jeudi 12 juillet 2018


Café littéraire (Saint-Pétersbourg)
Café littéraire


Ce Café littéraire (russe : Литературное кафе) est un restaurant historiquement significatif situé sur la perspective Nevski à Saint-Pétersbourg (Russie), qui a été fréquenté par des écrivains célèbres de littérature russe, y compris Alexandre PouchkineFiodor Dostoïevski et leur amis, pendant le xviiie siècle.


Histoire
En 1812-1814, le bâtiment situé au no 18 de la perspective Nevski à Saint-Pétersbourg — capitale de la Russie à cette époque — est rénové par K.B. Kotomin pour devenir un appartement pour des commerçants (Kotomin House (en))1. Dans ce bâtiment est ouverte une confiserie, S. Wolff & T. Béranget, qui était considérée comme la meilleure de la ville. En 1834, un café chinois est ajouté. La confiserie devient rapidement un lieu de rassemblement d'écrivains de la littérature russe, tels que Alexandre PouchkineMikhaïl LermontovTaras Chevtchenko et Fiodor Dostoïevski2.
En 1837, Pouchkine, en route vers son duel avec Georges-Charles d'Anthès, y rencontre son ami Konstantin Danzas (en)— qui va l'assister comme témoin. En 1840, Dostoïevski y est présenté au socialiste utopique Mikhaïl Petrachevski3.
En 1877, après la fermeture de la confiserie, un restaurant haut de gamme y est ouvert, où des musiciens tels que Piotr Tchaïkovski et Fédor Chaliapine se rendent fréquemment. Tchaïkovski y aurait commandé une tasse d'eau contaminée par le choléra, dont il meurt.
Beaucoup plus tard, en 1983 (à l’époque soviétique), le restaurant rouvre ses portes sous le nom du Café littéraire.

De nos jours, le Café littéraire occupe deux étages du bâtiment, avec de nombreux portraits d'écrivains russes accrochés à ses murs. À une table au premier étage se trouve la céroplastie de Pouchkine. Selon la tradition russe, des soirées de la poésie-performance s'y tiennent de temps en temps.
La boisson traditionnelle de la Russie n'étant pas le café, mais le thé noir, du thé dans un samovar peut y être servi.
Références
(Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia) en japonais intitulé « 文学カフェ (サンクトペテルブルク) ».
1.     (en) Boglachev, S. V. House of Kotomin [archive]Saint Petersburg Encyclopedia.
2.     (en) Bogdanov, I. A. Wolff et Béranget Confectionery [archive]Saint Petersburg Encyclopedia


(Source principale : wikipédia)



dimanche 8 juillet 2018


Si Malthus m’était compté

Et vivent les coupures gouvernementales dans ses charges sociales

Daniel Paquet                                                                                dpaquet1871@gmail.com

Qui était Thomas Robert Malthus?  Il est né en 1766* et décédera en 1834; il fut un économiste britannique, « auteur d’un Essai sur le principe de population (1798), il y présente l’accroissement de la population comme un danger pour la subsistance du monde et recommande la restriction volontaire des naissances (malthusianisme). »[1] 

Est-ce le livre de chevet de nos politiciens patentés, dont ceux du gouvernement libéral au Québec?  Au registre de l’économie, cette doctrine prône « le ralentissement volontaire de la production, de l’expansion économique. »[2]
« Accumulez, accumulez!  C’est la loi et les prophètes!  ‘La parcimonie, et non l’industrie, est la cause immédiate de l’augmentation du capital.  À vrai dire, l’industrie fournit la matière que l’épargne accumule. ‘ Épargnez, épargnez toujours, c’est-à-dire retransformez sans cesse en capital la plus grande partie possible de la plus-value ou du produit net!  Accumuler pour accumuler, produire pour produire, tel est le mot d’ordre de l’économie politique proclamant la mission historique de la période bourgeoise. »[3]
En anglais, la définition demeure pratiquement la même :  «Of  or pertaining to the theory of T. R. Malthus  that population increases  faster than the means of support and, unless checked by sexual restraint, is restricted only by famine, pestilence, war, etc. [4] 

