON choisit de faire son second déplacement au Mali pour voir si les troupes chargées de tenir les sujets africains en respect sont bien à leur poste. La françAfrique s’arrêtera lorsque les peuples africains décideront de prendre leur destin en main. Tout le reste n’est qu’illusion.
Lu à Montréal, le dimanche 21 mai 2017
La contradiction principale et la lutte de classe
J’en profite pour lui adresser mes fraternelles salutations.
L’étude de Jean Claude a le mérite de partir des faits. Il a aussi le défaut de sa qualité, nous faire prendre de la hauteur par rapport à notre situation hexagonale.
Même la Chine socialiste, qui devrait avoir quelque avance, n’envisage pas une fin prochaine de ce mode de production.
La référence à la Chine que Jean Claude connaît bien doit nous alerter sur un fait qui nous a peut-être échappé. La crise des pays développés n’a pas touché également ceux qui se développent. Et ce sont eux qui ont maintenu à flot les pays riches. Nous avons envisagé – et la quasi-totalité des économistes aussi – cette crise d’un point de vue unilatéral, occidental.
Nous vivons toujours une crise de surproduction, mais les pays émergents ont besoin eux de progresser rapidement, ils ont besoin des capitaux excédentaires ailleurs, et leur développement a probablement amorti un désastre mondial inédit.
Ces pays où ont été délocalisées les productions industrielles ont particulièrement souffert de la crise mondiale. Sans doute le terrorisme et les révolutions colorées ont-ils trouvé dans le désespoir des populations le terreau nécessaire à ces explosions de violence que les pays impérialistes ont eux-mêmes attisées et financées.
L’aspect mondial de la crise, du capitalisme, de la financiarisation, la mondialisation elle-même constituent un aspect. L’aspect national, spécifique à chaque type de pays constitue un autre aspect.
L’expression « finance mondialisée » employée à tour de bras, aussi bien par le FN que par les économistes atterrés, les insoumis, et par nous aussi, mériterait un examen critique. Qu’elle rappelle quelque part l’amer souvenir de la « finance cosmopolite et enjuivée » devrait nous alerter sur la paille dissimulée dans l’acier.
Elle devrait aussi nous rappeler aussi la thèse déjà centenaire du « super-impérialisme », que Lénine qualifiait dans ‘l’impérialisme stade suprême’ de « super niaiserie » : « Du point de vue purement économique, écrit Kautsky, il n’est pas impossible que le capitalisme traverse encore une nouvelle phase où la politique des cartels serait étendue à la politique extérieure, une phase d’ultra-impérialisme”, c’est-à-dire de super-impérialisme, d’union et non de lutte des impérialismes du monde entier, une phase de la cessation des guerres en régime capitaliste, une phase “d’exploitation en commun de l’univers par le capital financier uni à l’échelle internationale. ”
(Je précise que cette fusion des impérialismes en un seul ne peut être assimilée à la tentative de domination mondiale de Hitler, ni à l’hégémonisme US qui s’est imposée jusqu’à l’an dernier).
D’une part cette expression de capitalisme financier mondialisé correspond à une réalité. Comme Marx l’avait anticipé le capital financier domine le capital industriel et commercial comme jamais auparavant. Egalement les rapports de production capitalistes ont éliminé les rapports sociaux de production féodaux dans l’ensemble des économies. Ils existent aussi dans les pays socialistes comme une part des modes de production, et ils sont dominants dans la quasi-totalité des pays.
Mais d’autre part cette expression ne reflète qu’une partie de la réalité car cette « finance mondialisée » repose sur des contradictions insolubles : l’anarchie de la production capitaliste, le développement inégal, les rapports de domination impérialistes et la lutte des nations et des peuples contre l’impérialisme, les rivalités et les contradictions entre les impérialismes.
Il est donc faux de parler de « finance mondialisée » comme s’il s’agissait d’un monstre omnipotent et monolithique, Goldman Sach qui s’imposerait à nous de l’extérieur et notamment de l’étranger, tandis que l’impérialisme français n’en serait qu’une succursale, voire une pauvre victime, cherchant simplement à répandre les bienfaits de ses lumières républicaines parmi les populations abruties par l’obscurantisme.
C’est d’ailleurs ici que la vieille casserole fasciste de la finance cosmopolite et enjuivée retrouve une actualité : la finance mondialisée n’est pas française…elle s’impose à notre nation : exit BNP, Soc Gén et Axa, n’en parlons pas.
Nous devrions nous interroger sur l’arrière cour de ce concept finalement très chauvin, très réactionnaire, et de ses implications sur la représentation qui est faite des rapports internationaux impérialistes en Europe, y compris chez certains radicaux et insoumis.
Il faudrait distinguer la contradiction principale dans le monde et la contradiction principale en France. On ne peut pas passer de l’une à l’autre indifféremment comme s’il s’agissait d’une seule et même chose.
Peut-on affirmer que la classe bourgeoise dans nos pays (et le mode de production capitaliste) joue un rôle identique à celle des pays émergents ? Cela signifierait que toutes ces classes bourgeoises soient impérialistes. Mais alors il n’y aurait plus d’anti impérialisme et l’impérialisme lui-même n’aurait plus de sens.
Prenons l’exemple symptomatique de la Syrie. On ne peut pas dire que la contradiction principale y oppose la classe bourgeoise et le prolétariat. La lutte entre la nation syrienne et le terrorisme cristallise l’opposition entre l’hégémonie des USA et de ses alliés d’une part, et les pays et les peuples du monde d’autre part. C’est bien cette contradiction, parvenue à un stade antagonique, qui est principale à l’échelle mondiale et qui a engendré tant de crimes, de massacres, de destructions irrémédiables, et de vagues d’émigration inégalées. La bataille d’Alep a marqué un tournant en 2016, et marqué la fin de l’hégémonisme US, quoiqu’il cherche encore à conserver son statut et que certaines puissances impérialistes conservent avec nostalgie leurs ambitions dans cette région. Mais n’anticipons pas sur le quinquennat de Macron.
Le terrorisme, la subversion, et la lutte contre eux sont des formes de l’impérialisme et de l’anti impérialisme. Les conflits sur les prix des marchandises, le développement économique, technologique et financier constituent aussi des formes nouvelles de la lutte contre l’impérialisme. Et beaucoup de progressistes qui en étaient restés à l’image du Che ou des vietcongs, ont interprété cette transformation comme une trahison, sans voir qu’un pays pauvre a besoin de se nourrir, de se vêtir, de se loger.
On voit ici que la contradiction principale à l’échelle mondiale et à celle de notre pays n’est pas une seule et même chose.
Au sujet de l’Europe, il faudrait considérer ses contradictions internes et externes. Celles qui l’opposent aux USA et aux pays pauvres, celles qui opposent les pays européens entre eux, et notamment le duo franco-allemand aux autres. Sinon on ne peut pas comprendre le problème du « plombier polonais » ou le prix des fraises espagnoles à 3 € de l’heure. On ne peut pas non plus réduire l’Europe à la « domination allemande » et ignorer comment les banques françaises ont viré Berlusconi par des mouvements de capitaux.
Mais dans tous les cas nous constatons que l’Europe est un nœud de contradictions. On ne les détaillera pas ici, retenons quand même que la France est un pays dominant et non opprimé dans ce cadre européen, comme le prétendent les souverainistes, Le Pen, Mélenchon, et occasionnellement des représentants de l’Etat, pour calmer la révolte des agriculteurs.
