samedi 3 mars 2018

Eliane Assassi : « Macron veut concentrer tous les pouvoirs »



Photo Magali Bragard
Photo Magali Bragard
Sur fond de réforme du Parlement, les groupes parlementaires communistes invitent lundi à un colloque sur la crise démocratique et les moyens d’y répondre. Entretien avec Éliane Assassi, sénatrice PCF.
Pourquoi les groupes GDR et CRCE organisent-ils ce colloque ?
Éliane Assassi Nous sommes dans un moment particulier pour notre démocratie. Un moment grave. Dans un contexte de crise économique, sociale et politique, les citoyens se détournent de plus en plus d’élus et de scrutins qui les concernent au plus haut point. Ils se saisissent de moins en moins du vote pour porter des exigences, à force de manque de pouvoir et d’attentes brutalement déçues. C’est dans ce moment politique qu’Emmanuel Macron a décidé de réviser la Constitution et de réformer le Parlement, avec ce point majeur : la réduction du nombre de parlementaires au Sénat et à l’Assemblée, sachant que le Conseil économique, social et environnemental risque aussi de voir ses effectifs baisser. Cette réponse de Macron à la crise politique est très problématique et va l’aggraver. Moins de parlementaires conduira sans aucun doute à un éloignement accru entre les citoyens, les élus et les lieux de décision, à une relégation renforcée des territoires ruraux et à un affaiblissement du pluralisme politique. L’ambition fondamentale de cette réforme est de renforcer comme jamais le présidentialisme de la Ve République et les pouvoirs de l’exécutif, en s’accaparant toujours plus le pouvoir législatif du Parlement. Elle s’inscrit dans les pas de la révision de 2008 de Nicolas Sarkozy, que l’on a tendance à oublier mais qui visait déjà à amoindrir le rôle de la représentation nationale.
Le non-respect du Parlement ne date pas d’hier…
Éliane Assassi Ce que demandent les gens, c’est que les promesses soient tenues et que les élus à la présidence de la République et au Parlement soient à la hauteur des attentes placées. Ils attendent d’être écoutés au lieu d’être méprisés, ce qui ne peut se faire qu’en les associant aux décisions. Macron propose tout à fait le contraire : éloigner le citoyen des décisions et diminuer le nombre de représentants nationaux et même d’élus locaux pour gouverner de façon technocratique et autoritaire. Nous sommes face à un véritable déni démocratique. Tel Bonaparte, le chef de l’État veut concentrer tous les pouvoirs. Il enfonce le clou du mépris et de l’abandon alors même que nombre de citoyens et de territoires sont oubliés et méprisés, et ressentent de grandes souffrances, notamment liées à la fermeture des services publics. La réforme de la SNCF par exemple, telle qu’elle a été annoncée, ne respecte ni le Parlement ni les territoires, qui seront à n’en pas douter victimes de fermetures de lignes.
Où en est le projet de réforme ?
Éliane Assassi Des travaux ont été lancés à l’Assemblée et au Sénat. Il y a des échanges et des propositions, mais les parlementaires n’ont pas réellement la main sur la réforme, ni toutes les clés de lecture. Il ressort qu’il y a des points de convergence entre le gouvernement, les députés LREM et la droite sénatoriale. D’autres font divergence, dont l’ampleur de la réduction du nombre de parlementaires, le non-cumul des mandats dans le temps, le fonctionnement des navettes parlementaires et le mode de scrutin des législatives, avec un redécoupage des circonscriptions qui risque d’être très opaque. Je crains un véritable recul démocratique si le débat autour de la révision du Parlement ne fait pas une complète irruption dans l’espace public. Le premier ministre, Édouard Philippe, nous recevra mardi matin avec André Chassaigne, mais nous n’avons pas d’éléments sur la nature de l’échange. Nous irons avec des propositions, que nous mettrons également à disposition des participants lors du colloque de lundi.
Quelle réécriture de la Constitution défendez-vous ?
Éliane Assassi Le PCF, opposé dès le départ à la Ve République, défend depuis des années une réécriture collective et citoyenne de la Constitution. Nous avons besoin de donner plus de pouvoirs aux citoyens. Nous devons renforcer et développer toujours plus leur lien avec les élus, en rendant inévitable le partage du pouvoir. Faire fonctionner les institutions de façon démocratique impose également de prendre le pas sur la mondialisation libérale financière et la puissance des marchés. Enfin, quoi qu’il arrive, que Macron ait recours au référendum ou convoque un Congrès pour sa réforme, nous devons porter l’exigence d’un grand débat public. 
Le colloque « Face à la crise démocratique : quelle révolution constitutionnelle ? », à l’initiative des groupes parlementaires CRCE et GDR, en partenariat avec l’Humanité (animé par Aurélien Soucheyre), aura lieu salle Clemenceau au Sénat (15, rue de Vaugirard), à partir de 13 h 30 lundi. Y participeront Éliane Assassi, André Chassaigne, Frédéric Dabi, Dominique Rousseau, Stéphanie Roza, Esther Benbassa, Pierre-Yves Collombat, Sébastien Jumel, Sophie Taillé-Polian, Bastien François, Roland Gori, Elen Riot, Nicole Borvo Cohen-Séat, Pierre Laurent, Barbara Romagnan, Ugo Bernalicis.

