dimanche 26 mai 2019

Réveil Communiste

Ce blog s'adresse aux communistes militants ou sympathisants, membres du PCF ou non, en France ou dans le monde. Son nom est son programme.

Vous qui avez voté, vous pouvez m'expliquer?

26 Mai 2019 , Rédigé par Réveil CommunistePublié dans #Élections, #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Euroboycott, #GQ



26 mai à 19:48


Vous pouvez m'expliquer ? Aux présidentielles j'ai mis un bulletin blanc dans l'urne (funéraire) pour le second tour. Ni le Pen ni Macron. On a essayé de culpabiliser voire de menacer celles et ceux qui ont fait ce choix.

Aujourd'hui beaucoup se mordent les doigts d'avoir voté Macron et aux Élections européennes les mêmes veulent battre Macron et voter Le Pen ou pour les petits partis.

Cette fois je refuse d'aller mettre un bulletin de vote même blanc pour ce nouvel enfumage.

L'Union Européenne nous enfume pour nous faire croire qu'il est possible d'y envoyer des députés même honnêtes (bon ça doit bien exister au moins au début de leur mandat) afin de la changer. Cette Union Européenne, c'est l'union sacrée de l'argent, des lobbies, des banquiers, financée pour éponger les dettes des riches, étouffer les peuples sous des lois liberticides, les soumettre à l'économie et à la finance et leur faire endosser et rembourser une soi-disant dette à rallonge.

Cette Europe est un objet de manipulation, de mensonge d'État pour continuer à nous presser le citron, alors qu'en 2005 les français avaient voté NON au référendum sur la constitution européenne. Il semblerait que les français aient un grand trou de mémoire pour être allés voter à ces élections qui n'apporteront rien au peuple et qui cautionnent le système ultralibéral.

Bref je suis fière d'avoir fait acte de désobéissance à ce pseudo système démocratique. Je ne suis pas allée aux urnes pour cautionner cette dictature de la finance sur les droits des citoyens. Allez-y de vos culpabilisations, je reste sûre de mon choix car c'est un choix conscient sur ce qui se prépare, ce qui est déjà là avec le mouvement des GJ qui ne trouve que la répression policière pour seule réponse de ce gouvernement. Alors cette Union des très riches je vous la laisse. Moi je regarde ce qui se passe ici et maintenant et qui augure du pire comme du meilleur, tout dépend de ce que nous en ferons. Oui j'irai voter, aux élections nationales qui ont peut être encore du sens bien que je puisse en douter parfois.

PN, 26 mai 2019

Vous aimerez aussi :

Réveil Communiste pour l'abstention aux élections européennes


Mélenchon analyse sans complaisance la défaite des Insoumis dans l'Essonne


Législative partielle dans l'Essonne : qu'est ce qui cloche?


Farida Amrani, candidate FI sur la circonscription de Valls


Réveil Communiste est animé par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958, professeur d'histoire, membre du PCF et du SNES.

Le blog reproduit des documents pertinents de son point de vue. Cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu. Il faut les lire comme une revue de presse. Les textes originaux, écrits par l'animateur seul ou en collaboration et dont il endosse pleine et entière responsabilité sont publiés dans la catégorie GQ, accessible directement dans la barre de menu. Ils sont reproductibles, sans modification, à condition d'en mentionner l'origine, et sauf demande contraire.

La ligne politique est de travailler à la création d'un parti du prolétariat moderne, qui n'existe pas encore, et à l'unification des forces communistes en France, par la voie de l'union et de l'action, sans opportunisme électoraliste, ni sectarisme groupusculaire. Le PCF n'est pas ce parti, car sa ligne et son évolution se comprennent essentiellement par son agenda exclusivement électoral, et il n'y a plus aucune possibilité de l'infléchir.

Les commentaires ne sont pas censurés, sauf abus (insultes, diffamation, mythomanie, publicité, ou bêtise manifeste).




Ça n'empêche pas Nicolas

Blog de Jean Lévy sur l'actualité politique au jour le jour.
Accueil
Contact

Les gilets jaunes toujours là, acte XXVIII !26 Mai 2019


Les gilets jaunes toujours là, acte XXVIII !
in girum imus nocte


et consumimur igni


Alors que les médias se concentrent sur les élections européennes qui ne serviront à rien de d’autre que de mesurer l’étiolement de la popularité de Macron, les gilets jaunes continuent à se mobiliser. Certes ils sont moins nombreux au fil des semaines et des mois, mais tandis que Castaner-le-menteur avançait le chiffre de 12 500 manifestants, le syndicat France Police considérait que la mobilisation était restée la même d’une semaine sur l’autre, aux alentours de 55 000 dans toute la France[1].

Pour que cela continue toujours après plus de 6 mois, il faut vraiment que le mouvement soit profondément enraciné dans ses certitudes. Evidemment les médias appuient sur le fait que les manifestations sont bien moins fournies, dissociant dans leur lâche soulagement l’effritement de la mobilisation de la répression féroce, de la terreur macronienne et des interdictions prononcées ici et là de manifester.

Mais Macron est un très mauvais stratège. C’est sans doute cet entêtement imbécile à faire plier le genou des gilets jaunes en les massacrant de façon hebdomadaire qui va lui coûter les élections européennes le 26 mai 2019. Sa défaite est annoncée, la seule question est de savoir quelle sera son ampleur. S’il faut faire le lien entre les gilets jaunes et les élections européennes, c’est parce que curieusement, il devrait y avoir une hausse de la participation de 2 points, à 47%, non pas parce que les Français deviendraient tout soudain européistes et qu’ils comprendraient la nécessité d’un parlement européen, mais parce que pour eux c’est d’abord la manière la plus simple de sanctionner Macron, et comment le sanctionner ?

Et bien en votant pour la liste du Rassemblement National !

Cette nouvelle forme de vote utile ne réhabilitera pas pour autant l’élection, ni même le RN. J’ai dit pourquoi l’abstention me paraissait toujours être un meilleur choix, plus en accord avec l’esprit du mouvement des gilets jaunes[2].

Evidemment les macroniens vont vous dire que c’est bien la preuve que les gilets jaunes étaient de droite dès le début puisqu’ils vont voter le 26 mai pour le RN.