Prenons maintenant l’exemple de la Chine. En 1952 Mao Tsé toung écrivait dans une annotation « Après le renversement de la classe des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie bureaucratique, la contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie nationale est devenue la contradiction principale en Chine ; il ne faut donc plus qualifier la bourgeoisie nationale de classe intermédiaire » [Œuvres choisies Tome V – la contradiction principale entre la classe ouvrière et la bourgeoisie est la contradiction principale en Chine – 6 juin 1952]. Il est certain que la révolution culturelle a largement exploité cette appréciation. Mais après la rectification de Teng Siao ping et le bilan fait par le PCC en 1981 (un très important bilan portant sur 28 ans de guerre populaire et sur 32 ans de socialisme), la contradiction principale a été définie comme celle opposant les nouveaux rapports sociaux de production (propriété publique dominante des moyens de production, propriété coopérative, propriété capitaliste et mixte) et le faible développement des forces productives.
Ce dernier point de vue reste dominant pour le PCC bien que le débat se poursuive toujours.
Peut-on dire qu’en France les rapports sociaux de production soient en avance par rapport aux forces productives, ou bien qu’à l’inverse ces rapports sociaux de production constituent un frein ?
Les pays en développement sont des pays en retard. Il est indispensable pour ces pays de parcourir en quelques décennies le chemin parcouru par les pays avancés en eu ou deux siècles.
Peut-on parler exactement de nouveau rebond, ou bien de rééquilibrage du capitalisme ?
La mondialisation ne met pas fin à l’inégalité de développement. Cette inégalité est propre au développement anarchique du capitalisme, à l’histoire et aux conditions spécifiques à chaque pays. Elle s’ajoute à l’oppression impérialiste. Si le capitalisme a encore un avenir dans les pays émergents en est-il de même ici ? Ou bien le capitalisme en France est-il parvenu à un stade de pourriture qui n’est pas encore atteint dans ces pays là ?
D’autre part, si le capitalisme n’a pas fait son temps en France ceci implique-t-il que la contradiction principale ait changé dans notre pays ?
Certains matériaux mettent des centaines d’années avant de se décomposer, leurs contradictions internes, l’arrangement spécifique de leurs atomes en sont la cause principale. Si ces matériaux existent encore cent ans après on ne dira pas que leurs atomes se sont transformés et que leurs contradictions internes ne sont plus les mêmes. On ne pourra le dire que lorsque leur décomposition elle-même aura modifié leur arrangement atomique, qu’ils se seront transformés en gaz, en calories, etc.
Pour que la contradiction principale de notre pays se transforme, il faut d’abord que le capitalisme fasse son temps, qu’elle soit niée par le socialisme. Mais nous savons que ce n’est pas encore le cas. Donc la contradiction principale n’a pas changé, elle oppose toujours les rapports sociaux de production (la propriété privée des moyens de production) et les forces productives, la bourgeoisie et la classe ouvrière.
Peut-on parler dans notre pays d’un « sentiment général de régression » ou bien d’une régression réelle ? Il suffit sans doute de rouler dans les campagnes et de compter les poteaux électriques cassés ou penchés pour en avoir une idée.
On peut aussi comptabiliser les commerces, les services publics qui ont disparu dans les villages, les usines en friche pour se faire une idée de la réalité de cette régression.
Pourquoi Trump a-t-il déclaré que les TGV américains roulaient au ralenti sur des voies mal entretenues, tandis qu’ils roulaient très vite en Chine ?
Egalement s’il existe des différences entre le développement de la Chine ou de l’Inde et celui d’autres pays émergents c’est que la cause profonde, principale de ces transformations est interne et non externe.
Très souvent les pays du Tiers Monde ont dû recourir au capitalisme parce que ce dernier n’avait pas épuisé toutes ses possibilités dans des pays agraires et en voie d’industrialisation.
Les innovations, les nouvelles technologies, l’automatisation, les nanotechnologies, l’impression 3D, la robotisation, les auto entrepreneurs, etc. laissent supposer que le capitalisme se renouvelle sans cesse et qu’on n’en voit pas la fin.
Au sens de la recherche du profit, l’automatisation des tâches concentre du travail mais du travail mort qui ne produit pas de plus value.
L’automatisation a entraîné l’embauche d’ouvriers qualifiés. Mais de fait le travail est simplifié par les automates et les modes opératoires généralisés. Par contre les suppressions de postes on multiplié la productivité à production égale.
L’auto entreprenariat paraît supplanter le travail salarié. De fait certains employeurs obligent leurs salariés à accepter ce statut. Mais la différence est statutaire, dans les faits il s’agit d’un salariat déguisé. Dans l’agriculture l’élevage intégré est aussi une forme de semi salariat.
Par contre ce mode de production entre en forte concurrence avec l’artisanat. Demandez à votre généraliste s’il ne va pas devenir salarié lui-même… il va sans doute sauter au plafond. Mais de plus en plus les médecins libéraux se donnent des horaires, limitent le temps de consultation, refusent de traiter les urgences, qui viennent ainsi encombrer les hôpitaux : une partie de ce travail devient donc salarié.
C’est-à-dire que le capitalisme détruit des formes de production précapitalistes à travers de pseudos professions libérales, qui sont des antichambres du salariat.
Prenons encore le cas des travaux d’entretien dans les usines, de plus en plus externalisés ; il s’agissait d’emplois non productifs. Transférés dans des entreprises prestataires, ces emplois produisent une plus value pour le prestataire. Mais lui-même en reverse d’une certaine façon une partie au fabricant initial et à son propre banquier.
Très généralement on constate que toute activité humaine devient source de profit. C’est la principale innovation du capitalisme aujourd’hui.
Le salariat est devenu très largement dominant, et c’est une sorte de contribution à la révolution socialiste que le capitalisme détruit lui-même toutes les formes de rapports sociaux de production antérieures à lui.
Nous avons vu que le capitalisme doit être différencié. Son développement ici et ailleurs n’est pas identique, ni uniforme, il dépend de contradictions que nous devrions aussi étudier avec attention. La mondialisation n’impose absolument pas l’établissement du socialisme partout à la fois. Au contraire la révolution socialiste ne peut s’établir que là où les conditions requises sont réunies.
Le développement du capitalisme dans le tiers monde peut-il freiner sa chute en France ?
L’émergence ouvre de nouveaux marchés mais aussi de nouvelles productions. De ce point de vue on ne peut pas conclure que la crise du capitalisme ici sera systématiquement amortie par d’autres.
L’usine du monde fabrique maintenant les ordinateurs les plus rapides et développe son propre programme spatial. La froideur des pays occidentaux envers l’initiative « la ceinture et la route » montre que le développement de la Chine inquiète aussi les monopoles français.
L’impérialisme ne se satisfait pas du profit, il vise le profit maximum, le pillage. C’est cela qui permet au capitalisme de survivre dans un pays comme le notre. Pour cette raison, l’émergence, le développement indépendant des pays pauvres, constitue essentiellement une menace pour l’impérialisme occidental et non une bouée de sauvetage.
Peut-on dire enfin qu’il faut attendre que le capitalisme ait épuisé ses ressources et qu’il entrave absolument tout développement des forces productives pour que le socialisme soit possible ?
Non plus, aucune révolution n’a attendu l’extinction complète des sociétés antérieures, quitte à liquider ensuite plus ou moins laborieusement les résidus des anciennes sociétés.
Le capitalisme lui-même n’a pas attendu que tous les rapports sociaux de production de la société précédente se soient éteints, avant de s’imposer. Il en a conservé bien longtemps des stigmates, et la société féodale a été restaurée deux fois avant que la société bourgeoise n’instaure définitivement sa république.
Faiblesse dans l’organisation des masses populaires, ouvrières, dans l’organisation de l’avant-garde de la classe ouvrière, dans ses objectifs, son idéologie, ses théories.
S’agissant de la maîtrise du capitalisme, Jean Claude dit ceci :
Comme l’indique le Manifeste :
Dans notre pays la contradiction principale n’oppose pas socialisme et capitalisme. Il n’y a pas de socialisme. La contradiction principale oppose la bourgeoisie, la grande bourgeoisie monopoliste à la classe ouvrière, mais aussi à l’immense majorité du peuple.
