mercredi 31 janvier 2018

«Nonos» de la Meute: Trudeau critiqué pour des propos «indignes» de sa fonction 

Le premier ministre, Justin Trudeau
Photo AFPLe premier ministre, Justin Trudeau

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Justin Trudeau a utilisé des mots indignes de sa fonction en traitant les membres du groupe identitaire La Meute de «nonos», lundi soir, durant la vigile pour le premier anniversaire de l’attentat à la mosquée de Québec, selon des élus de l’opposition.
«Le premier ministre du Canada doit avoir des propos qui respectent les gens, peu importe leur vision de la société», a critiqué le député conservateur Pierre Paul-Hus, mardi.
Ce dernier estime que ce ne sont «pas des mots qui devraient sortir de la bouche d’un premier ministre», surtout lors d’un événement comme le premier anniversaire de la tuerie qui a fait six morts au Centre culturel islamique de Québec le 29 janvier 2017.
La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a accusé M. Trudeau d’avoir «instrumentalisé» la cérémonie. «Ce n’est pas digne d’un premier ministre», a-t-elle insisté.
Dans son discours où il a fustigé l’islamophobie, Justin Trudeau s’est notamment attaqué au logo de La Meute, une empreinte de patte de loup.
 
«C’est facile de condamner le racisme, l’intolérance, des discriminations contre la communauté musulmane. On sait c’est qui les racistes, c'est l'autre, c'est les nonos qui se promènent avec des pattes de chien sur le t-shirt», a-t-il dit.
En conférence de presse mardi, le premier ministre du Canada a défendu sa sortie. «Je vais toujours être là pour dénoncer ceux qui ne sont pas en train de bâtir une société meilleure et plus ouverte», a dit Justin Trudeau. Il a toutefois refusé de dire s’il croyait avoir abaissé le débat avec ses paroles.
Tout en concédant que le choix de mot du premier ministre «choquait» dans le contexte de la commémoration, le député néodémocrate Alexandre Boulerice n’a manifesté aucune pitié pour le groupe La Meute.
«On n’est pas obligés d’utiliser des gants blancs avec des gens qui attisent la haine», a-t-il observé.
La Meute outrée par les propos de Trudeau
Le groupe identitaire La Meute ne digère pas que Justin Trudeau ait traité ses membres de « nonos » lundi soir, lors de la vigile tenue à Québec pour le premier anniversaire de l’attentat à la mosquée de Québec.
La sortie du premier ministre du Canada lui a valu de se faire traiter de « trou de cul », mardi matin, par l’ancien chef du groupe, Sylvain « Maïkan » Brouillette.
« Celui qui fait des associations et des amalgames révoltants entre La Meute et le drame de la Grande Mosquée de Québec est non seulement un nono, mais un trou de cul », a-t-il écrit sur la page Facebook publique du groupe.

Pénurie de main-d’œuvre ou emplois de mauvaise qualité? (Radio-Canada | audio)


L’idée selon laquelle des régions entière du Québec et du Canada connaîtrait une pénurie de main-d’œuvre revient dans l’actualité, particulièrement dans un contexte de taux de chômage historiquement bas. Mais s’agit-il véritablement de pénurie de main-d’œuvre ou d’offre d’emplois peu intéressants? J’en discutais hier avec le journaliste de Radio-Canada dans le Bas-du-Fleuve, Jérôme Lévesque-Boucher. On peut écouter l’entrevue ici, et lire ci-dessous l’article qui en a été tiré.
 

Pénurie de main-d’œuvre ou emplois de mauvaise qualité?

Publié le lundi 29 janvier 2018
Les employeurs de Bas-Saint-Laurent en parlent de plus en plus: c’est difficile de trouver de la main-d’oeuvre pour combler les postes disponibles dans la région, par les temps qui courent. Toutefois, est-ce que les emplois qui sont disponibles sont attirants pour la main-d’oeuvre disponible?