À l’Assemblée nationale du Québec, le nouveau chef du Parti québécois (Jean-François Lisée) qui ne veut pas se sentir lié aux banquiers ; aux gros bailleurs de fond ; aux firmes indépendantes de courtage et de contrôle ; et bien sûr aux multinationales ; y va d’un constat mièvre. « Selon M. Lisée (il se proclamera nationaliste économique en 2018, -ndlr), le gouvernement Couillard n’a démontré aucune compassion en décidant d’accumuler 2,2G$ de plus que ce qui était nécessaire.  ‘ Ce gouvernement a su qu’il coupait trop pour son propre objectif et il n’a pas arrêté, a-t-il dit. C’est un gouvernement de comptables froids.’ »[5]

En général, les bourgeois sont assez froids, qu’ils soient libéraux au pouvoir ou péquistes dans l’opposition officielle.  D’ailleurs, une fidèle partisane du Parti québécois, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel Bourdon, n’était pas peu fière d’annoncer que son organisme imputable devant le Gouvernement du Québec, a terminé l’exercice budgétaire 2015-2016 avec un surplus de 196 000$.  Un déficit de 11,5M$, puis de 5M$, avait pourtant été prévu. (…)
Le surplus enregistré pendant l’année 2015-2016 a servi à rembourser la dette, qui atteint maintenant 83,3 M$.  (…)
Des revendications seront également adressées au Gouvernement du Québec pour reconnaître le ‘statut particulier’ de la CSDM, que réclament des commissaires, des syndicats et des parents liés à la plus grande commission scolaire du Québec. »[6]

En fait, des pays comme l’Union soviétique ont abordé le problème en planifiant à long terme le développement de l’économie et l’organisation des services sociaux, notamment dans la santé et l’éducation. « Nombreux étaient ceux qui croyaient que le plan quinquennal était une affaire privée de l’Union soviétique, une affaire importante et sérieuse, mais néanmoins une affaire privée, une affaire nationale de l’Union soviétique. (…)
La tâche essentielle du plan quinquennal était de transformer l’U.R.S.S., de pays agraire et débile, qui dépendait des caprices des pays capitalistes, en un pays industriel et puissant parfaitement libre de ses actions et indépendant des caprices du capitalisme mondial. (…)  La tâche essentielle du plan quinquennal était de créer dans notre pays une industrie capable de réoutiller et de réorganiser, sur la base du socialisme, non seulement l’industrie dans son ensemble, mais aussi les transports, mais aussi l’agriculture. »

On peut dire que cette idée de planifier l’organisation de la société et de son économie n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.  À titre d’exemple, la société d’État québécoise, Hydro-Québec a le vent dans les voiles.  Ainsi « la fin de la construction du projet hydro-électrique La Romaine est prévue (pour 2020).  (…)  Construites au coût de 6,5 milliards $ sur la côte-Nord, les quatre centrales de la rivière Romaine devraient fournir à terme plus de 1550 mégawatts (MW) au réseau d’Hydro-Québec. (…)  On sait toutefois qu’Hydro-Québec a déterminé depuis plusieurs années certains sites à fort potentiel hydro-électrique au Québec. Sur la Côte-Nord, la rivière Petit Mécatina située à l’est de la rivière Romaine est déjà dans les plans de la société d’État. Un projet jumeau de la Romaine capable de produire 1200 mégawatts, soit l’équivalent de la consommation des villes de Québec (avec les fusions municipales, la capitale regroupe désormais 1 million d’habitants, - ndlr) et de Gatineau. »[7]

D’autre part, quand on quitte le Québec et que l’on franchit la frontière avec l’Ontario, on sait tout de suite, par la qualité des voies routières, que l’on n’est plus dans la Belle Province.  Et le problème n’est pas uniquement sur l’autoroute transcanadienne.  Même à Montréal, le poumon économique du Québec, les choses ne vont guère mieux. « La situation est à ce point critique que 45% des rues de Montréal nécessitent une ‘attention immédiate’ ou sont ‘préoccupantes’, tout comme 22% des conduites d’égout et 13% des conduites d’eau potable.  À noter que 62% des conduites d’eau potable sont seulement dans un état ’moyen’. (…)  Les travaux augmenteront considérablement ces cinq prochaines années.  Le but est d’éliminer totalement les retards dans l’entretien des routes, des aqueducs et des égouts. (…)  Entre 2010 et 2013, Montréal investissait bon an mal an entre 132M$ et 230M$ pour ces travaux.   À son arrivée au pouvoir, l’administration Coderre (avait) investi en moyenne 300M$ par année.  Et dès 2017, l’investissement aurait pu atteindre 700M$ par année. »[8]