La Chine appelle à bâtir un système mondial juste et équitable en matière de gouvernance des droits de l'Homme

Publié le par anonyme
Xinhua | 02.03.2018 08h21 
La Chine a appelé mercredi toutes les parties à oeuvrer ensemble pour favoriser la construction d'une communauté de destin partagé pour l'humanité et la création d'un système mondial juste, équitable, ouvert et inclusif en matière de gouvernance des droits de l'Homme.
Le développement est la clé pour résoudre tous les problèmes liés aux droits de l'Homme et la communauté internationale doit redoubler d'efforts pour promouvoir ces droits sur la base d'un meilleur développement, a ainsi estimé Yu Jianhua, ambassadeur de Chine auprès de l'ONU à Genève, lors de la 37e session du Conseil des droits de l'Homme qui s'est ouverte lundi.
"Nous devons persister à mettre en avant le droit au développement, à mettre pleinement en application le programme de développement durable à l'horizon 2030 des Nations Unies et à éliminer l'extrême pauvreté", a-t-il indiqué.
"Nous devons travailler à une économie mondiale ouverte, faciliter les échanges commerciaux et les investissements, et orienter la mondialisation économique vers une voie plus ouverte, plus inclusive et plus équilibre afin d'atteindre des objectifs mutuellement bénéfiques", a ajouté le diplomate.
Selon M. Yu, la guerre, les conflits et les troubles régionaux constituent les causes profondes des violations massives des droits de l'Homme. "Nous devons intensifier nos efforts de médiation politique, de prévention des conflits et de rétablissement de la paix afin de parvenir à une paix durable et éviter la tragédie des violations des droits de l'Homme", a fait remarquer M. Yu.
Il a souligné à cette occasion l'importance de la coopération pour promouvoir la cause des droits de l'Homme, indiquant que tous les pays du monde devaient mener un dialogue basé sur le respect mutuel, l'égalité et les avantages réciproques et encourager le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies et d'autres mécanismes multilatéraux des droits de l'Homme à travailler de façon objective et non sélective.
Il faut également s'opposer à la politique des deux poids et deux mesures et à la politisation en matière des droits de l'Homme, a noté le représentant permanent de la Chine.
Yu Jianhua a par ailleurs mis l'accent sur l'équité dans l'amélioration du système mondial en matière de gouvernance des droits de l'Homme. "Dans le monde d'aujourd'hui, la population des pays en développement représente plus de 80% de la population mondiale. Les pays en développement doivent donc avoir un plus grand droit de parole et une plus grande représentation dans le système mondial de gouvernance des droits de l'Homme", a-t-il ajouté.
La 37e session du Conseil des droits de l'Homme doit s'achever le 23 mars.
(Rédacteurs :Yishuang Liu, Guangqi CUI)
source: http://french.peopledaily.com.cn/Chine/n3/2018/0302/c31354-9431740.html

Déc

LE PARTI COMMUNISTE D'ESPAGNE (PCE)