Un reportage de Jérôme Lévesque-Boucher

Au Bas-Saint-Laurent, on remarque exactement le même phénomène qu’ailleurs dans la province ou même à l’échelle nationale: les emplois peu rémunérés ou ayant des conditions de travail moins enviables que les autres sont les emplois qui peinent à être comblés.
Selon les dernières données de Statistique Canada, les secteurs d’emploi les plus touchés par une pénurie de travailleurs sont les emplois saisonniers, les travailleurs du secteur agricole, les travailleurs du secteur de la transformation alimentaire et les nettoyeurs spécialisés comme les hommes et femmes de ménages.
Pour l’économiste indépendant Ianik Marcil, ces secteurs d’emploi présentent des aspects similaires: ils sont peu rémunérés et offrent des conditions de travail peu enviables.
Ce n’est tout simplement pas intéressant pour la main-d’œuvre disponible, qui est de plus en plus éduquée. On est donc obligés d’importer de la main-d’œuvre, surtout dans le secteur agricole, pour combler la demande.
Ianik Marcil, économiste indépendant
Ianik Marcil ajoute que pour contrer le phénomène, de plus en plus d’entreprises en arrivent à la conclusion qu’offrir des conditions de travail plus enviables leur est beaucoup plus rentable à long terme. « La formation d’un employé est, en grande partie, assumée par l’entreprise. Un taux de roulement trop grand affecte grandement le capital de ces entreprises-là. »
L'économiste indépendant Ianik Marcil sourit à la caméra.
L’économiste indépendant Ianik Marcil.   Photo : MARIO JEAN/MADOC
Pour quelle raison certaines entreprises hésitent à emboîter le pas, si l’initiative est rentable? « Pour une multitude de facteurs. Si l’entreprise doit répondre à des actionnaires qui veulent le maximum de rendement le plus rapidement possible, les incitatifs à long terme ne sont pas là », précise Ianik Marcil.
Ce n’est pas par mauvaise volonté que les entreprises n’offrent pas de meilleures conditions de travail. C’est simplement parce que dans plusieurs cas, la structure de l’entreprise et son modèle d’affaires ne le permettent pas.
Ianik Marcil, économiste indépendant
Pour contrer le phénomène, l’économiste plaide pour une concertation régionale beaucoup plus forte. « Ça semble facile à dire mais en voyant à plus long terme, les entreprises seront davantage incitées à investir sur le long terme sachant qu’elles ont, devant eux, un horizon qui leur est favorable. »
 

mardi 30 janvier 2018

A Paris, en soutien aux communistes polonais : au nom de l’internationalisme prolétarien

                                                                                                                                                   
 
 
 
 
« KPP, solidarité ! » « Kaczynski fasciste, vive le Parti communiste ! » « Elle est pourrie l’Union européenne qui bénit les fascistes et traque les communistes ! » Les slogans fusent. Il est 14h 30 ce samedi 27 janvier 2018 lorsque des dizaines de personnes manifestent devant l’ambassade de Pologne à Paris leur solidarité avec le Parti communiste polonais (Komunistyczna Partia polski / KPP) dont deux militants sont poursuivis par la justice polonaise.
 
Leur procès aura lieu ce jeudi 1er février à Dąbrowa Górnicza (Haute-Silésie). Ils risquent deux ans de prison pour avoir écrit des articles… Pour avoir exprimé une opinion, dans Brzask, la revue du KPP, et sur le site internet d’une organisation pourtant légale ! Quel bel exemple de « démocratie » et de « respect du pluralisme » que cette Pologne offerte, depuis 1990, à la restauration capitaliste !
Une dizaine d’organisations se sont associées à l’appel du Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), l’association Les Amis d’Edward Gierek et le PRCF.
A l’ombre des drapeaux rouges marqués du marteau et de la faucille ou aux couleurs du pays de Mickiewicz, Les intervenants se succèdent (1).
La situation économique dans cette Pologne devenue un « réservoir de main-d’œuvre taillable et corvéable à merci ».
La répression anticommuniste qui affecte non seulement la Pologne, mais aussi la Hongrie, les pays baltes ou encore l’Ukraine.
La montée de l’autoritarisme en France même, à travers la criminalisation soutenue du mouvement social (4 300 militants poursuivis dans le cadre de la lutte contre la loi Travail).
La fascisation qui « accompagne la marche de l’Europe supranationale et néolibérale » et la nécessaire solidarité internationaliste de classe qui unit les communistes par-delà les frontières.
Le ton est à la contre-offensive.
 