Il existe d’autres contradictions mais elles sont secondaires et déterminées par la première. Par exemple entre donneurs d’ordre et sous-traitants, entre PME et monopoles, entre production capitalistes et précapitaliste, entre ville et campagne, entre grande distribution et petit commerce, entre agroalimentaire et production agricole, entre capital financier et capital industriel, entre artisans et auto entrepreneurs, entre salariés français et main d’œuvre étrangère (immigrée, détachée, délocalisée, etc.), entre hommes et femmes, etc.
Ce sont les forces de notre révolution qu’il nous faudrait répertorier à travers une analyse des classes, des intérêts réels en présence, pour définir une stratégie
Il faudrait démontrer aussi que la concurrence entre les salaires introduit l’exploitation de salariés par d’autres salariés.
Bien évidemment les employés d’EDF peuvent garder leur bleu propre jusqu’au vendredi quand les intérimaires tirent les câbles dans les caniveaux avec leurs fringues perso, mais ils ne sont pas pour autant des exploiteurs. Ces derniers n’ont pas de bleu et ne vont pas crotter leurs chaussures vernies sur des chantiers, leurs visites se terminent chez Pic ou Trois Gros.
La mondialisation présente un caractère général, absolu, indépendant du mode de production, et un caractère particulier, spécifique à notre pays et aux rapports impérialistes. Pourquoi les entreprises US ont-elles délocalisé ? Et Whirpool en France pour prendre un exemple récent ? Pourquoi la Chine a-t-elle pu réorienter son économie vers la consommation intérieure et le développement technologique ?
La différence fondamentale tient d’abord aux rapports impérialistes dans le monde, à la recherche du profit maximum, et non à la mondialisation. La mondialisation n’est que le moyen de réaliser cette course aux profits plus rapidement en utilisant le développement inégal entre les pays et les rapports de domination, et particulièrement la concurrence des salaires entre les pays, mais qui existait déjà à l’échelle nationale du temps de Marx.
Comment combattre cette concurrence entre les salaires ? Elle s’effectue localement mais aussi à distance. Si on contrôlait l’immigration cela supprimerait-il ces inégalités et cette concurrence ? Ou bien la classe capitaliste développerait-elle de nouvelles inégalités sur le sol français lui-même ?
Prenons un exemple. Le Front national veut supprimer les prestations sociales aux immigrés. Ceci n’aboutirait pas à réduire la concurrence salariale, mais à créer deux catégories de salariés, donc à renforcer cette concurrence. Si on fermait les frontières, il en serait de même. Les inégalités se perpétueraient et se retrouveraient dans l’échange des marchandises dans tous les cas parce qu’aucun pays ne peut vivre en autarcie ou dans une bulle. Est-ce que les minerais d’Afrique ne représentent pas une forme de travail vivant, et de salaire ?
Notre objectif est diamétralement opposé : c’est lutter contre la concurrence salariale par l’égalité des salaires à travail égal, quelle que soit la nationalité d’origine, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes. Mais ce n’est pas tout.
La précarité et la différence de statuts entraîne de grandes divisions au sein des salariés. Nous devrions considérer les intérimaires, prestataires, sous traitants, etc. (qui sont souvent les plus exploités) du point de vue de l’unité des salariés et de la classe ouvrière. Rejeter les différences de statut et les organiser dans le même syndicat que chez le donneur d’ordre chaque fois que c’est possible, ou sur le même site. Même des détails comptent, comme un tarif identique à la cantine d’entreprise, et bien évidemment faire la chasse au délit de marchandage
Pour nous la concurrence salariale impose de développer les liens internationalistes avec notamment les prolétariats d’Europe centrale et du sud, afin de mener simultanément la lutte pour les salaires et l’emploi contre les monopoles franco-allemands. L’action syndicale est essentielle dans ce domaine, mais peut-être que la CES n’est pas le cadre idéal de cette solidarité. Si cette solidarité internationaliste paraît à certains irréaliste, que dire alors de la thèse « détruire la mondialisation » ?
L’opposition entre la nation française et la mondialisation n’existe pas ailleurs que dans le cadre réel de la France, c’est-à-dire capitaliste et impérialiste. Que signifie la « souveraineté monétaire de la France » ? Réellement il s’agit de la souveraineté de la BNP, Société Générale, Crédit Lyonnais, etc. Notre point de vue est matérialiste et nous ne parlons pas de la « souveraineté de la France » comme s’il s’agissait d’un pays imaginaire abstrait.
Dans une France socialiste nous ne pourrons plus parler de la même façon de la souveraineté monétaire parce qu’elle aura changé de nature. Nous visons la destruction des rapports impérialistes établis par notre pays, et non des rapports commerciaux et financiers en général.
Nous visons la destruction de la mondialisation capitaliste à travers la révolution dans notre pays, mais non du mouvement général de mondialisation, qui se poursuivra au-delà du capitalisme.
Ces notions revêtent une importance essentielle aujourd’hui. Il s’agit du caractère de classe de la théorie marxiste, du matérialisme-dialectique, de l’économie politique.
Pour les théoriciens bourgeois les contradictions de classe doivent être abolies au profit de l’Union Sacrée. C’est la solution préconisée par les capitalistes pour résoudre la contradiction entre course aux profits et émergence des pays pauvres, entre domination impérialiste et développement des économies nouvelles. La débauche de drapeaux tricolores lors des ces élections n’est pas innocent, débauche largement partagée par Mélenchon aussi.
Macron a pour objectif de résoudre la querelle stérile gauche-droite et appelle à l’union du peuple pour sauver la France, c’est-à-dire celle du Capital. Le Pen défend aussi l’Union sacrée. Nous ne devons pas nous laisser abuser, ce genre de recette miracle ne date pas d’hier.
Jean Claude fait une hypothèse originale pour le moins en disant que la direction du pcf est « gauchiste ». On peut dire beaucoup de choses sur cette direction mais il faut définir ce qu’on entend par gauchisme, et gauchiste par rapport à quoi.
Il s’agirait par exemple de « spontanéité, qu’exprimerait le « mouvement social » … l’impatience et le volontarisme ». Ce n’est pas une définition du gauchisme.
Le gauchisme prône la révolution immédiate. La direction du pcf ne vise aucune révolution.
Le gauchisme rejette tout compromis. La direction du pcf n’est même plus dans la compromission, mais dans l’abandon de tout principe : abandon des principes marxistes-léninistes, abandon de la dictature du prolétariat, abandon de la méthode matérialiste-dialectique, abandon du centralisme démocratique, abandon de la faucille et du marteau, abandon de la société socialiste et communiste…La critique du gauchisme extérieur au pcf n’a-t-elle pas servi à justifier l’ensemble de ces abandons à l’intérieur, constituant une révision de droite, réactionnaire, de tous les principes fondateurs du parti communiste ?
Limiter l’action du pcf aux échéances électorales, s’unir à n’importe qui, n’importe quand et à des fins essentiellement électoralistes, uniquement dans le but de pousser au gouvernement un chef « de gauche » ex cagoulard sur la foi de ses propres allégations, et en faisant croire aux militants et sympathisants que l’avenir du pays en serait transformé, soutenir les socialos envers et contre tous, jusqu’à ce qu’ils soient honnis par l’immense majorité du peuple, se mettre à la remorque du mouvement social au lieu de le relier à l’objectif du socialisme, au point que la CGT est contrainte de jouer le rôle d’avant-garde (au risque de s’isoler), que le premier social-démocrate venu un peu plus « radical » que les autres passe pour un violent révolutionnaire, s’interdire de présenter son propre candidat, implorer des groupuscules issus du PS et du trotskisme de s’unir entre eux, se retrouver contraint de soutenir un candidat sans troupes, puis bafoué par lui-même, jeté comme une rondelle de citron…comment appeler ça de l’impatience et du volontarisme ?
Ceci ne s’appelle pas du gauchisme mais de l’opportunisme de droite.
Mais je reconnais qu’à cet endroit et à ce point les mots manquent parfois.