Mais non, ils voteront RN pour faire perdre Macron, et uniquement pour cette raison. Il serait par ailleurs stupide de croire que tous les gilets jaunes vont voter pour le RN, même pour emmerder Macron, la plupart feront comme la majorité des Français, ils s’abstiendront.



A Montpellier

Mais par ailleurs les choses évoluent et dans un sens qui ne va pas plaire à Macron. Le syndicat France Police rappelait dans le post que nous avons cité qu’un CRS allait être renvoyé devant la Cour d’assises pour un tir de grenade non justifié qui aurait entraîné des infirmités.

Certes c’était dans le cadre des manifestations contre la loi El Khomri, en 2016, mais on voit d’ici ce qui pourrait se passer dans les semaines à venir quand plusieurs affaires de ce type arriveront à passer les différentes étapes et les embûches qui sont mises sur la route des plaintes que les manifestants peuvent déposer contre les abus en tous genres que la police opère, que ce soit en termes d’arrestations arbitraires, de matraquages inconsidérés, de tirs de grenades ou de LBD40. Malgré la vigilance des parquets, bien tenus par Belloubet, il y a la vigilance des collectifs d’avocats qui commence à avancer.

Mais quoique les manifestations soient annoncées comme peu fournies, la police a tout de même user de grenades lacrymogènes et n’a toujours pas abandonné l’idée de réprimer violemment toutes les manifestations qui déplaisent à Macron.



A Paris des tirs de grenades lacrymogènes

Et puis la répression n’atteint pas seulement les gilets jaunes. On a vu la semaine dernière la DGSI convoquer comme au temps du Maréchal Pétain des journalistes qui auraient trahi le secret défense dans leur enquête sur les turpitudes de Benalla[3].

Sur ce coup le journal Le monde, le premier concerné, a bien été obligé de réagir. Cette convocation saugrenue a d’ailleurs été critiquée à l’étranger. Il est vrai que le patron de la DGSI, Nicolas Lerner, fraîchement nommé par Macron n’est pas du genre à y aller avec le dos de la cuiller, c’est lui qui avait suggéré que les gilets jaunes étaient manipulés par l’étranger[4] !

Ruffin a fait un tabac avec son film sur les gilets jaunes, J’veux du soleil, mais il y a un autre film qui tourne maintenant sur Internet et qui montre la face obscure du pouvoir macronien. Ça s’appelle Gilets jaunes, une répression d’Etat. Ce montage documentaire, tout à fait édifiant, montre que la logique dans laquelle nous sommes aujourd’hui est bien celle d’une guerre de classes avec de grands moyens.

Alors il est bien possible que les gilets jaunes perdent une bataille, mais la guerre sera longue, très longue, de nombreux événements vont influer sur le sort de Macron, que ce soit sa défaite aux élections européennes, ou ses disputes avec Merkel pour imposer un président à la Commission européenne, Merkel penche pour Manfred Weber, encore un Allemand, tandis que Macron aimerait placer quelqu’un qui serait plus proche de lui.

Et puis il y a ce qui va se faire dans les jours et puis les mois qui viennent au Royaume Uni, un divorce sans accord avec l’Union européenne risque de montrer que nous n’avons rien à craindre d’une séparationCe serait un tort de croire que les élections européennes et les gilets jaunes sont deux sujets différents : ce sont les mêmes. Beaucoup de gilets jaunes comprennent que seule la sortie de l’Union européenne permettra des avancées sérieuses.

Mais en outre, on sait que les gilets jaunes sont suivis dans toute l’Europe comme un exemple sur lequel il convient de s’interroger. Une défaite de Macron aux élections européennes entraverait pour un moment ses velléités de réformes tout azimut, et cela obligerait les partis de gauche et les syndicats à être un peu plus combattifs. On a appris que Laurent Berger, le collaborateur du MEDEF et l’ami de l’Europe, avait été élu à la tête de la Confédération européenne des syndicats, avec la bénédiction de la CGT d’ailleurs[5].

Cette nomination pose question, au moins en France, parce que la CGT est complètement à la traîne, et qu’elle a des difficultés à assumer un double langage, soutenir Laurent Berger à Vienne, et le critiquer à Paris. Laurent Berger était le seul candidat et il a été élu avec plus de 95% des votants ! C’est dire dans quel état de décrépitude se trouve le syndicalisme européen. Dans ce contexte, même si Martinez continue son insipide politique de collaboration, les gilets jaunes vont encore plus apparaître comme la seule force véritable de défense des travailleurs et des petites gens.

Certes on sait très bien qu’il y a des sections d’entreprise de la CGT ou même de la CFDT qui mènent un combat courageux et important, mais aux échelons supérieurs, la bureaucratie freine des quatre fers.

C’est ce qui explique sa volonté de marginaliser les gilets jaunes et de les appuyer le moins possible. Mais dans contexte actuel, cela passe pour une démission car il n’a échappé à personne que les gilets jaunes ont obtenu bien plus en 6 mois de lutte que les syndicats en 15 ans de défilés.

La manière honteuse dont la CGT s’est faite attaquée le 1er mai dernier, sans réaction sérieuse, en dit long sur la fin de ce syndicat : l’opposition ne se trouve plus ni dans les partis, ni dans les syndicats, mais dans la rue, clairement. Et donc même si le mouvement des gilets jaunes devait s’arrêter à l’acte XXVIII, il reprendrait immanquablement sous une autre forme aujourd’hui ou demain, mais sûrement dans une brève échéance.



Sur le Vieux Port



[1] https://france-police.org/2019/05/25/participation-a-lacte-28-des-gilets-jaunes-et-crs-renvoye-devant-les-assises-pour-un-lance-injustifie-de-grenade-lacrymogene-le-point-a-17h/


[2] http://in-girum-imus.blogg.org/abstention-aux-elections-europeennes-a163420534


[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/23/vague-de-protestations-apres-de-nouvelles-convocations-de-journalistes-par-la-dgsi_5466004_3224.html?fbclid=IwAR1qA7PZn5Lz8oHCtJ5Ewnzk-5233A4HR0L1kV9_POxWyxsJHvCAiIxEaSU


[4] https://francais.rt.com/france/59274-selon-patron-dgsi-etranger-voudrait-amplifier-gilets-jaunes-fake-news


[5] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/05/24/laurent-berger-elu-a-la-tete-de-la-confederation-europeenne-des-syndicats_5466411_823448.htmlTag(s) : #Gilets jaunes

Partager cet article


0Save
Repost0

S'inscrire à la newsletter

Vous aimerez aussi :

«Tout sauf Macron» : Pour qui votent les Gilets jaunes aux Européennes ?