Finalement, même les grandes institutions financières ressentent la nécessité (course aux profits oblige) de mieux coordonner leurs activités économiques.  Par exemple,
… « l’économie mondiale se renforce progressivement.  La révision à la baisse de la croissance mondiale en 2016 tient principalement à l’activité plus faible que prévu aux États-Unis au premier semestre de l‘année.  À l’avenir, la robustesse des facteurs fondamentaux nationaux devrait favoriser un rebond de la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel des États-Unis.  À l’échelle mondiale, la croissance économique devrait se redresser pour passer d’environ 2  3\4% en  2016 à quelque  3 1\2  d’ici 2018.  Les pays émergents alimenteront vraisemblablement ce raffermissement à mesure que la récession arrivera à son terme dans certains pays et que les réformes visant à stimuler la croissance progresseront.  La faiblesse des investissements des entreprises et l’atonie des échanges demeurent les thèmes dominants des perspectives de l’économie mondiale.  La croissance des investissements a ralenti à l’échelle du globe depuis 2012, ce qui s’explique en partie par l’incertitude entourant les perspectives de la demande mondiale et par les ajustements structurels ayant lieu en Chine. »[9]
De qui devons-nous attendre un miracle pour que l’économie canadienne en général et québécoise en particulier reprenne du poil de la bête ?  Du Parti libéral du Québec qui représente la grande bourgeoisie d’affaires Anglo-Franco canadienne et qui s’accommode très bien du statu quo ?   Ou du Parti québécois qui désire comme jamais auparavant avoir les rênes du pouvoir pour favoriser la petite et la moyenne bourgeoisie nationaliste (et qui va tambour battant vers l’indépendance du Québec en s’enhardissant à garder d’abord un marché captif sur le territoire québécois et une entrée en force sur le marché états-unien avec le concours de leur État) ?  Ou encore de la Coalition Avenir Québec, qui mange à tous les râteliers, se disant de centre…  de gauche ou de droite ; c’est selon leur interlocuteur !

 « Il faut noter… qu’Engels est tout à fait catégorique lorsqu’il qualifie le suffrage universel d’instrument de domination de la bourgeoisie.  Le suffrage universel, dit-il, tenant manifestement compte de la longue expérience de la social-démocratie allemande, est : ‘l’indice qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière.  Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l’État actuel.’ »[10]

*En janvier 1766, David Hume quitte Paris pour Londres ; il est accompagné de Rousseau (‘chassé de la Suisse’ où il s’était réfugié après la condamnation de l’Émile), dont il fait faire le portrait par le peintre Ramsay.  Plusieurs incidents entraîneront la brouille des deux philosophes.  En octobre-novembre, Hume laisse ses amis publier l’Exposé succinct de la contestation qui s’est élevée entre M. Hume et M. Rousseau, ainsi qu’une version anglaise de cet exposé.

(Source : Beyssade, Michelle, Enquête sur l’entendement humain, par David Hume, GF Flammarion, Paris, 2006, page 11)



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[1] Le Petit Larousse illustré 2015, Paris, page 1685
[2] Ibidem, page 697
[3] Marx, Karl, Le Capital, Livre I, Gallimard, Paris, 1968, page 647
[4] The New International Webster’s Comprehensive Dictionary in the English Language, Encyclopedic Edition, 1996, page 772
[5] La Presse canadienne, Couillard a manqué d’humanisme, déplore Lisée, Métro, jeudi 27 octobre 2016, page 3
[6] Shaffer, Marie-Eve, Un surplus de 196 000$ dégagé à la CSDM, Métro, Montréal, jeudi 27 octobre 2016, p. 8
[7] Couture, Pierre, Un nouveau mégaprojet hydro-électrique en 2020, 24h, Montréal, jeudi 27 octobre 2016, page 12
[8] Houde-Roy, Laurence, Encore plus de travaux à venir, Métro, Montréal, jeudi 27 octobre 2016, page titre
[9] Banque du Canada, L’économie mondiale, Rapport sur la politique monétaire, Ottawa, octobre 2016, page 1
[10] Lénine, V.I., Œuvres choisies, tome 2, Éditions du Progrès, Moscou, 1968, page 298

samedi 7 juillet 2018

Une maison Un artiste DALIDA


Aux U.S.A., la petite-bourgeoisie se fait montrer la porte
Les derniers soubresauts de l’Obamacratie
Daniel  Paquet                                                 dpaquet1871@gmail.com