 
Un premier pas vers la délégalisation du KPP ?
 
Une représentante du KPP est alors invitée à prendre la parole. Une ovation lui est réservée. « En Pologne, on se sent parfois bien seuls, envahis par l’anticommunisme et aux prises avec la démonisation de notre passé et de la Pologne populaire », commente-t-elle. Elle se dit « ravie de vous voir ici. C’est un grand espoir pour nous ». Et de rappeler que « ce procès est un élément clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste en Pologne.
Cette accusation est le premier instrument afin d’interdire, de délégaliser le Parti communiste polonais et de criminaliser l’idée communiste ». A ses côtés ont pris position une figure de la résistance communiste en Indonésie, un membre du conseil national du PCF et aussi des « camarades italiens ».
Le rassemblement se termine aux sons de La Varsovienne et de L’Internationale interprétée en polonais !
 
Manifestations en Europe
 
De Varsovie, prévenus du succès de cette mobilisation, les dirigeants du KPP se félicitent ! Des manifestations similaires ont eu lieu à Berlin, Londres, Moscou, Leningrad, Madrid et Barcelone… Une ombre au tableau cependant : Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne à Paris, a refusé de recevoir une délégation sous prétexte d’un « agenda chargé ».
« La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. La valeur d’un homme réside dans son courage », révèle une citation célèbre. D’aucuns en manquent assurément…
 
Note :
(1) Ont successivement pris la parole lors de ce rassemblement : Les Amis d’Edward Gierek, le Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), la Coordination communiste 59/62, le Front syndical de classe (FSC), Jeunes pour la renaissance communiste en France (JRCF), Parti communiste de la Fédération de Russie, Parti communiste révolutionnaire de France (PCRF), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Parti communiste polonais (KPP).
 
Source : Investig’Action
 

Une lettre d’hommage de l’historienne Annie-Lacroix Riz suite au décès, le 14 janvier dernier, du philosophe marxiste Jean Salem
 