Article publié depuis Overblog


Réponse de "Ca n'empêche pas Nicolas" à des gilets jaunes qui voudraient d'abstenir


VIDEO - A quoi servent les élections européennes ? Réponse des GJ de l’Ile St Denis

Union européenne : C'est l'illusion d'une possible "Europe sociale" qui fait le jeu de l'extrême droite !
Commenter cet article




Newsletter


Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Email


Catégories

#Lutte de Classe5141
#Contre l'impérialisme5126
#Europe3787
#Politique française3167
#Lutte de classes1852
#Internationalisme1683
#Histoire1245
#Social1172
#Economie1169
#Libertés897
#Pages d"écriture815
#international781
#Impérialisme731
#Médias637
#Politique613
#Education nationale547
#Culture472
#Etats-Unis383
#Idéologie282
#Capitalisme263
#Services publics262
#Union européenne240
#Russie233
#Syrie224
#Amérique latine Venezuela198


Archives

2019
Mai205
Avril237
Mars231
Février201
Janvier245
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010
2009
2008
2007
1970
0015


Liens

EL DIABLO
RÉVEIL COMMUNISTE
CANAILLE LE ROUGE
COMITÉ VALMY
ROUGE MIDI
ACTION COMMUNISTE
PCF BASSIN D'ARCACHON
SOLIDARITÉ INTERNATIONALE PCF
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de Cookies pour réaliser des statistiques de visite, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d'intérêt et pour faciliter le partage d'information sur les réseaux sociaux. Pour en savoir plus cliquez ici ou paramétrez vos cookies en cliquant iciOK j'ai compris

Voir le profil de Jean Lévy sur le portail Overblog
Top articles
Contact
Signaler un abus
C.G.U.
Cookies et données personnelles

samedi 25 mai 2019


Le conflit Pékin-Washington va-t-il plonger l'économie mondiale en récession?
Publié le vendredi 24 mai 2019 à 19 h 50
La politique protectionniste de Donald Trump maintient l’incertitude et pousse des entreprises à reporter des investissements à plus tard, souligne Gérald Fillion. Photo: Reuters / Jonathan Ernst



Gérald Fillion



C'est un véritable cri du coeur qui a été lancé par le FMI cette semaine à l'endroit des deux plus grandes puissances économiques du monde, les États-Unis et la Chine, qui se livrent ce qui ressemble de plus en plus à une guerre commerciale. La croissance mondiale est en jeu, puisque 40 % de l'activité économique sur la planète dépend de ces deux pays. D'autant que, depuis trois ans, 60 % de la hausse du PIB mondial relève de l'activité aux États-Unis et en Chine.

« La nouvelle escalade pourrait sérieusement détériorer le climat d’affaires et la confiance des marchés financiers, perturber les chaînes de production et compromettre la reprise de la croissance mondiale prévue en 2019 », selon l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Gita Gopinath.

Cette escalade est arrivée rapidement. Alors que le président des États-Unis envoyait des signaux positifs sur la conclusion prochaine d’une entente commerciale, d’un coup sec, la relation s’est brouillée. Les Américains ont accusé les Chinois de revenir sur certains de leurs engagements. Pékin a rétorqué que les États-Unis menaçaient la souveraineté de la Chine.

Depuis, le ton monte et les deux parties ont cessé de négocier. Jeudi, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, s’en est pris violemment au géant des télécommunications Huawei en déclarant que son PDG mentait à la face du monde entier en affirmant que son entreprise ne travaille pas pour le gouvernement chinois et ne se livre pas à des activités d’espionnage.

« Nous avons besoin d'un seul système permettant d'échanger de l'information, a dit Mike Pompeo. Mais ce système doit avoir les valeurs de l'Occident : règle de droit, protection de la propriété intellectuelle, transparence, ouverture, etc. Ce ne peut pas être un système basé sur les principes d'un régime communiste autoritaire. »

Le président Trump a déclaré que Huawei était une entreprise dangereuse. Pékin a répliqué en affirmant que les États-Unis propageaient des informations inventées. « Ces derniers temps, a déclaré Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, certains responsables politiques américains ont continuellement inventé des rumeurs sur Huawei, mais n'ont jamais produit les éléments de preuve demandés par plusieurs pays. »
Des centaines de milliards en jeu

Depuis les manifestations réprimées dans le sang de la place Tiananmen, le PIB de la Chine a été multiplié par 30. La valeur de l’activité économique est aujourd’hui 30 fois plus grande qu’il y a 30 ans, la Chine est maintenant la deuxième puissance économique de la planète.

C’est aussi le principal créancier des États-Unis. Pékin détient plus de 1100 milliards de dollars d’obligations américaines.

La Chine, par ailleurs, a exporté pour 539 milliards de dollars américains de biens aux États-Unis en 2018. C’est une intense relation commerciale que vivent les deux pays.

Des entreprises comme Nike, Adidas et Puma demandent notamment à l’administration Trump de retirer les chaussures de la liste des produits fabriqués en Chine et qui pourraient être frappés de tarifs douaniers de 25 % si les États-Unis étendaient leur application à l’ensemble des biens importés de Chine.

« La proposition de tarifs douaniers additionnels de 25 % sur les chaussures serait catastrophique pour nos consommateurs, nos entreprises et l'économie américaine dans son ensemble, affirment ces entreprises dans une lettre envoyée au président. En 2017, la Chine représentait environ 41 % de toutes les importations de vêtements, 72 % de celles de chaussures et 84 % de tous les articles de voyage importés aux États-Unis. »

Ces obstacles tarifaires représentent, dans les faits, une taxe à la consommation pour les citoyens américains. Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, l’a implicitement reconnu cette semaine en affirmant que certains produits pourraient coûter plus cher en sol américain, en raison des tarifs douaniers imposés à la frontière, qui sont payés par les importateurs américains, mais qui sont refilés aux consommateurs.