La victoire de Donald Trump, qui en fait le 45ème président des États-Unis d’Amérique, n’est pas le résultat d’un complot politique.  En fait, la petite-bourgeoisie aux rênes du plus puissant pays impérialiste a fait bien des mécontents, notamment au sein de la classe ouvrière, laissée pour compte avec un chômage endémique, la pauvreté et le recul du pouvoir d’achat.  Sur la forme du pouvoir, Engels avait longtemps exprimé son opinion:
« Engels reprend… en la mettant particulièrement en relief, cette idée fondamentale qui marque comme d’un trait rouge toutes les œuvres de Marx; à savoir que la république démocratique est le chemin le plus court conduisant à la dictature du prolétariat.  Car une telle république, bien qu’elle ne supprime nullement la domination du Capital, ni par conséquent l’oppression des masses et la lutte des classes, conduit inévitablement à une extension, à un développement, à un rebondissement, à une aggravation de la lutte tels qu‘une fois apparue la possibilité de satisfaire les intérêts vitaux des masses opprimées, cette possibilité se réalise inéluctablement et uniquement dans la dictature du prolétariat, dans la direction de ces masses  par le prolétariat. »[1]
À Davos, lors de la 47ème édition du Forum économique, les principaux dirigeants occidentaux se sont avérés désemparés; en cela ils s’opposent à la vision du chef d’État et du Parti communiste chinois.  « Il a, en face des leaders économiques et politiques encore sous le choc des récents résultats des votes au Royaume-Uni et aux États-Unis, n’ayant pour solutions à un résultat des liens avec la classe moyenne (i.e. la petite-bourgeoisie) que leurs vieux thèmes réchauffés. (…)  Le président chinois a soutenu qu’il ne sert à rien d’attribuer à la mondialisation tous les maux de la planète.  Le conseiller de Donald Trump présent à Davos lui a rappelé que le problème n’était pas tant la mondialisation que l’asymétrie de ses retombées, cristallisée dans les accords commerciaux.  Il aurait pu ajouter la perte de souveraineté des États et de leur population devant le diktat des multinationales et de la libéralisation du commerce. »[2]
Les populations demandent du changement; elles vont même jusqu’à se tourner vers des partis fascistes, comme le Front national en France ou celui de Hongrie (c’est un drame gravissime qui frappe les pays européens, y inclus les anciens pays socialistes) qui vient de perdre par un poil une récente consultation populaire sur l’immigration.
« Certes, le moyen de sortir du parlementarisme ne consiste pas à détruire les organismes représentatifs et le principe électif, mais à transformer ces moulins à paroles que sont les organismes représentatifs en assemblées ‘agissantes’. (…)  Un organisme ‘non parlementaire mais agissant’ voilà qui s’adresse on ne peut plus directement aux parlementaires modernes et aux ‘toutous’ parlementaires de la social-démocratie!  (…)  La véritable besogne d’‘État ‘ se fait dans la coulisse : elle est exécutée par les départements, les chancelleries, les états-majors.  Dans les parlements on ne fait que bavarder à seule fin de duper le ‘bon peuple’ »[3]
Au Québec, à tout le moins, les années Obama ont été marquées par un pilonnage médiatique en règle pour faire avaliser par la population et les travailleurs en particulier que Barack Obama était le messie tant attendu.  Celui-ci a semé des illusions (de facto, les capitalistes ont bâti un aura autour de sa personnalité) qui tardent à s’évanouir tant l’offensive idéologique et psychologique a été puissante.  On ne peut prévoir la durée de cet impact.  Toutefois, Donald Trump n’est pas encore bien en selle; les « sorciers » de l’information ont plus d’un tour dans leur sac.  Ils se préparent à la prise du pouvoir par un nouveau Führer (au cas où) depuis des décennies.  En fait, les multinationales sont aux prises avec leurs propres contradictions : devons-nous nous armer pour une troisième guerre mondiale?  Serait-elle brève?  Serait-ce le chaos, la dévastation et des destructions irréparables cette fois?  Aurions-nous recours à l’arme atomique?  C’est pour résoudre cet imbroglio que Donald Trump est ‘en politique’ et c’est en définitive le compromis, un autre choix, qu’il propose au peuple américain.  Voilà la nature du compromis offert.  Car il est d’abord et avant tout un pragmatique.
Alors, ou bien le grand patronat se hasarde à perdre momentanément des plumes ou bien c’est la barbarie et possiblement le dernier jour.  Donald Trump l’a très bien compris et il opte pour la paix, une paix désagréable qui le rapproche par exemple de la Russie de Vladimir Poutine.  Probablement, il y aura un gel des préparatifs de guerre; en passant par un nouvel ordre du jour pour l’OTAN.   Le nouveau président états-unien n’a-t-il pas déclaré l’organisme comme ‘obsolète ‘?
« La banque centrale a offert des perspectives teintées d’optimisme en confirmant, essentiellement, les prévisions de croissance qu’elle avait faites en octobre, avant l’élection américaine.  La Banque du Canada mise ainsi sur une croissance de 2,1% du PIB pour l’année qui vient de commencer – une prévision en légère hausse par rapport à celle de 2% d’octobre.  Pour 2018, la croissance devrait se maintenir à 2,1% a poursuivi la banque.  Mais les perspectives de la banque ne tenaient compte que des conséquences possibles de la reprise attendue aux États-Unis, a-t-elle précisé, sans incorporer toute la gamme des changements de politiques par M. Trump.  L’expansion économique anticipée aux États-Unis – le plus grand partenaire commercial du Canada – devrait stimuler l’économie avec une augmentation de la demande étrangère.  La banque centrale a aussi tenu compte de la promesse de M. Trump visant à réduire les impôts des entreprises, ce qui, juge-t-elle, ne menace pas la compétitivité du Canada.  (Le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz) a précisé que la banque n’avait pas encore fait d’évaluation interne sur les propositions commerciales évoquées aux États-Unis, en raison d’un manque d’information et de la nature complexe de ce genre d’analyse. »[4]
On peut affirmer d’ores et déjà que Donald Trump, même s’il est populiste, (c'est-à-dire qu’il se réclame du peuple et de ses aspirations profondes), n’a rien à voir avec le fascisme; il ne faut pas faire l’amalgame entre la forme politique qu’emploient certains leaders, et leurs conceptions (ou programme).  Ce n’est pas parce que Donald Trump est tonitruant qu’on peut le comparer à Adolf Hitler.  À ce chapitre, on peut ajouter que les masses laborieuses en ont bien soupé de la langue de bois, du ‘politically correct’ de moult politiciens.  Ils veulent du changement, même s’il ne leur est pas fourni sur un plateau d’argent.
S’il a compris que la bourgeoisie cherchait à sortir de l’impasse politique et économique, à court de solutions; il a aussi compris que le prolétariat n’acceptait plus d’être dirigé comme avant.
La couche socio-économique que représente M. Trump a compris ‘spontanément’ qu’«il dépend uniquement de l’extension des échanges que les forces productives acquises dans une localité, surtout les inventions, soient perdues pour le développement ultérieur ou ne le soient pas. Tant que des relations commerciales dépassant le voisinage immédiat n’existent pas encore, on doit faire la même invention en particulier dans chaque localité, et il suffit de purs hasards, tels que l’irruption de peuples barbares et même les guerres ordinaires, pour obliger un pays qui a des forces productives et des besoins développés à repartir de zéro. »[5]
Finalement, le « big business » s’inquiète de voir ses ouvriers se poser des questions sur le système et puis de manifester; certes ce sont davantage les jeunes qui le font.  Mais ne remettent-ils pas en question la sacro-sainte dévotion pour l’individualisme comme fondement de l’Amérique? 