Jean Claude souligne très justement le détachement des réalités.
Ce détachement est une conséquence de l’abandon du matérialisme-dialectique. Cette théorie dit que les communistes partent des besoins réels des masses et non de leurs propres désirs, des besoins matériels et spirituels des plus opprimés et des plus exploités, et non des caprices d’une intelligentsia « de gauche ». Une analyse des classes s’impose pour définir qui sont nos ennemis et qui sont nos amis. Je parle d’une analyse des classes en fonction de leur place dans les rapports sociaux de production, et non d’une analyse des étiquettes et des diplômes de « radical », de « gauche », de « communiste », d’ « atterré », de « frondeur » et j’en passe.
C’est quand même incroyable que Marine Le Pen dénonce la situation catastrophique des masses populaires, les régions industrielles dévastées, la misère grandissante, le talon de fer des grandes entreprises sur les TPE, le désespoir des paysans, et même - c’est un comble - la loi Travail, au point (mais évidemment par pur calcul électoral) que les médias en aient fait le porte-drapeau de la lutte de classe !
Si le FN est parvenu au second tour n’est-ce pas parce que son programme était en apparence bien plus radical envers ce qu’il appelle « l’oligarchie », les pseudos « socialistes » et les puissances financières « mondialisées » ?
Ceci veut dire que la colère est grande dans les masses populaires, et d’autant plus grand si on considère les abstentions et les votes nuls.
Comment s’exprimera cette colère maintenant qu’elle n’a plus l’exutoire du Front National ?
Un repli communautariste, le racisme, le nationalisme chauvin, les émeutes de quartier isolées, les suicides de licenciés, des manifestations ponctuelles, un renforcement du FN ou des « insoumis » ?
Mais peu importe l’étiquette, c’est sur le fond de sa ligne politique que nous devrions nous accorder. Effectivement Mélenchon répète à chaque élection qu’on va « renverser la table ». Ce sont des mots. Les insoumis défendent un programme républicain bourgeois et chauvin où le révolutionnarisme n’est qu’apparent. Le gauchisme est pure façade.
Le fond de la ligne Mélenchon c’est Keynes : la relance par l’injection de capitaux dans la consommation. Mais dans le cadre actuel du capitalisme ce projet est forclos. Que fera Mélenchon qui soit différent de ce qu’ont fait ses amis de Syriza ?
La VIe république est un changement purement quantitatif pour la république bourgeoise. Mélenchon est contre le socialisme. Il est anti communiste. Il hors de question pour lui de remplacer la république bourgeoise par une démocratie populaire ou d’exercer la dictature du prolétariat sur le CAC 40.
Il n’y pas de victoire immédiate, évidemment. D’abord parce que la première urgence, celle qui détermine tout le reste, y compris la lutte contre le fascisme ou la fascisation de l’Etat, n’est pas de continuer à s’acoquiner avec les chefs sociaux-démocrates, mais de reconstituer le parti de la classe ouvrière.
Le parti de la classe ouvrière devrait s’inspirer de la « bolchévisation » menée du temps de Thorez, et qui avait donné au pcf son caractère de classe, en organisant les ouvriers les plus conscients, les plus exploités, les plus combatifs.
Jean Claude fait d’importantes remarques sur les premières mesures économiques que pourrait prendre une société socialiste. Il a raison de poser ces questions. Trop longtemps nous en sommes restés à la même vision keynésienne que Mélenchon et d’autres, où l’état distribuerait ses largesses, mais sans léser les capitalistes.
Sur le fond notre objectif devrait viser le renversement de l’Etat, la propriété des grands moyens de production, puis la transformation révolutionnaire de la société, le socialisme et le communisme, et non de changer son étiquette ou les rapports du président avec l’assemblée.
Mais d’abord il nous faut un parti fondé sur le marxisme-léninisme, conservant la mémoire du passé et s’appuyant sur les faits actuels.
Un débat se fera certainement à propos des multiples « mouvements », tendances et factions apparus à l’occasion des présidentielles ou après l’échec de tel ou tel candidat. Il semble que ce soit la mode de dissimuler les casseroles et les gamelles en escamotant les noms des partis, ou bien d’éviter les débats et le choix accepté par tous, en créant des petits groupes « unis » mais que tout oppose. Le mouvement de Mélenchon n’échappe pas à cette règle.
Contrairement aux vues de Badiou, l’organisation en parti est la seule qui permette simultanément l’exercice de la démocratie et l’action concertée, à condition évidemment d’appliquer le centralisme démocratique.
Dans l’immédiat, nous savons que le gouvernement va déclencher les hostilités.
L’unité devra certainement se réaliser entre la classe ouvrière et les classes populaires qui lui sont proches, mais – et c’est un enseignement de la lutte contre la loi travail - pour aller au bout de ses objectifs cette unité doit être dirigée par la classe ouvrière et son parti révolutionnaire, son parti communiste, et non par des théoriciens décroissants, souverainistes ou insoumis, pour qui les intérêts matériels des prolétaires constituent avant tout des arguments de campagne.
Partant de là l’unité avec les insoumis se présente simplement : Mélenchon soutient la lutte de classe ou bien il s’y oppose. Quand je dis qu’il peut s’y opposer, ce n’est pas une vue de l’esprit. Et c’est le critère de l’unité.
, par Xuan
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La contradiction principale et la lutte de classe
Chers camarades, quelques réflexions et quelques critiques à partir des thèses de JC Delaunay sur la « contradiction principale » et sur la « stratégie du gauchisme ».J’en profite pour lui adresser mes fraternelles salutations.
L’étude de Jean Claude a le mérite de partir des faits. Il a aussi le défaut de sa qualité, nous faire prendre de la hauteur par rapport à notre situation hexagonale.
La crise de 2008 n’a pas mis fin au capitalisme
Lors de la crise de 2008, il est apparu que l’histoire n’était pas « finie » et que le capitalisme générait toujours des crises de plus en plus violentes. Mais nous avons tous plus ou moins interprété cela comme le signal d’une fin imminente. Des milliers d’ouvriers ont été jetés à la rue, des régions entières ont été dévastées. Cependant et bien que la crise ne soit pas résolue, le capitalisme n’a pas cédé la place au socialisme et poursuit son aventure. Il semble même que des « révolutions technologiques » puissent lui assurer encore une longue existence.Même la Chine socialiste, qui devrait avoir quelque avance, n’envisage pas une fin prochaine de ce mode de production.
La référence à la Chine que Jean Claude connaît bien doit nous alerter sur un fait qui nous a peut-être échappé. La crise des pays développés n’a pas touché également ceux qui se développent. Et ce sont eux qui ont maintenu à flot les pays riches. Nous avons envisagé – et la quasi-totalité des économistes aussi – cette crise d’un point de vue unilatéral, occidental.
Nous vivons toujours une crise de surproduction, mais les pays émergents ont besoin eux de progresser rapidement, ils ont besoin des capitaux excédentaires ailleurs, et leur développement a probablement amorti un désastre mondial inédit.
Ces pays où ont été délocalisées les productions industrielles ont particulièrement souffert de la crise mondiale. Sans doute le terrorisme et les révolutions colorées ont-ils trouvé dans le désespoir des populations le terreau nécessaire à ces explosions de violence que les pays impérialistes ont eux-mêmes attisées et financées.
A propos de l’expression « capitalisme financier mondialisé »
Je fais ici une parenthèse sur le caractère mondialisé de la crise et sur le capitalisme financier mondialisé.L’aspect mondial de la crise, du capitalisme, de la financiarisation, la mondialisation elle-même constituent un aspect. L’aspect national, spécifique à chaque type de pays constitue un autre aspect.
L’expression « finance mondialisée » employée à tour de bras, aussi bien par le FN que par les économistes atterrés, les insoumis, et par nous aussi, mériterait un examen critique. Qu’elle rappelle quelque part l’amer souvenir de la « finance cosmopolite et enjuivée » devrait nous alerter sur la paille dissimulée dans l’acier.