Non seulement les prix au détail grimpent plus rapidement, mais les producteurs agricoles sont touchés par la riposte chinoise, qui impose également des barrières douanières. Les exportations américaines de soja sont passées de 12 milliards de dollars américains en 2017 à 3 milliards en 2018. Washington a annoncé, jeudi, un nouveau soutien pour l’industrie agricole : 16 milliards de dollars cette année, contre 12 milliards en 2018.

Le FMI a fait passer sa prévision de croissance mondiale en 2019 de 3,7 % à 3,3 % depuis le début de l’année.
L’intérêt politique d’abord

Dans une brillante analyse publiée lundi sur le site de Bloomberg, le professeur d’économie et chroniqueur Tyler Cowen écrivait que les possibilités de voir Donald Trump remporter un deuxième mandat présidentiel sont en hausse.

« Un facteur à peine remarqué dans tout cela, écrit-il, c’est la perception croissante que la Chine représente une menace pour les intérêts occidentaux. Les citoyens américains sont bien au fait que les États-Unis sont engagés dans une guerre commerciale avec la Chine, un conflit qui va sans doute provoquer une montée du nationalisme. »

Cette situation sert parfaitement les intérêts politiques de Donald Trump, selon ce professeur, tout en plaçant les démocrates dans une situation délicate. « Les démocrates critiquent les tarifs douaniers du président Trump depuis un certain temps et il sera peut-être difficile pour eux de modifier leur message [...]. Leur soutien aux accords de libre-échange, surtout le Partenariat transpacifique, qui aurait pu servir de solution de rechange à la politique sur la Chine, complique les choses. Le résultat net, c’est que les républicains seront probablement en mesure d’utiliser l’enjeu de la Chine à leur avantage dans les prochaines années. »

Il est vrai que les États-Unis ont le soutien de plusieurs de leurs alliés dans la charge qui est livrée contre la Chine. Le capitalisme d’État, autoritaire et dirigé, exaspère plusieurs pays, qui veulent des changements structurels et la fin des violations de propriété intellectuelle et du dumping chinois dans certains secteurs.

Mais, à quel prix cette bataille est-elle menée? Le président Trump attaque la Chine, le Mexique, la Réserve fédérale, accuse tout un chacun de ralentir l’économie ou d’exploiter les États-Unis dans leurs relations commerciales.

Mais, pour l’instant, c’est davantage sa politique protectionniste qui maintient l’incertitude et qui pousse des entreprises à reporter des investissements à plus tard. Autant sa baisse d’impôt a stimulé temporairement l’économie, autant ses tarifs douaniers et sa politique belliqueuse avec ses partenaires économiques perturbent la croissance.




Économie en continu


VENDREDI 24 MAI
19 h 50
Le conflit Pékin-Washington va-t-il plonger l'économie mondiale en récession?

19 h 20
Charte des voyageurs

19 h 20
ZOOM : des satellites pour un réseau planétaire

19 h 19
L'incertitude persiste sur le BREXIT

19 h 19
Pipeline et économie verte

19 h 19
Édition du 24 mai 2019

12 h 00
Les travailleurs d'usines sont à bout de souffle dans la Péninsule acadienne

05 h 05
La Chine à la conquête de l’Arctique

00 h 35
Caroline Néron échappe à la faillite

JEUDI 23 MAI
19 h 30
Chrystia Freeland discutera de la ratification de l'ACEUM avec Mike Pence

19 h 17
Prospectives #156 : le déclin des insectes

19 h 17
ZOOM : immobilier de prestige en panne

19 h 17
Exportations de voitures volées : un marché lucratif

19 h 17
Les répercussions de l'immigration sur le PIB

19 h 16
Édition du 23 mai 2019

19 h 07
Le ministre québécois des Finances à Edmonton pour mieux collaborer

07 h 20
Un commerce de la rue Saint-Jean ferme après 27 ans en raison des taxes municipales

05 h 19
Le cannabis, une aubaine pour Hydro-Québec

MERCREDI 22 MAI
23 h 07
Cannabis : la SQDC prévoit des bénéfices de 20 millions d'ici mars 2020

23 h 00
L'Alberta mise sur les emplois et la croissance, et écarte la taxe sur le carbone


ICI Première - Émission Spécial Chine

Les plus populaires
Cannes : À qui la Palme d'or?

FESTIVAL DE CANNES 2019
Cannes : À qui la Palme d'or?
Le compte Twitter de <em>Tout le monde en parle</em> suspendu

TÉLÉ
Le compte Twitter de Tout le monde en parle suspendu
Everest&nbsp;: «&nbsp;Jamais je n’irais au sommet dans ces conditions-là&nbsp;», dit Bernard Voyer

ALPINISME ET ESCALADE
Everest : « Jamais je n’irais au sommet dans ces conditions-là », dit Bernard Voyer
Guerre d’ego à la CAQ

POLITIQUE PROVINCIALE
Guerre d’ego à la CAQ
La station Beaudry change de visage, mais la métamorphose est loin d'être terminée

TRANSPORT EN COMMUN
La station Beaudry change de visage, mais la métamorphose est loin d'être terminée

Infolettre




L'information vous passionne? Nous aussi! Abonnez-vous à notre infolettre pour ne rien manquer.


S’inscrireVoir l'édition d’aujourd’hui





Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !Afficher les commentaires



Vous avez repéré une coquille?Signalez-la-nous



Vous êtes témoin d’un événement?Partagez vos infos



Vous avez des questions sur notre travail?Consultez nos Normes et pratiques journalistiques
Commerce
Caroline Néron échappe à la faillite

COMMERCE
Caroline Néron échappe à la faillite
Un commerce de la rue Saint-Jean ferme après 27 ans en raison des taxes municipales

COMMERCE
Un commerce de la rue Saint-Jean ferme après 27 ans en raison des taxes municipales
L'OCDE revoit sa prévision de croissance à la baisse, sur fond de tensions commerciales

COMMERCE
L'OCDE revoit sa prévision de croissance à la baisse, sur fond de tensions commerciales
Les tarifs sur l'acier et l'aluminium officiellement levés

MÉTAUX ET MINERAIS
Les tarifs sur l'acier et l'aluminium officiellement levés
Économie
Charte des voyageurs

Charte des voyageurs (Regarder la vidéo)02:17
RDI ÉCONOMIE
Charte des voyageurs
ZOOM : des satellites pour un réseau planétaire