Pendant que le dirigeant du Parti Communiste Français monte une minable opération contre Georges Marchais, avec l’aide d’un refondateur de toujours qu’est Gérard Streiff, une opération visant à faire cautionner le pseudo eurocommunisme de Georges Marchais ; une opération dans laquelle Fitterman devient l’ami de Georges Marchais alors qu’il ne fut avec Rigoud que l’exécutant des basses oeuvres de Mitterrand contre notre parti et son secrétaire quand ce dernier et les communistes choisirent en 1983 de s’opposer au tournant de la rigueur et au plan Davignon de destruction de l’industrie française dont nous souffrons encore aujourd’hui. Ce fut avec l’aide de Berlinguer, du parti communiste italien, que Mitterrand lança avec Rigoud l’opération de déstabilisation de notre parti et de crise ouverte pour tenter d’empêcher notre sortie du gouvernement.
*Durant le même temps, toujours dans le cadre de l’eurocommunisme, Santiago Carillo, le secrétaire du parti  communiste d’Espagne alla encore plus loin dans la trahison en acceptant la solution monarchiste voulue par Franco et qui impliquait l’amnistie des franquistes, laissait en place tout son appareil et en revanche continuait à criminaliser les résistants basques. La crise ouverte aujourd’hui en Catalogne, les prisonniers politiques, tout cela est le fruit de cette trahison dans le cadre de l’eurocommunisme, comme l’a été la complicité de Berlinguer dans l’attaque de notre parti et la fin de ce parti, l’abandon du communisme.
Tandis que Pierre Laurent ne se cache même plus dans sa volonté de recommencer l’opération du dernier congrès du parti communiste français, premièrement après avoir décidé de ce congrès pour novembre de l’année prochaine, à la veille des élections européennes, il va comme il l’a fait pour le dernier congrès où il a lancé l’idée des primaires et nous a enfermé dans un débat stérile avec l’aide de ses complices refondateurs pour nous conduire jusqu’au vote Mélenchon sous le prétexte que nous aurions fait un score déplorable alors même que tout avait été fait pour nous enfermer dans une alternative entre primaire et soutien à Mélenchon, voici qu’il recommence en jetant en même temps que la convocation du congrès, sur fond de leurre de l’eurocommunisme d’un pseudo hommage à Marchais y compris en piégeant son fils, une manœuvre indigne, il annonce qu’il veut construire une liste de gauche avec Hamon, Mélenchon, et le NPA qui est visiblement l’inspirateur trotskiste de l’affaire,  tout en sachant le caractère illusoire d’une telle proposition. De surcroit après l’indigne émission piège de Léa Salomé il demande à être reçu à son tour pour y annoncer sa stratégie d’union illusoire et qui nous mènera à un congrès raté et à la fin de notre parti qui semble son but.
Pendant ce temps, les six partis communistes italiens nés de la stratégie eurocommuniste face à un parti démocratique qui est le prolongement de l’abandon du parti communiste italien, tentent de retrouver leur unité.
Pendant ce temps le parti communiste d’Espagne lui aussi tente de surmonter, comme on le voit ici la trahison eurocommuniste et renoue avec un parti communiste marxiste léniniste.
Samedi 2 d

vendredi 2 mars 2018


FACEBOOK ET SES MILLIARDS

En se basant sur les données du plus récent rapport annuel de Facebook et sur les déclarations récentes de son président, les médias du Québec ont rapporté environ 23 millions de dollars au réseau social fondé par Mark Zuckerberg. Que la moitié de cette somme soit rendue aux producteurs des contenus qui contribuent à l’enrichir serait la moindre des choses.

Les deux milliards d’abonnés de Facebook. Visualisation apparaissant sur le profil de Mark Zuckerberg.

Tout a commencé le 19 janvier quand le président de Facebook a fait une rare révélation.




Mark Zuckerberg donnait des précisions sur son annonce de la semaine précédente selon laquelle l’algorithme de Facebook allait être modifié afin de permettre des «interactions sociales plus significatives». En clair, Facebook accordera la priorité au contenu provenant de vos amis, de votre famille ou des groupes dont vous faites partie, sur votre fil d’actualités, au détriment du contenu produit par des entreprises, des marques… ou des médias.