Elle devrait aussi nous rappeler aussi la thèse déjà centenaire du « super-impérialisme », que Lénine qualifiait dans ‘l’impérialisme stade suprême’ de « super niaiserie » : « Du point de vue purement économique, écrit Kautsky, il n’est pas impossible que le capitalisme traverse encore une nouvelle phase où la politique des cartels serait étendue à la politique extérieure, une phase d’ultra-impérialisme”, c’est-à-dire de super-impérialisme, d’union et non de lutte des impérialismes du monde entier, une phase de la cessation des guerres en régime capitaliste, une phase “d’exploitation en commun de l’univers par le capital financier uni à l’échelle internationale. ”
(Je précise que cette fusion des impérialismes en un seul ne peut être assimilée à la tentative de domination mondiale de Hitler, ni à l’hégémonisme US qui s’est imposée jusqu’à l’an dernier).
D’une part cette expression de capitalisme financier mondialisé correspond à une réalité. Comme Marx l’avait anticipé le capital financier domine le capital industriel et commercial comme jamais auparavant. Egalement les rapports de production capitalistes ont éliminé les rapports sociaux de production féodaux dans l’ensemble des économies. Ils existent aussi dans les pays socialistes comme une part des modes de production, et ils sont dominants dans la quasi-totalité des pays.
Mais d’autre part cette expression ne reflète qu’une partie de la réalité car cette « finance mondialisée » repose sur des contradictions insolubles : l’anarchie de la production capitaliste, le développement inégal, les rapports de domination impérialistes et la lutte des nations et des peuples contre l’impérialisme, les rivalités et les contradictions entre les impérialismes.
Il est donc faux de parler de « finance mondialisée » comme s’il s’agissait d’un monstre omnipotent et monolithique, Goldman Sach qui s’imposerait à nous de l’extérieur et notamment de l’étranger, tandis que l’impérialisme français n’en serait qu’une succursale, voire une pauvre victime, cherchant simplement à répandre les bienfaits de ses lumières républicaines parmi les populations abruties par l’obscurantisme.
C’est d’ailleurs ici que la vieille casserole fasciste de la finance cosmopolite et enjuivée retrouve une actualité : la finance mondialisée n’est pas française…elle s’impose à notre nation : exit BNP, Soc Gén et Axa, n’en parlons pas.
Nous devrions nous interroger sur l’arrière cour de ce concept finalement très chauvin, très réactionnaire, et de ses implications sur la représentation qui est faite des rapports internationaux impérialistes en Europe, y compris chez certains radicaux et insoumis.
La « contradiction principale » et ses avatars
Je reviens au texte de Jean Claude sur la contradiction principale.Il faudrait distinguer la contradiction principale dans le monde et la contradiction principale en France. On ne peut pas passer de l’une à l’autre indifféremment comme s’il s’agissait d’une seule et même chose.
Peut-on affirmer que la classe bourgeoise dans nos pays (et le mode de production capitaliste) joue un rôle identique à celle des pays émergents ? Cela signifierait que toutes ces classes bourgeoises soient impérialistes. Mais alors il n’y aurait plus d’anti impérialisme et l’impérialisme lui-même n’aurait plus de sens.
Prenons l’exemple symptomatique de la Syrie. On ne peut pas dire que la contradiction principale y oppose la classe bourgeoise et le prolétariat. La lutte entre la nation syrienne et le terrorisme cristallise l’opposition entre l’hégémonie des USA et de ses alliés d’une part, et les pays et les peuples du monde d’autre part. C’est bien cette contradiction, parvenue à un stade antagonique, qui est principale à l’échelle mondiale et qui a engendré tant de crimes, de massacres, de destructions irrémédiables, et de vagues d’émigration inégalées. La bataille d’Alep a marqué un tournant en 2016, et marqué la fin de l’hégémonisme US, quoiqu’il cherche encore à conserver son statut et que certaines puissances impérialistes conservent avec nostalgie leurs ambitions dans cette région. Mais n’anticipons pas sur le quinquennat de Macron.
Le terrorisme, la subversion, et la lutte contre eux sont des formes de l’impérialisme et de l’anti impérialisme. Les conflits sur les prix des marchandises, le développement économique, technologique et financier constituent aussi des formes nouvelles de la lutte contre l’impérialisme. Et beaucoup de progressistes qui en étaient restés à l’image du Che ou des vietcongs, ont interprété cette transformation comme une trahison, sans voir qu’un pays pauvre a besoin de se nourrir, de se vêtir, de se loger.
On voit ici que la contradiction principale à l’échelle mondiale et à celle de notre pays n’est pas une seule et même chose.
Au sujet de l’Europe, il faudrait considérer ses contradictions internes et externes. Celles qui l’opposent aux USA et aux pays pauvres, celles qui opposent les pays européens entre eux, et notamment le duo franco-allemand aux autres. Sinon on ne peut pas comprendre le problème du « plombier polonais » ou le prix des fraises espagnoles à 3 € de l’heure. On ne peut pas non plus réduire l’Europe à la « domination allemande » et ignorer comment les banques françaises ont viré Berlusconi par des mouvements de capitaux.
Mais dans tous les cas nous constatons que l’Europe est un nœud de contradictions. On ne les détaillera pas ici, retenons quand même que la France est un pays dominant et non opprimé dans ce cadre européen, comme le prétendent les souverainistes, Le Pen, Mélenchon, et occasionnellement des représentants de l’Etat, pour calmer la révolte des agriculteurs.
Prenons maintenant l’exemple de la Chine. En 1952 Mao Tsé toung écrivait dans une annotation « Après le renversement de la classe des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie bureaucratique, la contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie nationale est devenue la contradiction principale en Chine ; il ne faut donc plus qualifier la bourgeoisie nationale de classe intermédiaire » [Œuvres choisies Tome V – la contradiction principale entre la classe ouvrière et la bourgeoisie est la contradiction principale en Chine – 6 juin 1952]. Il est certain que la révolution culturelle a largement exploité cette appréciation. Mais après la rectification de Teng Siao ping et le bilan fait par le PCC en 1981 (un très important bilan portant sur 28 ans de guerre populaire et sur 32 ans de socialisme), la contradiction principale a été définie comme celle opposant les nouveaux rapports sociaux de production (propriété publique dominante des moyens de production, propriété coopérative, propriété capitaliste et mixte) et le faible développement des forces productives.
Ce dernier point de vue reste dominant pour le PCC bien que le débat se poursuive toujours.
Peut-on dire qu’en France les rapports sociaux de production soient en avance par rapport aux forces productives, ou bien qu’à l’inverse ces rapports sociaux de production constituent un frein ?
Le capitalisme français est-il au bout du rouleau ?
Jean Claude écrit :« Le capitalisme n’a donc pas terminé son existence avec la crise profonde et durable des années 1970. Il a trouvé, dans la mondialisation capitaliste et dans les pays en développement qui en avaient les moyens, la chance d’un nouveau rebond ».Nous avons vu plus haut que la crise de 2008 n’y avait pas mis fin non plus puisque le marché des émergents a fourni un exutoire à cette crise de surproduction.
Les pays en développement sont des pays en retard. Il est indispensable pour ces pays de parcourir en quelques décennies le chemin parcouru par les pays avancés en eu ou deux siècles.
Peut-on parler exactement de nouveau rebond, ou bien de rééquilibrage du capitalisme ?
La mondialisation ne met pas fin à l’inégalité de développement. Cette inégalité est propre au développement anarchique du capitalisme, à l’histoire et aux conditions spécifiques à chaque pays. Elle s’ajoute à l’oppression impérialiste. Si le capitalisme a encore un avenir dans les pays émergents en est-il de même ici ? Ou bien le capitalisme en France est-il parvenu à un stade de pourriture qui n’est pas encore atteint dans ces pays là ?