ZOOM : des satellites pour un réseau planétaire (Regarder la vidéo)00:52
RDI ÉCONOMIE
ZOOM : des satellites pour un réseau planétaire
L'incertitude persiste sur le BREXIT

L'incertitude persiste sur le BREXIT (Regarder la vidéo)06:05
RDI ÉCONOMIE
L'incertitude persiste sur le BREXIT
Pipeline et économie verte

Pipeline et économie verte (Regarder la vidéo)07:32
RDI ÉCONOMIE
Pipeline et économie verte

Accessibilité
Aide
Contactez-nous

Applications mobiles
Communiqués(Nouvelle fenêtre)
Conditions d’utilisation
Emplois(Nouvelle fenêtre)
Ombudsman(Nouvelle fenêtre)
Plan de site
Services français de Radio‑Canada(Nouvelle fenêtre)
Vie privée
Visit cbc.ca(new window)
(nouvelle fenêtre)Tous droits réservés © Société Radio‑Canada 2019.
Haut de page



vendredi 24 mai 2019

ZOOM SUR LE MONDE  

FRANÇOIS NORMAND
PARTAGER
SUIVRE PAR RSS

Pourquoi Xi Jinping ne renoncera jamais au Made in China 2025
Publié le 11/05/2019 à 08:45

À LIRE ENSUITE:   

Ceci n'est pas du communisme






Le président chinois Xi Jinping lors d'un discours à Pékin le 30 avril (source photo: Getty)

ANALYSE GÉOPOLITIQUE – La politique industrielle chinoise Made in China 2025 est au cœur de la guerre commerciale entre Pékin et Washington. Le président Donald Trump veut la démanteler parce qu’elle menace les intérêts américains. Il devra déchanter, car son homologue Xi Jinping ne renoncera jamais à cette politique.


Pourquoi? Parce qu’elle est vitale pour le développement économique et social de la Chine, en plus d’être le projet du président Xi pour faire à nouveau de la Chine une grande superpuissance -il s’est même arrogé la présidence du pays à vie pour y parvenir.


Aussi, à moins que Washington ne réduise ses attentes, la guerre commerciale entre les deux géants du Pacifique -qui vient de s’intensifier avec la hausse de tarifs douaniers de 10% à 25% sur 200 milliards de dollars américains d’importations chinoises- pourrait durer encore très longtemps, disent des spécialistes.


Découvrez mon dernier livre Zoom sur le monde: 20 clés géopolitiques pour comprendre le monde à l'ère de Trump.


Les investisseurs et les entreprises canadiennes présentes aux États-Unis dont la chaîne d’approvisionnement est liée à la Chine doivent donc en tenir compte dans leur gestion des risques et leur gestion des opérations.


Pour les États-Unis, le Made in China 2025 n’est rien de moins qu’une stratégie pour acquérir ses technologies, en forçant les entreprises américaines actives en Chine à faire d’importants transferts technologiques pour avoir accès au marché chinois.


Lancée en 2015, cette politique industrielle chinoise vise deux grands objectifs, selon diverses analyses :


Faire de la Chine LA puissance manufacturière mondiale en 2049 en termes de qualité, année où le pays célébrera le centenaire de la fondation de la Chine communiste.



Accroître l’autosuffisance de la Chine en matière de hautes technologies, en réduisant sa dépendance aux importations des pays occidentaux et en ayant davantage de contenu chinois dans les produits vendus dans le pays (le seuil passera de 40% en 2020 à 70% en 2025).



Le Made in China 2025 met l’emphase sur dix secteurs clés, comme on peut le voir sur cette infographie du site Asia Briefing.











Cette politique vise aussi à stopper la perte de compétitivité de l’industrie chinoise, alors que les salaires en Chine augmentent plus rapidement que les gains de productivité.


Résultat? Le pays devient moins attrayant pour les investisseurs étrangers.


Les investisseurs japonais, chinois et sud-coréens investissent d’ailleurs de plus en plus dans des pays à plus faibles coûts de production en Asie du Sud-Est tels que le Vietnam et le Cambodge, selon le Financial Times de Londres.


Bien entendu, la Chine demeure «l'usine» du monde, mais elle risquait de devenir une puissance manufacturière à moyenne valeur ajoutée si Pékin ne corrigeait pas le tir.


Enfin, il y a aussi des considérations politiques derrière le Made in China 2025.


«À l’heure où l’économie chinoise ralentit, l’adoption de ces industries et technologies émergentes est considérée comme un moyen essentiel de maintenir et d’améliorer la croissance», souligne le magazine japonais The Diplomat.


Selon plusieurs spécialistes, la Chine a besoin d’une croissance économique relativement élevée pour créer des millions d’emplois, assurer la stabilité sociale dans cet État policier et, surtout, assurer le maintien au pouvoir et la survie du parti communiste.


Comment fonctionne le Made in China 2025


Regardons maintenant comment se déploie le Made in China 2025, qui inquiète tant les États-Unis, mais aussi Allemagne, qui vient de se doter d’une politique industrielle pour contre-attaquer la politique chinoise.


En fait, le Made in China 2025 accélère les efforts antérieurs de Pékin de consacrer plus de ressources et d’intensifier la planification des politiques afin de coordonner les activités des gouvernements, des entreprises privées et du monde universitaire, souligne le magazine Foreign Affairs.


Selon cette publication américaine, ces efforts comprennent des politiques connues publiquement, mais aussi des actions «plus opaques». Ces tactiques incluent plusieurs éléments :


Fixer des objectifs explicites : à la fois par la définition d’objectifs publics et par la coordination officieuse et indirecte, les dirigeants chinois encouragent les entreprises privées et publiques à orienter leurs décisions en fonction des priorités du Made in China 2025.

Fournir des subventions directes : Pékin augmente son soutien direct aux 10 industries chinoises prioritaires grâce à un financement public, à des prêts à faible taux d'intérêt, à des allégements fiscaux et à d'autres subventions. Ce soutien pourrait atteindre plusieurs centaines de milliards de dollars américains (G$), selon certaines estimations.

Investir à l’étranger et faire des acquisitions : Pékin encourage les entreprises chinoises, tant privées que publiques, à investir dans des sociétés étrangères, notamment des sociétés de semi-conducteurs, pour avoir accès à des technologies de pointe. Aux États-Unis seulement, les acquisitions chinoises ont totalisé plus de 45 G$US en 2016, selon le Rhodium Group.