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[1] Lénine, V.I., Œuvres choisies, tome 2, L’État et la révolution, Éditions du Progrès, Moscou, 1968, page 342
[2] Bérubé, Gérard, Inversion des pôles, Le Devoir, Cahier B, Montréal, le jeudi 19 janvier 2017, page 1
[3] Ibidem, L’État et la révolution, page 323
[4] Blatchford, Andy, La Banque du Canada évoque les conséquences du protectionnisme à la Trump, Le Devoir, Montréal, le jeudi 19 janvier 2017, page B 3
[5] Marx-Engels, L’idéologie allemande, Éditions sociales, Paris, 1968, page 90

mardi 3 juillet 2018


MA CABANE AU CANADA ; MA FOI…

Daniel Paquet

Oui, le Canada répond à tous les clichés qui circulent sur son compte.  C’est le deuxième plus grand pays du monde, après la Russie.  C’est vaste et il y a de la richesse.  Mais, ne soyez pas dupes, la répartition de ce fabuleux « trésor »  n’est pas vraiment démocratique.  Ce n’est que ces jours-ci que les Premières Nations (les peuples autochtones) ont appris que le gouvernement fédéral se rallie enfin au protocole des Nations-Unies et reconnaîtra davantage de droits pour ces 1,3 million d’Amérindiens et Inuit.  La population, comme ça à la volée, est de 34 millions d’habitants pour ce territoire grandissime.