Au sujet des médias, justement, Zuckerberg nous a appris dans son message que la proportion de nouvelles qui se retrouve dans le fil d’actualité de l’utilisateur moyen de Facebook va passer de 5% à environ 4%.


Le jeune pdg levait ainsi le voile sur un pan du mystérieux algorithme de sa société. Pour la première fois, on apprenait que l’information produite par des journalistes, payés par des entreprises de presse, constituait 5% du contenu que Facebook nous sert à chaque fois qu’on s’y connecte.

Parfait! Mettons cette donnée de côté quelques instants et plongeons maintenant dans le rapport annuel 2017 de Facebook, rendu public le 31 janvier.
Près de 40 milliards $ de revenus publicitaires en 2017



En 2017, Facebook a déclaré un chiffre d’affaires de 40,653 milliards de dollars US. Plus de 98,2% de cette somme (39,942 milliards $US) provient de la vente de publicité.

Dans le graphique ci-contre, on a la répartition de ces revenus publicitaires en fonction de quatre grandes régions du globe.

Le bleu le plus foncé, en bas de chaque barre de l’histogramme, c’est les États-Unis et le Canada. Dans la tranche au-dessus, c’est l’Europe. En haut, c’est l’Asie-Pacifique. Et en bleu pâle, tout en haut, c’est le reste du monde.

Ainsi, en 2017, les revenus publicitaires de Facebook en Amérique du Nord se sont élevés à 19,484 milliards $US.

Il y a une autre donnée intéressante contenue dans les rapports financiers de l’entreprise. Il s’agit de ce qu’elle appelle ses «Monthly Active Users (MAU)», ou encore ses utilisateurs actifs mensuels. En voici la répartition selon les mêmes régions que tout à l’heure.



Il y avait donc, en 2017, une moyenne de 237 millions d’utilisateurs actifs mensuels de Facebook en Amérique du Nord.

Facebook combine cette donnée avec son chiffre d’affaires pour calculer un indice qu’ils ont baptisé leur «Average Revenue Per User (ARPU)» ou chiffre d’affaires moyen par abonné.

C’est ainsi qu’on peut calculer que:
chaque abonné nord-américain de Facebook a rapporté 82,21$ en revenus publicitaires à l’entreprise en 2017.
La part du Québec

Maintenant, combien compte-t-on d’utilisateurs québécois de Facebook? On n’a pas beaucoup de données fiables là-dessus. Comme on n’a aucune raison de penser que les Québécois sont moins actifs sur Facebook que les autres Nord-Américains (au contraire, ils sont plus actifs que les autres Canadiens, selon le CEFRIO), il est tout à fait raisonnable de faire une extrapolation à partir de la population générale.

La part de la population du Québec (en bleu) dans le reste de l’Amérique du Nord

Il y avait 362,427 millions de Nord-Américains au 1er juillet 2017 (population combinée des États-Unis [325,719 millions d’habitants] et du Canada [36,708 millions]). De ce nombre, 8,394 millions sont des Québécois, une proportion de 2,316%. On peut ainsi déduire que, sur le nombre total d’utilisateurs mensuels actifs de Facebook au Canada et aux États-Unis, soit 237 millions, on compte 5,49 millions de Québécois. Rappelons que, selon le CEFRIO, ce nombre pourrait être plus grand encore, mais restons conservateurs.

Puisque chaque abonné nord-américain a rapporté 82,21$ en revenus publicitaires, en 2017, les Québécois auraient donc permis à Facebook d’engranger 451,2 millions de dollars cette année-là. Selon le taux de change annuel de la Banque du Canada, cela équivaut à 586,0 millions de dollars canadiens. Voilà le poids du Québec dans les revenus publicitaires de Facebook.
La part des médias

Revenons maintenant au 5% dévoilé par Mark Zuckerberg au début de ce texte. Si on l’applique au montant qu’on vient de calculer, cela donne 29,3 M$. Mais restons conservateurs et tenons compte du fait que les Québécois, lorsqu’ils vont sur Facebook, consultent et partagent aussi des nouvelles venant de l’extérieur du Québec. Nous allons donc réduire à 4% la proportion du fil d’actualités des abonnés québécois de Facebook qui provenait des médias québécois en 2017.
Cela signifie donc que la part des revenus publicitaires de Facebook qui est attribuable au contenu produit par les médias d’information québécois est de 23,4 millions de dollars canadiens.
Une autre façon de calculer