Mobiliser les entreprises soutenues par l'État : une grande partie de cet investissement de 45 G$US provient de sociétés d’État, d’entreprises ou de fonds soutenus par Pékin. Les réformes économiques des années 1990 ont réduit le rôle des entreprises publiques dans l’économie, mais elles représentent toujours un tiers du PIB et environ deux tiers de l’investissement chinois à l’étranger.

Forcer les transferts technologiques : les sociétés étrangères se plaignent que pour investir ou faire des affaires en Chine, elles doivent former des coentreprises avec des sociétés chinoises dans des conditions les obligeant à partager de propriété intellectuelle sensible et un savoir-faire technologique de pointe. La Chine a déjà utilisé cette stratégie pour acquérir des technologies étrangères, et ce, des batteries ferroviaires à grande vitesse aux batteries de véhicules électriques.



Washington et Pékin devront faire des compromis



Bien malin qui peut prévoir comment évoluera la guerre commerciale qui vient de s’intensifier entre les deux principales économies de la planète. Chose certaine, Pékin et Washington devront mettre de l’eau dans leur vin.


La Chine doit faire un sérieux examen de conscience.


Le géant asiatique doit comprendre que sa manière de forcer les transferts technologiques en Chine et sa campagne mondiale d’acquisitions de joyaux industriels et technologiques inquiètent et irritent plusieurs pays, à commencer par les États-Unis.


À terme, Pékin doit aussi accepter la réciprocité économique avec ses partenaires commerciaux et respecter leur propriété intellectuelle en Chine, ce qui représente tout un défi pour un régime communiste, sans État de droit indépendant.


Pour sa part, les États-Unis doivent accepter que la Chine a le droit légitime de se développer et d’aspirer à devenir la première puissance manufacturière en termes de qualité dans le monde, même si cela menace des entreprises américaines.


Du reste, les Américains ne sont pas démunis face à la Chine.


Les États-Unis sont un pays d’innovation, qui est doté d’immenses ressources naturelles, matérielles, financières et humaines, sans parler de son esprit entrepreneurial qui fait l’envie du monde entier.


Les Américains n’ont qu’à se battre pour garder leur leadership en matière de haute technologie, comme ils l’ont fait durant la guerre froide (1945-1991) contre l’ex-Union soviétique à coup d’innovations et de révolutions technologiques comme l’internet.


En revanche, Donald Trump doit renoncer à vouloir démanteler la politique Made in China 2025; cela n’arrivera pas, affirment des spécialistes.


Car Xi Jinping n’abandonnera jamais sa politique et son «China Dream».


Vendredi 24 mai 2019.
Julian Assange fait face à de nouveaux chefs d’inculpation aux États-Unis. « Monnaie d’échange commode » dans la guerre qui oppose le président Donald Trump à l’« État profond », comme l’explique Juan Branco dans le portrait qu’il lui consacre dans le numéro du mois, Assange risque désormais plus d’un siècle de prison au titre de l’Espionage Act. C’est la première fois dans l’histoire que cette loi serait utilisée contre un journaliste — qualité que lui dénie la justice américaine — s’il était extradé outre-Atlantique. La Suède, qui a rouvert l’enquête pour viol qui le concerne, demande également son extradition à la justice britannique. Lui aussi visé par l’Espionage Act, le lanceur d’alerte Edward Snowden (lire « Géopolitique de l’espionnage »)évoque sur Twitter une affaire qui dépasse largement le cas d’Assange et engage l’avenir des médias en général.
Un héros devenu l’homme à abattre