paru sur le blog de la Librairie Tropiques (Paris 14 ème) qui organise demain 30 janvier à 19 h 30, en ses locaux, une soirée intitulée « Salut Jean », avec, e.a., Aymeric Monville (des Editions Delga) qui a beaucoup fait pour diffuser son oeuvre, de Dominique Pagani, et l’amicale participation de Alain Badiou au débat… Cet hommage de Annie Lacroix-Riz me touche à des tas de niveaux parce qu’Annie, comme Jean, est ce qu’elle est, quelqu’un qui aura tenu avec courage et compétence le front académique. Qu’il y ait eu dans ces temps de déshonneur des intellectuels de cette qualité pour accepter ce combat dit l’honneur des clercs, leur filiation avec les Politzer, mais sans même le soutien d’un parti communiste. Je découvre en lisant ce texte qu’Annie est comme moi issue d’une famille de juifs polonais, comme Jean Salem était le fils d’Alleg. Jamais il n’y eut le reniement de l’Union soviétique, de la victoire contre le nazisme. Merci jean, merci Annie. (note de Danielle Bleitrach)
 Résultat de recherche d'images pour "Annie Lacroix Riz"
Chers amis,
Je voudrais vous dire à quel point je considère la philosophie et la pensée marxistes en France comme durement frappées par le décès prématuré de Jean Salem, ce philosophe qui, avec panache, a continué, par très gros temps, à revendiquer ses options initiales de changement du monde.
Je connaissais Jean depuis plusieurs années, et ai apprécié son séminaire, qui a vaillamment œuvré à maintenir dans une tribune académique, et quelle tribune que celle de la vieille Sorbonne, la pensée marxiste. C’était œuvrer à contre-courant de l’idéologie dominante, non seulement hégémonique, mais en passe de devenir exclusive, puisque se dessine désormais, après le dénigrement, l’interdiction d’accès à tout moyen de communication et de formation (enseignement inclus) de toute pensée critique, désormais systématiquement taxée de complotisme. Les historiens critiques ne sont pas mieux lotis que les philosophes dans le droit à l’expression; ils en sont même encore plus strictement exclus, aucune participation au moindre « débat » ne leur étant jamais accordée, à l’université ou en dehors. C’est dire à quel point je sais gré à Jean, si sensible au fait que la philosophie et l’histoire s’enrichissent mutuellement, de m’avoir à plusieurs reprises invitée à son séminaire et d’y avoir convié bien d’autres intellectuels que le public ne voit ou n’entend jamais.
Je suis désolée de ne pas être présente physiquement à cet hommage, qui certes ne pouvait être différé, mais j’ai eu à choisir entre cet hommage, auquel participeront nombre de mes amis et camarades, et la présence à une manifestation de soutien aux communistes polonais menacés d’interdiction et de prison. Protester contre l’ignominie des héritiers de Pilsudski et de Beck me paraît particulièrement légitime pour une petite-fille de juifs chassés de Pologne vers 1920 par les pogroms et autres exactions orchestrés par les réactionnaires antibolcheviques et antisémites polonais, et à laquelle ses recherches ont confirmé les horreurs qu’on lui avait racontées à ce sujet pendant toute son enfance. Ni Jean, ni son père Henri Alleg, symbole de la résistance à l’oppression qui a tant combattu la domination coloniale et la traque des militants antinazis persécutés après 1989 dans toute l’Europe orientale devenue germano-américaine, ne songeraient, je pense, à me le reprocher.
L’un et l’autre sont demeurés fidèles, par leur pensée et leur action, d’une part, aux militants révolutionnaires de 1914 désespérés par l’abdication du mouvement ouvrier de l’époque, et qui ne pouvaient alors imaginer 1917, forgé par les bolcheviques, et, d’autre part, au socialisme réel, car ils savaient que la perte d’une bataille, si décisive soit-elle momentanément, ne signifie pas la défaite. Merci Jean, pour tout ce que tu as apporté à la philosophie progressiste, aux Lumières aujourd’hui si menacées par la coalition des impérialismes dominants, américain et allemand, et des impérialismes dominés, dont le français, singulièrement capitulard, comme tu l’as souvent écrit. Nul ne peut douter que la crise, si profonde et durable du capitalisme, et la reconstruction inéluctable du mouvement révolutionnaire qui lui est liée, ne te donnent les brillants successeurs dont notre pays et notre peuple ont besoin.
Annie-Lacroix Riz, historienne

lundi 29 janvier 2018

Un nouvel équilibre des pouvoirs

 
 
 
 
 
 