Afin de valider mon estimation, j’ai consulté l’avocate fiscaliste Marwah Rizqy, collègue de l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke. Il appert qu’elle avait déjà estimé, en 2016, la part canadienne des revenus publicitaires de Facebook en se servant d’une autre information qu’elle avait repérée dans le rapport annuel de l’entreprise pour cette année-là à la page 66:


Ce passage nous dit qu’en 2016, le chiffre d’affaires de Facebook provenait à 46% des États-Unis. Cette année-là, les revenus publicitaires mondiaux de Facebook s’élevaient à 26,885 milliards de dollars. S’ils sont à 46% américains (12,367 G$) et qu’on sait que les revenus publicitaires nord-américains sont de 13,558 G$, on peut ainsi déduire que les revenus publicitaires de Facebook au Canada étaient de 1,191 milliard de dollars US en 2016.

En appliquant le même calcul à 2017, on obtient des revenus publicitaires canadiens de 1,90952 G$US pour Facebook au Canada. La part du Québec, en proportion de sa population, s’élèverait donc à 436,649 millions de dollars US, ou 567,03 millions $CAD selon le taux de change annuel de la Banque du Canada.

Ainsi, selon la méthode de calcul de Mme Rizqy, la part (4%) des revenus publicitaires de Facebook qui serait attribuable au contenu produit par les médias d’information québécois serait de 22,7 millions $CAD, une estimation très proche de la mienne.
Une estimation conservatrice

Au Canada, les médias représentent une plus grande proportion que le 5% indiqué en janvier par le pdg de Facebook, selon Mme Rizqy. Elle souligne que le 5% avancé par Mark Zuckerberg est une estimation de la moyenne mondiale et qu’il est raisonnable de penser que ce pourcentage peut être plus élevé au Canada.

Elle me rappelait aussi que le contenu provenant des médias d’information a généralement une plus grande valeur que les memes et autres savoureux divertissements qui pullulent sur Facebook puisqu’il intéresse des adultes généralement éduqués, le public que cherchent justement à rejoindre les annonceurs de Facebook. Selon elle, les médias d’information rapporteraient dans les faits bien plus que les quelque 23 millions que j’ai calculés.

La page de TVA Nouvelles est, de loin, la page Facebook d’information la plus populaire au Québec avec plus d’un million de «J’aime».

Mais puisqu’on n’a aucune autre donnée à se mettre sous la dent, il faut se contenter de cette estimation conservatrice.

Maintenant, on peut se demander quelle proportion de ces 23 millions de dollars devrait revenir aux médias d’information québécois?

Bien sûr, il faut tenir compte du fait que les médias tirent aussi certains revenus de la diffusion de leurs contenus sur Facebook. Il ne faut pas oublier, également, que le réseau social doit investir afin de générer des revenus.

Mais il faut aussi se dire que la richesse de Facebook repose sur les contenus qu’elle permet à ses abonnés de diffuser et qu’il est temps qu’une partie de cette richesse percole jusqu’aux producteurs de ces contenus.

À mon humble avis, la moitié de la somme que j’ai calculée serait raisonnable: 11,5 millions de dollars canadiens pour 2017.
Rupert Murdoch demande aussi à Facebook de payer

Photo tirée du profil Twitter de Rupert Murdoch (https://twitter.com/rupertmurdoch)

J’exagère? Je ne crois pas. Le pdg de News Corp Rupert Murdoch a demandé exactement la même chose dans un communiqué émis le 22 janvier dernier. Il n’a pas précisé le montant qu’il réclame de Facebook, mais il a été clair:
Facebook […] should pay those publishers.

Par «publishers», il entend les entreprises de presse qui, comme la sienne, «are obviously enhancing the value and integrity of Facebook through their news and content but are not being adequately rewarded for those services».