La politique et la vie économique du pays sont assez poussiéreuses ; pendant plus de 4-5 ans, les Canadiens ont été dirigés par des gouvernements minoritaires ; le plus durable en titre, fut le Parti conservateur de Stephen Harper (pour qui la démocratie était une notion inconnue).  Il a fait bien des pieds de nez aux partis de l’opposition : le Parti libéral (bourgeois centriste), le Nouveau  Parti démocratique (social-démocrate) et le Bloc québécois (arc-en-ciel nationaliste), mais ne put s’engager sur des décisions d’importance, de peur de perdre le pouvoir. Ce fut une des rares fois où son flair ne l’a pas trompé.

On ne l’a pas élu à vrai dire, on a plutôt mis à la porte les Libéraux en raison d’un scandale qui visait à mousser la popularité du gouvernement central par le biais de commandites douteuses et financées par des pratiques plutôt louches.  Des amis du régime s’étaient graissés la patte, semble-t-il.

Donc, rien sur le front canadien ; si ce n’est la campagne en cours du Premier ministre Harper contre l’immigration clandestine.  Elle ne devrait pas soulever de grandes passions ; les Canadiens sont tous d’origine immigrante, dont l’auteur de ces lignes qui a eu un ancêtre pas si lointain qui a battu la semelle à Belfast (Irlande du Nord) avant de venir s’établir à Québec comme débardeur.  Le voisin, eh bien, sa famille est arrivée d’Italie ; l’autre du Portugal et on pourrait y passer la journée à nous raconter nos filiations…

La Belle Province

Là, où ça se corse, c’est dans la province francophone du Canada, le Québec.  Elle n’est pas la plus populeuse avec ses 8,7 millions de citoyens, mais elle est turbulente.  Rien pour la contenter diront les « fédéralistes ».  De fait, les Canadiens-français ont en bouche des mots nouveaux depuis quelques années : la gauche et la droite.  La majorité se considère plutôt de gauche.  Une preuve : aucun des grands partis bourgeois ne peut se targuer d’avoir une assise solide dans la province ; c’est le Bloc québécois qui donnait le ton sur la scène fédérale.  Les travailleurs s’ouvrent à des réalités nouvelles en lisant les journaux et en regardant les bulletins d’information à la télé : « t’as vu les Grecs !  T’as vu les Français !  Ça barde en Europe. " Il y a un élan du cœur pour les travailleurs d’autres pays.  Un peu benoîtement, on espérait toujours qu’Obama irait au bout de ses promesses.

Dans le fond, les ouvriers du Québec ne souhaitent en général que de préserver les gains et droits acquis, mais ils sont plutôt irrités quand on leur parle de reculs pour leurs enfants.  Ça, ça ne va pas…  Et puis, ils ont pris goût au débat politique, maintenant qu’il y a un député de gauche à l’Assemblée nationale, Amir Khadir, qui fausse les données lénifiantes des débats parlementaires.  Mais, ils n’ont pas attendu que le Parlement bouge pour faire des manifestations « à répétition » depuis l’hiver 2010 :  75 000 travailleurs à Montréal ; 50 000 à Québec ; et même 10 000 dans une ville en région, Rimouski.
La table est mise : il y a une curiosité pour les mouvements de travailleurs des autres continents, à commencer par la France ; après tout, on a peut-être quelque chose en commun avec ce peuple français et sa jeunesse, en plus de la langue et une certaine culture.  À commencer par le désir de vivre dignement, de travailler dans de bonnes conditions et de jouir d’une retraite bien méritée, et ce, sans perdre le temps pour parler, échanger, apprendre et  connaître ces « pays » qui ont un drôle d’accent pour les travailleurs du Québec, dits de « souche ». 

Quant à nous, on peut bien les inviter à venir se frotter à notre hiver, à nos moins 30 degrés celsius, à la neige, aux vents et à la glace ; en janvier jusqu’en mars.  Après tout, les ouvriers du Québec, ne sont pas fermés à l’immigration : le pays est grand, il y a de « l’ouvrage en masse ».

Et vous savez quoi ?  Ils ne nous font plus peur les communistes, mais c’est tout de même rageant de voir ce que les "money-bags" ont fait aux Russes et aux autres peuples de par  là-bas.
La solidarité internationale ?   « C’est good » ! comme disent les Montréalais…

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