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Le Parti communiste chinois (PCC) doit sa force à tous les gens du peuple qui ont combattu à ses côtés pour parvenir à l’indépendance nationale et qui l’ont aidé à remporter la guerre civile contre le Guomindang.
Toutefois, le Parti est sorti du droit chemin à un moment de l’histoire : il a commis des erreurs de jugement et de calcul qui ont eu des conséquences tragiques comme la Révolution culturelle (1966-1976) ou la mise en œuvre de politiques hostiles aux échanges et au commerce, ce qui a provoqué une perte de dynamisme économique.
Après s’être rendu compte de ses erreurs, le PCC a réajusté ses politiques, sorti la population chinoise de la pauvreté et accompli un miracle économique qui a étonné le monde entier.
[…]
Tous ces progrès n’auraient pu voir le jour si la Chine avait adopté un système multipartite sur le modèle occidental. Sous la gouvernance du PCC, la Chine est exempte des querelles politiques partisanes comme l’on voit en Occident, ce qui explique en partie pourquoi la nation chinoise parvient toujours à établir un consensus pour avancer en accord avec les intérêts de la grande majorité des citoyens.
Dans une large mesure, le PCC a perpétué les traditions confucianistes et construit un prodigieux système de sélection des dirigeants sur la base de leurs mérites et de leurs performances. Par exemple, la plupart des décideurs aux plus hautes sphères du pouvoir ont exercé au moins deux fois plus longtemps que les secrétaires du Parti ou les gouverneurs au niveau provincial.
[…]
Aux États-Unis, le pouvoir du capital affiche un avantage sur les pouvoirs politique et social. Influencé par le capital, le pouvoir politique américain manque d’indépendance et de neutralité, n’ayant d’autre choix que de céder aux exigences émanant des divers intérêts personnels.
De la même façon, le pouvoir du capital a imprégné le pouvoir social dans ses moindres aspects. Cela ne fait aucun doute au vu de sa capacité à contrôler les médias traditionnels et à fixer l’agenda social du pays. Si le penchant actuel en faveur du pouvoir du capital n’est pas rectifié à temps, il est fort probable qu’une nouvelle crise, encore plus grave, se déclenche. Pourtant, pas l’ombre d’une réforme pour s’attaquer à ces problèmes n’est en vue.
En Chine, il est impossible pour les 100 Chinois les plus riches d’influencer le Bureau politique du Comité central du PCC ; alors qu’aux États-Unis, les quelque dix magnats les plus fortunés peuvent façonner les politiques de la Maison-Blanche.
Dans le cas de l’Europe, les forces sociales peuvent souvent mettre à mal le processus de décision. La plupart du temps, de cette situation naît un dilemme où les gens ont tendance à privilégier le gain personnel aux dépens des objectifs collectifs et de long terme. Face à ce manque de consensus dans la démocratie européenne, il est difficile pour les gouvernements de poser des bases solides pour la réforme.
Le pouvoir politique en Chine a, dans l’ensemble, réussi à conserver son indépendance et sa neutralité au cours d’une trentaine d’années de réforme et d’ouverture, malgré la croissance rapide de ses pouvoirs social et du capital. En Chine, le pouvoir du capital est limité dans une large mesure par les forces politiques et sociales, le rendant incapable d’imposer un diktat politique. Certes, le fossé entre les riches et les pauvres s’est élargi ces dernières années, mais le pouvoir politique en Chine a majoritairement réussi à garantir l’élévation constante du niveau de vie des catégories modestes.
Dans le même temps, le pouvoir social en Chine a hérité d’une tradition d’égalitarisme, de telle sorte que la société chinoise est presque toujours encline à limiter le pouvoir du capital. Cet équilibre entre les pouvoirs politique, social et du capital a permis à la Chine d’éviter le genre de crise financière et crise de la dette qu’ont connu les États-Unis, tout en faisant de la vaste majorité des Chinois les bénéficiaires du développement rapide du pays.
[…]
Après vingt années passées à travailler/étudier à l’étranger et à voyager dans une centaine de pays et régions, j’en suis arrivé à la simple conclusion que la structure du parti chinois et sa gouvernance de type méritocratique transcende le modèle occidental, comme l’illustrent l’amélioration continue du bien-être de la population et la hausse du taux de satisfaction de l’opinion publique quant à l’approche chinoise pour la modernisation.
Le 5 octobre 2016, le centre de recherche américain Pew Research Center a publié les résultats d’un sondage, révélant que les Chinois se montrent optimistes vis-à-vis de l’avenir économique à long terme. « Environ 82 % pensent que les enfants qui grandissent aujourd’hui au pays bénéficieront d’une meilleure situation financière que leurs parents », indique le rapport. Il fait remarquer que « l’attitude positive du peuple chinois contraste nettement avec le pessimisme observé aux États-Unis et dans la plupart des pays européens ».
ZHANG Weiwei, Un nouvel équilibre des pouvoirs, Chine au présent, 23/10/2017.
Lire aussi :
ZHANG Weiwei, réforme du système politique et vox populi,
Chine au présent, 04/03/2011.
Eric X. LI, L’histoire de deux systèmes politiques,
Chine en Question.
XIXe Congrès du Parti communiste chinois,
Agence de Presse XinhuaBeijing InformationCentre d’Informations Internet de ChineChine au présent.
Dossier documentaire Chine,
Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine,
Monde en Question.