Selon mes calculs, les services que les médias québécois ont rendu à Facebook en 2017 valent 23 millions de dollars. Que Facebook leur en redonne la moitié serait la moindre des choses.


Et au Canada?

À l’échelle canadienne, Facebook a récolté près de 100 M$CAN en revenus publicitaires grâce aux contenus produits par les médias l’an dernier. En excluant le Québec, cela donne environ 77 M$. Il faudrait ainsi que Facebook rende environ 38,5 M$ aux médias du Canada hors-Québec… ou que les gouvernements adoptent des lois qui permettraient aux journalistes canadiens d’avoir leur part des revenus qui sont tirés de la distribution de leurs contenus.
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Jean-Hugues Roy

Professeur de journalisme, École des médias, UQAM (http://jhroy.ca).

Vers un tarif de 10% sur l'aluminium aux États-Unis
Publié le 01/03/2018 à 12:10


Par François Normand





Le président américain Donald Trump a indiqué ce jeudi que les États-Unis imposeront un tarif de 10% sur toutes importations d’aluminium et de 25% sur l'acier. L'adoption officielle aura lieu la semaine prochaine.



Ces tarifs de 10% sur l’aluminium sont largement supérieurs à ce que propose un rapport remis en janvier au président par le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross.


Ce rapport proposait notamment d’imposer de tarifs respectifs de 7,7% et de 24% sur les exportations d'aluminium et d'acier sur le marché américain pour tous les pays.


La Maison-Blanche devrait trancher le 19 avril dans le cas de l’aluminium (le 11 avril pour l’acier).


Selon des sources de l’industrie et des médias américains, l’empressement de la Maison-Blanche d’imposer rapidement des tarifs serait lié à une élection partielle en Pennsylvanie, le 13 mars, et ce, pour le siège d’un district à la Chambre des représentants traditionnellement républicain.


Or, le candidat républicain serait menacé par la popularité du candidat démocrate. Dans ce district, une proportion importante des électeurs sont des travailleurs dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium.

En entrevue à Les Affaires récemment, le PDG de l'Association de l'aluminium du Canada (ACC), Jean Simard, a indiqué que l'industrie canadienne pourrait demeurer relativement compétitive par rapport à la concurrence mondiale sur le marché américain, malgré l'imposition de tarifs sur l'aluminium.