L’indomptable Julian Assange

Réfugié politique depuis 2012 dans l’ambassade d’Équateur à Londres, Julian Assange a été livré aux autorités britanniques le 11 avril. S’il est extradé aux États-Unis, le fondateur de WikiLeaks risque gros. En dévoilant des millions de documents sensibles, il a fait le travail qu’on attend des journalistes ; est-ce pour cela que tant de ses confrères l’ont abandonné ?
JPEG - 139.3 ko
Denis Castellas. — « Secret Defense », 2009.
À Londres, ce 9 novembre 2016, l’aurore peine à naître. Un Australien de 45 ans, haut d’un mètre quatre-vingt-huit, s’affaire, recroquevillé sur son ordinateur. Au rez-de-chaussée d’un bâtiment en brique, caressant sa barbe et ses cheveux blanc cassé, il se sait, comme tous les jours depuis quatre ans, entouré d’une cinquantaine de policiers et d’un nombre inconnu d’agents du renseignement qui l’observent en se tenant prêts à intervenir au moindre mouvement. Ce matin-là, M. Donald Trump vient d’être élu 45e président des États-Unis. Un léger flottement semble s’être emparé du monde. Les abords de l’ambassade d’Équateur tremblent, eux, d’un quotidien inaltéré.
Quelques mois plus tôt, en plein cœur de l’été, Julian Assange déjouait la surveillance de ses geôliers et publiait, au nez et à la barbe de la première puissance mondiale, des milliers de courriels révélant comment la direction du Parti démocrate avait manipulé ses primaires afin de favoriser Mme Hillary Clinton au détriment de son concurrent de gauche Bernie Sanders. L’homme le plus surveillé du monde, arpentant, hagard, les étroits couloirs de l’appartement défraîchi qui sert d’emprise diplomatique à la République de l’Équateur, avait réussi à tromper la vigilance de tous ses ennemis. En un coup d’éclat, voilà que son sort se retrouvait au centre du jeu géopolitique mondial. Le réfugié politique le plus connu de la planète, coupable d’avoir publié des informations vérifiées, démontrait sa capacité à ne pas s’effondrer. En février 2016, l’Organisation des Nations unies (ONU) avait, par l’intermédiaire de son groupe de travail ad hoc, condamné le Royaume-Uni et la Suède (car elle est à l’origine du mandat d’arrêt européen), jugeant arbitraire la détention d’Assange et exigeant sa libération. Tout semblait autoriser une résolution heureuse. Pourtant, la divulgation des courriels de M. John Podesta, le directeur de campagne de Mme Clinton, allait provoquer une onde de choc médiatique qui rendrait inaudible toute parole raisonnable, à commencer par les conclusions de M. Barack Obama favorables à WikiLeaks (1).
Dix-neuf mai 2017. M. Baltasar Garzón, directeur de l’équipe de défense d’Assange, souhaite avancer avec précaution. La Suède vient d’abandonner ses poursuites contre son client, soupçonné d’agression sexuelle. Mais l’homme qui fit arrêter Augusto Pinochet et qui lutta contre Al-Qaida et contre M. George W. Bush sait que le plus difficile est devant lui. La situation de l’État équatorien, dont le revenu annuel n’atteint pas un septième du budget militaire américain, est précaire.
Des années de résistance aux pressions de Washington ont fini par entamer la combativité de son administration. M. Lenín Moreno, qui s’apprête à être investi président à la place de M. Rafael Correa, a refusé de rencontrer Assange. Et WikiLeaks vient de rendre public l’arsenal numérique de la Central Intelligence Agency (CIA), désactivant de facto l’ensemble des armes utilisées par l’agence pour pirater ses cibles. L’administration Trump, furieuse, comprend enfin qu’elle a face à elle un dissident, et non l’allié qu’elle avait cru pouvoir absorber.
Lorsque, en 2006, Assange crée une œuvre radicale qu’il fait nommer WikiLeaks, il est déjà une figure importante dans le milieu des hackeurs. Mais personne ne s’attend à ce que cet homme au visage encore juvénile fasse naître les fuites les plus massives de l’histoire, plongeant successivement ses lecteurs dans les manigances des ambassades proche-orientales, dans les arcanes du régime de M. Bachar Al-Assad ou dans les jeux oligarchiques des capitales africaines, sans oublier la corruption endogamique de la haute société américaine ou les relations du Service fédéral de sécurité (FSB) russe avec ses sous-traitants. Du manuel de la scientologie au fonctionnement d’une importante banque suisse en passant par le règlement intérieur de la prison de Guantánamo, les premières publications de WikiLeaks provoquent de sérieux remous. Et amènent le ministère de la défense américain à produire une enquête sur l’organisation… que WikiLeaks réussit à publier. D’importantes malversations sont révélées en Islande ; au Kenya, l’élection présidentielle de 2007 bascule après la divulgation d’un rapport secret concernant le candidat favori. Mais il manque encore au site un fait de gloire qui permette d’asseoir définitivement sa réputation.
En avril 2010, une vidéo d’un genre particulier va jouer ce rôle. Elle s’intitule Collateral Murder. Sur fond de commentaires oiseux, on y assiste, en noir et blanc, à l’assassinat de civils et de journalistes de Reuters par les forces américaines en Irak. Le carnage, filmé comme un jeu vidéo, avec en fond sonore les rires des assassins, suscite une onde de choc au sein des rédactions occidentales. Se découvrant visées, celles-ci affectent de découvrir le véritable visage des « guerres propres » menées par les États-Unis au Proche-Orient depuis 2001 ; des conflits qu’elles avaient très majoritairement soutenus jusqu’alors. Les preuves de milliers de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité publiées dans les mois qui suivent par WikiLeaks dans le cadre des « Afghanistan War Logs » et des « Iraq War Logs », en partenariat avec les plus prestigieuses rédactions occidentales, portent Assange au pinacle d’un espace médiatique en crise.

« Du sang sur les mains »