D’autre part, si le capitalisme n’a pas fait son temps en France ceci implique-t-il que la contradiction principale ait changé dans notre pays ?
Certains matériaux mettent des centaines d’années avant de se décomposer, leurs contradictions internes, l’arrangement spécifique de leurs atomes en sont la cause principale. Si ces matériaux existent encore cent ans après on ne dira pas que leurs atomes se sont transformés et que leurs contradictions internes ne sont plus les mêmes. On ne pourra le dire que lorsque leur décomposition elle-même aura modifié leur arrangement atomique, qu’ils se seront transformés en gaz, en calories, etc.
Pour que la contradiction principale de notre pays se transforme, il faut d’abord que le capitalisme fasse son temps, qu’elle soit niée par le socialisme. Mais nous savons que ce n’est pas encore le cas. Donc la contradiction principale n’a pas changé, elle oppose toujours les rapports sociaux de production (la propriété privée des moyens de production) et les forces productives, la bourgeoisie et la classe ouvrière.
Le déclin de l’impérialisme français
Si l’on compare la France avec les pays pauvres, l’inégalité est toujours criante. Cependant les choses se transforment lentement. Il y a bientôt une dizaine d’années, un camarade de travail turc me faisait observer que la France commençait à décliner.Peut-on parler dans notre pays d’un « sentiment général de régression » ou bien d’une régression réelle ? Il suffit sans doute de rouler dans les campagnes et de compter les poteaux électriques cassés ou penchés pour en avoir une idée.
On peut aussi comptabiliser les commerces, les services publics qui ont disparu dans les villages, les usines en friche pour se faire une idée de la réalité de cette régression.
Pourquoi Trump a-t-il déclaré que les TGV américains roulaient au ralenti sur des voies mal entretenues, tandis qu’ils roulaient très vite en Chine ?
Egalement s’il existe des différences entre le développement de la Chine ou de l’Inde et celui d’autres pays émergents c’est que la cause profonde, principale de ces transformations est interne et non externe.
Très souvent les pays du Tiers Monde ont dû recourir au capitalisme parce que ce dernier n’avait pas épuisé toutes ses possibilités dans des pays agraires et en voie d’industrialisation.
« Une formation sociale ne meurt jamais avant que soient développées toutes les forces productives auxquelles elle peut donner libre cours ; de nouveaux rapports de production, supérieurs aux anciens, n’apparaissent jamais avant que leurs conditions matérielles d’existence n’aient mûri au sein de la vieille société. C’est pourquoi l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre ; car, à mieux considérer les choses, il s’avérera toujours que le problème lui-même ne surgit que lorsque les conditions matérielles de sa solution existent déjà ou tout au moins sont en formation ». Contribution à la critique de l’économie politique (1859)On voit ici que le développement et la mort du capitalisme sont liés aux conditions spécifiques de chaque pays.
Les innovations, les nouvelles technologies, l’automatisation, les nanotechnologies, l’impression 3D, la robotisation, les auto entrepreneurs, etc. laissent supposer que le capitalisme se renouvelle sans cesse et qu’on n’en voit pas la fin.
Au sens de la recherche du profit, l’automatisation des tâches concentre du travail mais du travail mort qui ne produit pas de plus value.
L’automatisation a entraîné l’embauche d’ouvriers qualifiés. Mais de fait le travail est simplifié par les automates et les modes opératoires généralisés. Par contre les suppressions de postes on multiplié la productivité à production égale.
L’auto entreprenariat paraît supplanter le travail salarié. De fait certains employeurs obligent leurs salariés à accepter ce statut. Mais la différence est statutaire, dans les faits il s’agit d’un salariat déguisé. Dans l’agriculture l’élevage intégré est aussi une forme de semi salariat.
Par contre ce mode de production entre en forte concurrence avec l’artisanat. Demandez à votre généraliste s’il ne va pas devenir salarié lui-même… il va sans doute sauter au plafond. Mais de plus en plus les médecins libéraux se donnent des horaires, limitent le temps de consultation, refusent de traiter les urgences, qui viennent ainsi encombrer les hôpitaux : une partie de ce travail devient donc salarié.
C’est-à-dire que le capitalisme détruit des formes de production précapitalistes à travers de pseudos professions libérales, qui sont des antichambres du salariat.
Prenons encore le cas des travaux d’entretien dans les usines, de plus en plus externalisés ; il s’agissait d’emplois non productifs. Transférés dans des entreprises prestataires, ces emplois produisent une plus value pour le prestataire. Mais lui-même en reverse d’une certaine façon une partie au fabricant initial et à son propre banquier.
Très généralement on constate que toute activité humaine devient source de profit. C’est la principale innovation du capitalisme aujourd’hui.
Le salariat est devenu très largement dominant, et c’est une sorte de contribution à la révolution socialiste que le capitalisme détruit lui-même toutes les formes de rapports sociaux de production antérieures à lui.
Les pays émergents peuvent-ils sauver nos capitalistes ?
Jean Claude écrit : « Le capitalisme n’est pas moribond. Avec les pays en développement, il a encore de la ressource. »Nous avons vu que le capitalisme doit être différencié. Son développement ici et ailleurs n’est pas identique, ni uniforme, il dépend de contradictions que nous devrions aussi étudier avec attention. La mondialisation n’impose absolument pas l’établissement du socialisme partout à la fois. Au contraire la révolution socialiste ne peut s’établir que là où les conditions requises sont réunies.
Le développement du capitalisme dans le tiers monde peut-il freiner sa chute en France ?
L’émergence ouvre de nouveaux marchés mais aussi de nouvelles productions. De ce point de vue on ne peut pas conclure que la crise du capitalisme ici sera systématiquement amortie par d’autres.
L’usine du monde fabrique maintenant les ordinateurs les plus rapides et développe son propre programme spatial. La froideur des pays occidentaux envers l’initiative « la ceinture et la route » montre que le développement de la Chine inquiète aussi les monopoles français.
L’impérialisme ne se satisfait pas du profit, il vise le profit maximum, le pillage. C’est cela qui permet au capitalisme de survivre dans un pays comme le notre. Pour cette raison, l’émergence, le développement indépendant des pays pauvres, constitue essentiellement une menace pour l’impérialisme occidental et non une bouée de sauvetage.
Peut-on dire enfin qu’il faut attendre que le capitalisme ait épuisé ses ressources et qu’il entrave absolument tout développement des forces productives pour que le socialisme soit possible ?
Non plus, aucune révolution n’a attendu l’extinction complète des sociétés antérieures, quitte à liquider ensuite plus ou moins laborieusement les résidus des anciennes sociétés.
Le capitalisme lui-même n’a pas attendu que tous les rapports sociaux de production de la société précédente se soient éteints, avant de s’imposer. Il en a conservé bien longtemps des stigmates, et la société féodale a été restaurée deux fois avant que la société bourgeoise n’instaure définitivement sa république.
Venons- en au second aspect de la contradiction principale en France, la classe ouvrière, son parti, ses objectifs.
Même si le capitalisme français était à deux doigts de sa fin, il ne disparaîtrait pas tant que la future classe dominante ne sera pas en mesure de prendre le pouvoir. On pourrait même dire que le principal obstacle au renversement du capitalisme c’est notre propre faiblesse.Faiblesse dans l’organisation des masses populaires, ouvrières, dans l’organisation de l’avant-garde de la classe ouvrière, dans ses objectifs, son idéologie, ses théories.
S’agissant de la maîtrise du capitalisme, Jean Claude dit ceci :
« 1) Le problème majeur actuel que l’on doit aider les salariés de ce pays à résoudre n’est pas tant celui de la sortie et de l’abolition du capitalisme, que celui de sa maîtrise, de son guidage, de son recul, tant au plan national qu’européen et mondial. Dans ce processus, un certain nombre de capitalistes ont leur place. Mais les prolétaires devront assurer un rôle, en tout cas moral, de guidage effectif. »Comment les salariés pourraient-il exercer la moindre maîtrise tant que l’état reste l’instrument de domination de la classe capitaliste ? Le passage au socialisme n’est –il pas l’unique moyen de permettre précisément aux salariés de maîtriser les rapports sociaux de production ?