"L’autre" nord-coréen

S’il est des propos de Montaigne, l’auteur des Essais, qui ont traversé les siècles jusqu’à nous, ce sont bien ceux où il critique l’ethnocentrisme de ses contemporains. La célèbre phrase, tirée du chapitre intitulé « Des cannibales » (Livre I, chapitre 30), selon laquelle « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » [1] est une référence qui s’est échappée des cénacles philosophiques. Et il faut s’en réjouir. Montaigne poursuit la critique de son temps en expliquant que « nous n’avons d’autre critère de la vérité et de la raison que l’exemple et idée des opinions et usages du pays où nous sommes » et qu’ainsi « là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses. » [2] Ainsi, nous sommes en cela les dignes héritiers de Montaigne, car voilà bien quelque chose que l’on ne peut reprocher à notre temps, lui qui excelle dans le culte de l’autre, de l’altérité, de la diversité.
Ce culte s’accompagne d’une curiosité qu’il faut saluer et qui est exercée à la fois dans les milieux universitaires mais aussi au-delà de ce cadre. Autour des années 1980 ont émergé (essentiellement aux Etats-Unis) ce qu’on a appelé les Cultural Studies [3], qui donneront vite naissance à de nombreuses branches disciplinaires parmi lesquelles : Asian-American Studies, Women’s Studies, Black Studies, Subaltern Studies, Postcolonial Studies, Gender Studies, etc. Cette mode n’est cependant pas propre aux Etats-Unis car les influences principales de ces disciplines sont françaises (pensons à Foucault, Derrida ou Deleuze notamment) et celles-ci (les disciplines) ont une reconnaissance croissante – quoique tardive à certains égards – au sein de l’université française. En dehors du cadre scientifique, l’attrait pour l’altérité est visible par l’intérêt suscité au sein du « grand public » par des ethnologues comme Claude Lévi-Strauss ou encore, dans une moindre mesure, Jean Rouch. Que ce soit également par le biais des conférences « tout public » ou des magazines et émissions télévisées, l’intérêt pour ce qui est « autre » n’a jamais eu autant de succès, et l’omniprésence des termes de « culture », de « pratique culturelle », de « diversité », d’ « identité », de « mentalité » vient le confirmer.
Ainsi, curieux de l’ « autre » comme nous ne l’avons vraisemblablement jamais été, cherchant à comprendre mille et une choses (pourquoi tel groupe social, ethnique, religieux agit de telle manière ? Quelle est son histoire ? Quelle est l’origine de telle pratique ? Quelle est la justification de tel comportement ?) il est des cas où l’on ne se permet pas de poser ce genre de questions ; ou plutôt, où l’on se permet de ne même pas les poser. Il y en a plusieurs, mais celui qui intéresse ici, c’est celui de la Corée du Nord. Si nous sommes tous d’accord pour dire avec Kant que « tous les changements arrivent suivant la loi de liaison de la cause et de l’effet » [4], le traitement médiatico-politique réservé actuellement au cas nord-coréen montre que l’on ne s’embarrasse pas de beaucoup de questions pour trouver la cause de la situation présente. Il en est presque une seule : les lubies des dirigeants successifs. On trouve par exemple dans Mediapart que la Corée du Nord est « un enfer terrestre dirigé par des furieux de père en fils » [5]. Ce n’est évidemment pas la seule chose que Mediapart ait dit sur le sujet, mais cela est symptomatique de la façon dont on appréhende ce pays : tout (ou presque) est le produit de la folie du dictateur. France 2 [6] laisse largement sous-entendre que tout ce qui s’y passe est le fruit des caprices infantiles du chef : les variables principales de la situation du pays semblent être uniquement, d’après le reportage, « les rêves », « le secret », « les projets » du dirigeant. L’émission Sept à Huit excelle dans le même genre d’explications : on apprend de la bouche d’un ancien camarade de classe de Kim Jong-Un qu’adolescent il était très calme, sauf sur le terrain de basket. Là, « il voulait absolument gagner ». Conclusion implicite : si la Corée du Nord veut le nucléaire militaire, c’est que le décérébré qui est à sa tête n’aime pas perdre. Si l’on synthétise ce que l’on entend à longueur de journées sur la Corée du Nord, il apparaît qu’elle n’est rien d’autre que le simple produit des sentiments et contrariétés de ses différents chefs.
Ainsi, les nord-coréens n’ont pas le droit d’avoir de notre part, sur leur propre compte, une réflexion qui expliquerait dans quelles conditions la Corée a obtenu son indépendance et comment elle a été séparée en deux, quel est le poids du confucianisme chez elle, quel est précisément son mode de développement économique, comment produit-elle ses biens de consommations, quelles sont ses logiques institutionnelles, quelle est l’histoire de ses relations avec ses voisins (japonais, chinois, russes ou américains), comment la fermeture aux échanges économiques avec l’extérieur a influé sur la production et la consommation locales, quelles sont ses relations politiques avec les citoyens sud-coréens (et non pas simplement avec l’élite), etc. Non, point n’est besoin de s’embarrasser de telles questions : l’étude de l’autre qui nous est généralement si chère n’est ici pas nécessaire. Pas d’étude historique ni économique, pas (ou très peu) de géopolitique, pas de démographie ni de sociologie du fait religieux : la situation actuelle de la Corée du Nord s’explique par la folie de ses dirigeants, un point c’est tout. La justification psychologique semble suffisante.