Alors qu’une palanquée d’organisations lui attribuent des prix, d’Amnesty International au Time en passant par The Economist et Le Monde, WikiLeaks enclenche la publication de dizaines de milliers de rapports de guerre, puis de 243 270 câbles diplomatiques américains. Ils révèlent l’étendue de la corruption des régimes arabes proches de Washington, et sont brandis par les manifestants tunisiens quelques jours avant la chute de M. Zine El-Abidine Ben Ali, en 2011. Mme Clinton, alors secrétaire d’État du président Obama, doit se résoudre à une tournée au cours de laquelle elle présente ses excuses aux alliés des États-Unis.
Universitaires et médias du monde entier se précipitent sur ces archives pour expliquer rétroactivement quelques-uns des événements majeurs des dernières années. Des milliers de procédures qui s’appuient sur les publications de WikiLeaks sont engagées devant les cours de justice. Les rédactions partenaires du site commencent alors à s’inquiéter. Elles se montrent débordées par un mode de fonctionnement qui fait fi des liens de consanguinité unissant les journalistes à leurs sources. Si elles doivent suivre celui qu’on présente comme le nouvel Hermès, elles laissent s’installer une tension grandissante, qui débouchera sur une rupture définitive.
Dès le 30 juillet 2010, les premiers articles accusant Assange d’avoir « du sang sur les mains » paraissent, y compris dans des journaux alliés à l’organisation (2). Alors que le département d’État américain met en place une équipe de plus de deux cents diplomates chargée d’étouffer WikiLeaks, une incrimination d’agression sexuelle visant Assange émerge en Suède. Elle ouvre la voie à un imbroglio juridique de plus de six ans dans lequel la presse va s’engouffrer. La rupture intervient quand WikiLeaks se désolidarise des méthodes de censure que les médias tentent d’appliquer aux câbles diplomatiques. Sur les chaînes d’information américaines, des intervenants se succèdent pour appeler à l’arrestation « coûte que coûte » de son fondateur, voire, comme M. Trump en 2010, à son exécution (3). Quand, en décembre 2010, Assange est arrêté à Londres, il ne peut déjà plus compter sur le soutien de ceux qui l’avaient célébré.
Sept ans et demi plus tard, le 28 juin 2018, M. Michael Pence, vice-président des États-Unis, rencontre le président Moreno à Quito. La rupture entre Assange et l’Équateur est consommée. Contre toute attente, le successeur de M. Correa s’échine à trahir son héritage (4), et il réclame l’appui financier des États-Unis. M. Pence se frotte les mains. Quelques mois plus tôt, le ministre de la justice américain, M. Jefferson (« Jeff ») Sessions, a fait de l’arrestation d’Assange une priorité. En avril 2017 déjà, le futur secrétaire d’État Michael Pompeo, alors directeur de la CIA, avait qualifié WikiLeaks d’« agence de renseignement non étatique hostile ». Assange a en effet pris le risque d’une confrontation directe avec M. Trump, comme il l’avait fait avec Mme Clinton lorsque celle-ci était pourtant donnée favorite.
Alors que l’isolationnisme du président des États-Unis l’oppose souvent à des administrations — diplomatiques et militaires — qui craignent pour leurs prérogatives et leurs budgets, Assange lui apparaît comme une monnaie d’échange commode dans la guerre d’usure qui l’oppose à l’« État profond ». M. Moreno, lui-même inquiété par des révélations de WikiLeaks pointant un enrichissement illicite, se dit prêt à des concessions ? Des accords commerciaux, économiques et militaires sont rapidement négociés, et le sort d’Assange est scellé. L’Équateur obtiendra un prêt de 10,2 milliards d’euros des institutions financières internationales sous influence américaine (Banque mondiale, Fonds monétaire international). Assange comprend alors que ses jours à l’ambassade sont comptés. Sollicité par mes soins, l’Élysée se refuse à intervenir pour accueillir celui qui a un enfant sur notre territoire et qui a rendu d’importants services à notre pays, notamment en révélant, en 2015, l’espionnage systématique par les services de renseignement américains des présidents français et des entreprises nationales participant à des appels d’offres supérieurs à 200 millions de dollars.
Lorsque l’arrestation d’Assange à l’ambassade d’Équateur intervient, le 11 avril 2019, en violation de toutes les conventions internationales relatives au droit d’asile, les rédactions occidentales, du Washington Post au Monde en passant par le Guardian et le New York Times, se montrent timorées, voire hostiles. Le sort d’un journaliste détenu depuis près de sept ans dans vingt mètres carrés, sans accès à l’air libre et au soleil, soumis à des mois d’isolement complet, dans des conditions de vie proches de la torture, le tout pour avoir fait son travail, ne les émeut pas. Assange a beau apparaître affaibli, le visage rongé par la solitude, il n’est plus des leurs.
Une âme naïve pourrait trouver étrange que celui qui a rendu publics certains des plus importants méfaits du XXIe siècle se retrouve à ce point esseulé lorsque la solidarité est requise. Lui qui, pas à pas et dans un extrême dénuement, aura constitué la plus importante bibliothèque des appareils de pouvoir de l’histoire a de surcroît accompli un exploit auquel aucun de ses concurrents ne peut prétendre : il n’a jamais, en treize ans, et tout en divulguant des millions de documents, publié la moindre fausse information ! Cela n’empêchera pas Le Monde d’estimer que « Julian Assange n’est pas un ami des droits de l’homme (5) », Mediapart de titrer sur sa « déchéance (6) », ou The Economist de se réjouir qu’il soit incarcéré (7).
Pour comprendre cette rupture avec le monde médiatique, il faut mesurer que le journalisme moderne fonctionne dans un cadre bourgeois, au sein d’un marché de l’information où la proximité avec les pouvoirs est une condition de survie dans un espace concurrentiel. Divers modèles coexistent. Des organes comme Mediapart en France, d’apparence plus transgressifs, pratiquent un « journalisme de révélation » qui recycle coups tordus et trahisons sans remettre en question le système dans lequel ces médias s’insèrent. En cela, ils ne se distinguent pas du journalisme de révérence qu’incarnent des institutions comme Le Monde, le Guardian ou le New York Times.
Assange a rompu avec ces deux modèles. Auteur d’une théorie sur le « journalisme scientifique », il s’est écarté des pratiques de ce qu’il considère comme un métier de connivence et, à mesure qu’il a révélé des informations plus importantes, il a appris à se tenir à distance de tout appareil de pouvoir. Il s’est contenté de publier des données rigoureusement sourcées, triées et analysées après avoir été filtrées via une plate-forme d’anonymisation dont lui seul détient les clés. Toute information figurant sur sa plate-forme est accompagnée d’une source brute qui permet à chacun de la vérifier et de s’en emparer, ce qui supprime les privilèges que la caste journalistique s’est octroyés.
Un tel pari sur l’intelligence collective renverse les principes de notre temps. Au-delà de l’effet de révélation immédiat, il permet l’émergence d’un regard critique partagé, éloigné de toute forme de connivence. Devenu une sorte de métamédia, WikiLeaks écrase toute concurrence et suscite d’intenses jalousies.
La radicalité de la démarche d’Assange n’autorise aucune forme de compromission avec les institutions existantes. Elle menace donc un espace médiatique qui s’est accommodé du confort que lui offre sa proximité avec les dominants. Et elle inquiète les appareils de pouvoir traditionnels, qui redoutent à tout moment de voir leurs forfaits exposés. Devenu un dissident malgré lui dans l’espace occidental, l’outsider australien a logiquement vu se succéder des accusations de viol, d’antisémitisme, de complotisme, et même d’inféodation aux services secrets russes. Huit ans après sa brusque émergence, celui qui était un héros est donc apparu, au moment de son arrestation, comme un « absolutiste de la transparence (8) »pour les uns et, pour les autres, comme un « ennemi des libertés (9) ».
Juan Branco
Avocat, membre de l’équipe juridique de Julian Assange.
(1) Dernière conférence de presse de M. Obama à la Maison Blanche, 18 janvier 2017.
(2) David Leigh, « WikiLeaks “has blood on its hands” over Afghan war logs, claim US officials », The Guardian, Londres, 30 juillet 2010. Cf. « The Guardian’s war on Assange ». Le quotidien britannique a également cherché à accabler Assange en prétendant, sans preuve, qu’il avait rencontré à Londres le directeur de campagne de M. Trump, une information inexacte sur laquelle il n’est pourtant jamais revenu.
(3) Nick Collins, « WikiLeaks : Guilty parties “should face death penalty” », The Telegraph, Londres, 1er décembre 2010.
(4) Lire Franklin Ramírez Gallegos, « En Équateur, le néolibéralisme par surprise », Le Monde diplomatique, décembre 2018.
(5) « La trajectoire ambivalente de Julian Assange », Le Monde, 14-15 avril 2019.
(6) Jérôme Hourdeaux, « Julian Assange, l’histoire d’une déchéance », Mediapart, 11 avril 2019.
(7) « Julian Assange : journalistic hero or enemy agent ? », The Economist, Londres, 12 avril 2019.
(8) « La trajectoire ambivalente de Julian Assange », op. cit.
(9) « Profession journaliste », rencontre avec Fabrice Arfi, Bibliothèque publique d’information, Paris, 17 avril 2019.