Comme l’indique le Manifeste :
« Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter aussi vite que possible la quantité des forces productives »Il ne peut exister de « suprématie politique » tant que l’Etat bourgeois n’est pas brisé et remplacé par un état socialiste. Ensuite les réformes peuvent s’appliquer progressivement.
Dans notre pays la contradiction principale n’oppose pas socialisme et capitalisme. Il n’y a pas de socialisme. La contradiction principale oppose la bourgeoisie, la grande bourgeoisie monopoliste à la classe ouvrière, mais aussi à l’immense majorité du peuple.
Il existe d’autres contradictions mais elles sont secondaires et déterminées par la première. Par exemple entre donneurs d’ordre et sous-traitants, entre PME et monopoles, entre production capitalistes et précapitaliste, entre ville et campagne, entre grande distribution et petit commerce, entre agroalimentaire et production agricole, entre capital financier et capital industriel, entre artisans et auto entrepreneurs, entre salariés français et main d’œuvre étrangère (immigrée, détachée, délocalisée, etc.), entre hommes et femmes, etc.
Ce sont les forces de notre révolution qu’il nous faudrait répertorier à travers une analyse des classes, des intérêts réels en présence, pour définir une stratégie
Sur la concurrence entre les salaires
Devrait-on dire qu’en réduisant le nombre de femmes dans l’entreprise on pourrait empêcher la baisse des salaires masculins ? Ou bien qu’en n’embauchant plus aucun jeune les anciens seraient sûrs de voir leurs salaires augmenter ?Il faudrait démontrer aussi que la concurrence entre les salaires introduit l’exploitation de salariés par d’autres salariés.
Bien évidemment les employés d’EDF peuvent garder leur bleu propre jusqu’au vendredi quand les intérimaires tirent les câbles dans les caniveaux avec leurs fringues perso, mais ils ne sont pas pour autant des exploiteurs. Ces derniers n’ont pas de bleu et ne vont pas crotter leurs chaussures vernies sur des chantiers, leurs visites se terminent chez Pic ou Trois Gros.
La mondialisation présente un caractère général, absolu, indépendant du mode de production, et un caractère particulier, spécifique à notre pays et aux rapports impérialistes. Pourquoi les entreprises US ont-elles délocalisé ? Et Whirpool en France pour prendre un exemple récent ? Pourquoi la Chine a-t-elle pu réorienter son économie vers la consommation intérieure et le développement technologique ?
La différence fondamentale tient d’abord aux rapports impérialistes dans le monde, à la recherche du profit maximum, et non à la mondialisation. La mondialisation n’est que le moyen de réaliser cette course aux profits plus rapidement en utilisant le développement inégal entre les pays et les rapports de domination, et particulièrement la concurrence des salaires entre les pays, mais qui existait déjà à l’échelle nationale du temps de Marx.
Comment combattre cette concurrence entre les salaires ? Elle s’effectue localement mais aussi à distance. Si on contrôlait l’immigration cela supprimerait-il ces inégalités et cette concurrence ? Ou bien la classe capitaliste développerait-elle de nouvelles inégalités sur le sol français lui-même ?
Prenons un exemple. Le Front national veut supprimer les prestations sociales aux immigrés. Ceci n’aboutirait pas à réduire la concurrence salariale, mais à créer deux catégories de salariés, donc à renforcer cette concurrence. Si on fermait les frontières, il en serait de même. Les inégalités se perpétueraient et se retrouveraient dans l’échange des marchandises dans tous les cas parce qu’aucun pays ne peut vivre en autarcie ou dans une bulle. Est-ce que les minerais d’Afrique ne représentent pas une forme de travail vivant, et de salaire ?
Notre objectif est diamétralement opposé : c’est lutter contre la concurrence salariale par l’égalité des salaires à travail égal, quelle que soit la nationalité d’origine, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes. Mais ce n’est pas tout.
La précarité et la différence de statuts entraîne de grandes divisions au sein des salariés. Nous devrions considérer les intérimaires, prestataires, sous traitants, etc. (qui sont souvent les plus exploités) du point de vue de l’unité des salariés et de la classe ouvrière. Rejeter les différences de statut et les organiser dans le même syndicat que chez le donneur d’ordre chaque fois que c’est possible, ou sur le même site. Même des détails comptent, comme un tarif identique à la cantine d’entreprise, et bien évidemment faire la chasse au délit de marchandage
Pour nous la concurrence salariale impose de développer les liens internationalistes avec notamment les prolétariats d’Europe centrale et du sud, afin de mener simultanément la lutte pour les salaires et l’emploi contre les monopoles franco-allemands. L’action syndicale est essentielle dans ce domaine, mais peut-être que la CES n’est pas le cadre idéal de cette solidarité. Si cette solidarité internationaliste paraît à certains irréaliste, que dire alors de la thèse « détruire la mondialisation » ?
« détruire la mondialisation »
La mondialisation n’est pas quelque chose de nouveau, elle s’est développée au cours des millénaires. Mais c’est effectivement avec le triomphe de l’hégémonie US qu’elle a pris la forme que nous lui connaissons. Naturellement avec la fin de l’hégémonie US et l’apparition d’un monde multipolaire, elle devra prendre une autre forme aussi.L’opposition entre la nation française et la mondialisation n’existe pas ailleurs que dans le cadre réel de la France, c’est-à-dire capitaliste et impérialiste. Que signifie la « souveraineté monétaire de la France » ? Réellement il s’agit de la souveraineté de la BNP, Société Générale, Crédit Lyonnais, etc. Notre point de vue est matérialiste et nous ne parlons pas de la « souveraineté de la France » comme s’il s’agissait d’un pays imaginaire abstrait.
Dans une France socialiste nous ne pourrons plus parler de la même façon de la souveraineté monétaire parce qu’elle aura changé de nature. Nous visons la destruction des rapports impérialistes établis par notre pays, et non des rapports commerciaux et financiers en général.
Nous visons la destruction de la mondialisation capitaliste à travers la révolution dans notre pays, mais non du mouvement général de mondialisation, qui se poursuivra au-delà du capitalisme.
Sur l’Union Sacrée
Nous devrions nous interroger en tant que communistes internationalistes sur la position du « radical » Mélenchon à ce sujet, sur ce qu’il appelle indépendance nationale, sur ce qu’il entend par nation française, et lire ce qu’il écrit concernant les possessions coloniales françaises. La paternité du colonialiste Mitterrand ne s’y dément pas.Ces notions revêtent une importance essentielle aujourd’hui. Il s’agit du caractère de classe de la théorie marxiste, du matérialisme-dialectique, de l’économie politique.
Pour les théoriciens bourgeois les contradictions de classe doivent être abolies au profit de l’Union Sacrée. C’est la solution préconisée par les capitalistes pour résoudre la contradiction entre course aux profits et émergence des pays pauvres, entre domination impérialiste et développement des économies nouvelles. La débauche de drapeaux tricolores lors des ces élections n’est pas innocent, débauche largement partagée par Mélenchon aussi.
Macron a pour objectif de résoudre la querelle stérile gauche-droite et appelle à l’union du peuple pour sauver la France, c’est-à-dire celle du Capital. Le Pen défend aussi l’Union sacrée. Nous ne devons pas nous laisser abuser, ce genre de recette miracle ne date pas d’hier.
Le parti de la classe ouvrière
Notre situation est encore mauvaise, bien que nous ayons progressé dans notre unité de pensée. La classe ouvrière est divisée entre diverses tendances réformistes et parfois fascistes. Mais surtout elle n’a pas de parti et les communistes fidèles au marxisme-léninisme ne sont pas unis sur certains sujets importants.Jean Claude fait une hypothèse originale pour le moins en disant que la direction du pcf est « gauchiste ». On peut dire beaucoup de choses sur cette direction mais il faut définir ce qu’on entend par gauchisme, et gauchiste par rapport à quoi.