Cette façon de procéder n’est cependant pas nouvelle. Elle a eu un ancrage disciplinaire extrêmement influent dans l’historiographie soviétique, connu sous le nom de courant « totalitaire ». Des propos de Richard Pipes [7] illustrent à merveille l’angle sous lequel se fait, au sein de cette mouvance, la « recherche » [8] sur la Russie soviétique : « Depuis ses origines, et à un degré exceptionnel, la Russie communiste fut le reflet de l’esprit et du psychisme d’un seul homme », en l’occurrence Lénine. Que ce soit dans des ouvrages s’adressant à un public plus averti (par exemple l’ouvrage cité ci-dessus comptant plus de mille pages) ou plus accessibles (comme le court livre d’une centaine de pages intitulé Les trois pourquoi de la Révolution russe), l’explication de tout ce qu’il s’est produit en Russie suite à la prise de pouvoir des bolcheviks relève presque exclusivement de la logique psychologique : ce qui arrive n’a jamais (ou très rarement) à voir avec des rapports internationaux conflictuels, des luttes entre faction au sein d’une tendance politique ou d’un parti, d’un état particulier du développement économique ; les choses se sont produites de la sorte parce que « Lénine était particulièrement dénué de scrupules » [9] ou encore parce qu’« il ne se souciait pas de son pays » [10]. Cela n’est bien entendu pas resté sans réponse et face à cette tendance historiographie s’est dressé le courant « révisionniste » ainsi que l’histoire sociale (ou « par le bas »), lesquels se refusent à voir la société comme une simple girouette qui tourne au gré des idées et caprices d’un chef omnipotent [11].
Cette attitude caractéristique du courant « totalitaire » est ainsi prédominante (voire quasi exclusive) dans le traitement médiatico-politique de la Corée du Nord. Inconsciemment, on s’inscrit souvent dans une logique marxienne quand il s’agit de « nous ». Nous savons pertinemment qu’il y a des conditions socio-économiques et des rapports matériels qui impulsent, freinent ou conditionnent telle politique, telle mentalité ; que l’histoire, la situation internationale – à condition que l’on s’inscrive dans une logique rationnelle – rendent souhaitables voire nécessaires des choix et en excluent certains. Or, quand il s’agit de quelques « autres », on régresse de Marx à Hegel : l’idée semble alors gouverner le monde, et la superstructure serait toute puissante face à l’infrastructure. En procédant de cette façon nous nous refusons la possibilité d’expliquer, par exemple, le dévouement patriotique des nord-coréens par autre chose que la simple domination du chef tout-puissant, alors que des décennies de lutte face aux envahisseurs américains, chinois, russes, japonais ainsi que l’annexion dont elle fut victime par le Japon de 1910 à 1945 sont des facteurs d’explication a priori non négligeables.
Il y a donc bien deux attitudes possibles. Non pas celles qui consistent à être soit « pro Corée du Nord » soit « anti Corée du Nord ». Mais, bien plutôt, d’un côté celle qui cherche à comprendre comment ce qu’on appelle le donné historique, les rapports économiques, les relations internationales, tout cela avec les solutions qu’on a voulu y apporter (ce qui impliquent que les secondes ne peuvent être dissociées des premiers), ont pu produire dialectiquement la situation actuelle. De l’autre côté, se contenter d’une explication psychologique naïve : tout cela arrive parce que le chef est « parano » et « mégalo ».
Ainsi, curieux de l’ « autre » et tolérants comme nous prétendons l’être, il serait grand temps de dépasser ces explications puériles et stériles de la situation actuelle nord-coréenne. L’ouvrage de Robert Charvin, Comment peut-on être coréen (du nord) ?, paru très récemment, nous en offre par exemple la possibilité.
Louis, militant JRCF
»» http://jrcf.over-blog.org/2018/02/l-autre-nord-coreen.html
[1] Les Essais, p.318.
[2] Idem.
[3] Voir l’ouvrage de François Cusset, French Theory, p. 143 et suivantes.
[4] Cf. Critique de la raison pure.
[6] Cf. reportage « La Corée du Nord de Kim Jung-Un », diffusé le 01/02/2018.
[7] La Révolution russe, p.317.
[8] Historien américain visiblement « proche du pouvoir » de son propre aveu : « En 1982, lorsque je travaillais au National Security Council, on m’a demandé de contribuer à donner des idées pour un discours très important que le président Reagan devait faire à Londres. » (Les trois pourquoi de la Révolution russe, p.33).
[9] Les trois pourquoi de la Révolution russe, p.67.
[10] Op. Cit., p.66.
[11] Pour plus de précisions sur ces courants historiographiques, voir l’article « Comment aborder le stalinisme ? Quelques réflexions de méthode » de Jean-Paul Depretto.

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