Il s’agirait par exemple de « spontanéité, qu’exprimerait le « mouvement social » … l’impatience et le volontarisme ». Ce n’est pas une définition du gauchisme.
Le gauchisme prône la révolution immédiate. La direction du pcf ne vise aucune révolution.
Le gauchisme rejette tout compromis. La direction du pcf n’est même plus dans la compromission, mais dans l’abandon de tout principe : abandon des principes marxistes-léninistes, abandon de la dictature du prolétariat, abandon de la méthode matérialiste-dialectique, abandon du centralisme démocratique, abandon de la faucille et du marteau, abandon de la société socialiste et communiste…La critique du gauchisme extérieur au pcf n’a-t-elle pas servi à justifier l’ensemble de ces abandons à l’intérieur, constituant une révision de droite, réactionnaire, de tous les principes fondateurs du parti communiste ?
Limiter l’action du pcf aux échéances électorales, s’unir à n’importe qui, n’importe quand et à des fins essentiellement électoralistes, uniquement dans le but de pousser au gouvernement un chef « de gauche » ex cagoulard sur la foi de ses propres allégations, et en faisant croire aux militants et sympathisants que l’avenir du pays en serait transformé, soutenir les socialos envers et contre tous, jusqu’à ce qu’ils soient honnis par l’immense majorité du peuple, se mettre à la remorque du mouvement social au lieu de le relier à l’objectif du socialisme, au point que la CGT est contrainte de jouer le rôle d’avant-garde (au risque de s’isoler), que le premier social-démocrate venu un peu plus « radical » que les autres passe pour un violent révolutionnaire, s’interdire de présenter son propre candidat, implorer des groupuscules issus du PS et du trotskisme de s’unir entre eux, se retrouver contraint de soutenir un candidat sans troupes, puis bafoué par lui-même, jeté comme une rondelle de citron…comment appeler ça de l’impatience et du volontarisme ?
Ceci ne s’appelle pas du gauchisme mais de l’opportunisme de droite.
Mais je reconnais qu’à cet endroit et à ce point les mots manquent parfois.
Jean Claude souligne très justement le détachement des réalités.
Ce détachement est une conséquence de l’abandon du matérialisme-dialectique. Cette théorie dit que les communistes partent des besoins réels des masses et non de leurs propres désirs, des besoins matériels et spirituels des plus opprimés et des plus exploités, et non des caprices d’une intelligentsia « de gauche ». Une analyse des classes s’impose pour définir qui sont nos ennemis et qui sont nos amis. Je parle d’une analyse des classes en fonction de leur place dans les rapports sociaux de production, et non d’une analyse des étiquettes et des diplômes de « radical », de « gauche », de « communiste », d’ « atterré », de « frondeur » et j’en passe.
C’est quand même incroyable que Marine Le Pen dénonce la situation catastrophique des masses populaires, les régions industrielles dévastées, la misère grandissante, le talon de fer des grandes entreprises sur les TPE, le désespoir des paysans, et même - c’est un comble - la loi Travail, au point (mais évidemment par pur calcul électoral) que les médias en aient fait le porte-drapeau de la lutte de classe !
Si le FN est parvenu au second tour n’est-ce pas parce que son programme était en apparence bien plus radical envers ce qu’il appelle « l’oligarchie », les pseudos « socialistes » et les puissances financières « mondialisées » ?
Ceci veut dire que la colère est grande dans les masses populaires, et d’autant plus grand si on considère les abstentions et les votes nuls.
Comment s’exprimera cette colère maintenant qu’elle n’a plus l’exutoire du Front National ?
Un repli communautariste, le racisme, le nationalisme chauvin, les émeutes de quartier isolées, les suicides de licenciés, des manifestations ponctuelles, un renforcement du FN ou des « insoumis » ?
A propos des insoumis et de la victoire immédiate
A leur propos la qualification de « gauchistes » par Jean Claude ne me paraît pas vraiment appropriée. Si on compare leur programme avec la ligne développée par P. Laurent, effectivement ce sont d’irréductibles radicaux. Mais comme on dit « au royaume des aveugles les borgnes sont rois ».Mais peu importe l’étiquette, c’est sur le fond de sa ligne politique que nous devrions nous accorder. Effectivement Mélenchon répète à chaque élection qu’on va « renverser la table ». Ce sont des mots. Les insoumis défendent un programme républicain bourgeois et chauvin où le révolutionnarisme n’est qu’apparent. Le gauchisme est pure façade.
Le fond de la ligne Mélenchon c’est Keynes : la relance par l’injection de capitaux dans la consommation. Mais dans le cadre actuel du capitalisme ce projet est forclos. Que fera Mélenchon qui soit différent de ce qu’ont fait ses amis de Syriza ?
La VIe république est un changement purement quantitatif pour la république bourgeoise. Mélenchon est contre le socialisme. Il est anti communiste. Il hors de question pour lui de remplacer la république bourgeoise par une démocratie populaire ou d’exercer la dictature du prolétariat sur le CAC 40.
Il n’y pas de victoire immédiate, évidemment. D’abord parce que la première urgence, celle qui détermine tout le reste, y compris la lutte contre le fascisme ou la fascisation de l’Etat, n’est pas de continuer à s’acoquiner avec les chefs sociaux-démocrates, mais de reconstituer le parti de la classe ouvrière.
Le parti de la classe ouvrière devrait s’inspirer de la « bolchévisation » menée du temps de Thorez, et qui avait donné au pcf son caractère de classe, en organisant les ouvriers les plus conscients, les plus exploités, les plus combatifs.
Jean Claude fait d’importantes remarques sur les premières mesures économiques que pourrait prendre une société socialiste. Il a raison de poser ces questions. Trop longtemps nous en sommes restés à la même vision keynésienne que Mélenchon et d’autres, où l’état distribuerait ses largesses, mais sans léser les capitalistes.
Sur le fond notre objectif devrait viser le renversement de l’Etat, la propriété des grands moyens de production, puis la transformation révolutionnaire de la société, le socialisme et le communisme, et non de changer son étiquette ou les rapports du président avec l’assemblée.
Mais d’abord il nous faut un parti fondé sur le marxisme-léninisme, conservant la mémoire du passé et s’appuyant sur les faits actuels.
Un débat se fera certainement à propos des multiples « mouvements », tendances et factions apparus à l’occasion des présidentielles ou après l’échec de tel ou tel candidat. Il semble que ce soit la mode de dissimuler les casseroles et les gamelles en escamotant les noms des partis, ou bien d’éviter les débats et le choix accepté par tous, en créant des petits groupes « unis » mais que tout oppose. Le mouvement de Mélenchon n’échappe pas à cette règle.
Contrairement aux vues de Badiou, l’organisation en parti est la seule qui permette simultanément l’exercice de la démocratie et l’action concertée, à condition évidemment d’appliquer le centralisme démocratique.
Dans l’immédiat, nous savons que le gouvernement va déclencher les hostilités.
L’unité devra certainement se réaliser entre la classe ouvrière et les classes populaires qui lui sont proches, mais – et c’est un enseignement de la lutte contre la loi travail - pour aller au bout de ses objectifs cette unité doit être dirigée par la classe ouvrière et son parti révolutionnaire, son parti communiste, et non par des théoriciens décroissants, souverainistes ou insoumis, pour qui les intérêts matériels des prolétaires constituent avant tout des arguments de campagne.
Partant de là l’unité avec les insoumis se présente simplement : Mélenchon soutient la lutte de classe ou bien il s’y oppose. Quand je dis qu’il peut s’y opposer, ce n’est pas une vue de l’esprit. Et c’est le critère de l’unité.
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