Notre obsession anti-musulmans

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Une année jour pour jour après la tuerie de la mosquée, mon cœur se fend encore en mille morceaux quand je regarde des photos que j’ai prises à l’intérieur de la salle de prière deux jours après le drame.
Des traces de sang sur le plancher, des traces de pas ensanglantés dans les escaliers qui conduisent au sous-sol.
Facile d’imaginer les blessés tenter de fuir.
Et plusieurs photos de trous de balle dans les murs. Jamais je ne les effacerai de mon iPhone.
Radio et intolérance
Pourquoi regarder de temps à autre des photos aussi morbides ?
Pour me rappeler, jusqu’où peut mener la haine. Ou la folie. Ou les 2 ensemble.
Pour un animateur de radio parlée, ça peut être utile.
Comprenez-moi bien, je ne crois pas que la radio de Québec ait quoi que ce soit à voir avec les gestes posés par le tireur ce soir-là.
Personne, à part le tueur, n’a de sang sur les mains.
Mais cette violence nous a quand même forcés à se calmer les nerfs collectivement (pas juste la radio) face aux questions reliées à l’Islam ou aux musulmans en général.
Islamophobie
Car oui, il y a bel et bien de l’islamophobie au Québec. Ceux qui refusent de l’admettre mentent effrontément et sont hypocrites.
Suffit de parcourir les réseaux sociaux pour le comprendre.
Une islamophobie souvent basée sur la haine de tout ce qui n’est pas blanc et francophone.
Bien sûr, il ne faut pas devenir une société exagérément complaisante.
Il faut pouvoir débattre du respect de l’égalité hommes-femmes, du port des signes religieux dans l’espace public, de la radicalisation.
Mais le débat ressemblait souvent à une obsession anti-musulmans depuis quelques années au Québec.
Reste à voir, lors du procès, ce qui a bien pu pousser le tireur à agir ainsi.
PCF : 2018, la refondation ou la mort ? Faire du changement de système le coeur de l’action du PCF.
, par  Christian Harquel , popularité : 100%

             
Le débat préparatoire au congrès doit prendre de l’ampleur. Samedi 13 janvier nous y contribuerons à Vénissieux. Ce texte écrit par C. Harquel secrétaire de la section Béziers Ouest qui se veut de portée générale dans sa concision ne s’oppose en rien au travaux que nous poursuivons par ailleurs. Il nous faut aller au congrès par tous ces chemins pour rendre intelligible à chacun les enjeux.
Paul Barbazange

PCF : 2018, la refondation ou la mort ?

Notre parti traverse la crise politique la plus grave depuis sa création en 1920.
Le choix stratégique de l’alliance avec la social-démocratie pour des transformations progressives de la société dans le cadre institutionnel et notamment gouvernemental, sur lequel il avait bâti son action particulièrement ces cinquante dernières années, vient de capoter définitivement avec la débâcle historique du parti socialiste lors des consultations électorales de 2017.
Le capitalisme mondialisé dans sa course folle à l’accumulation et à la concurrence généralisée ne laisse plus d’espace à quelque politique que ce soit d’aménagement social du système.
L’illusion social-démocrate, elle, ne s’effacera pas de sitôt. Elle est constitutive du système. Son expression politique mouvante fluctuera au gré des frustrations populaires qu’elle ne manquera pas de provoquer.
Le parti communiste doit tirer les conséquences stratégiques de cette situation sous peine de disparaître.
Le capitalisme a envahi toutes les sphères de l’activité humaine même les plus intimes. Tout est devenu marchandise. Il occupe tous les pouvoirs. Mais sa boulimie provoque les pires catastrophes et conduit notre monde à sa perte.
La conscience de ce danger progresse dans la population et jamais le capitalisme n’a été autant mis en cause comme système.
Les classes dirigeantes ont choisi la fuite en avant, s’appuyant sur les dégâts qu’elles provoquent parmi les populations et leur environnement pour pousser plus loin encore leur domination. C’est suicidaire !
Les réactions ne manquent pas mais elles peinent à assumer les transformations profondes et les solutions radicales que la situation exige.
Le PCF en est là. Il y a pourtant un espace politique patent pour un parti réellement révolutionnaire porteur d’un communisme en acte, s’appuyant en France sur la part de communisme ouverte par les conquis portés par les ministres communistes du gouvernement du CNR et les militants du PCF et de la CGT.
Si le capitalisme est le mal, alors le PCF doit le dire clairement et faire du changement du système le cœur de son action.
Il doit assumer que cela passe par un affrontement de classe sans précédent. Son exigence démocratique ne peut s’extraire de la nécessaire lutte de classe. Ses propositions doivent d’emblée viser le cœur du système.
L’urgence démocratique est celle de l’appropriation publique et sociale des moyens de production, d’échange et d’information, de la maitrise des richesses produites et du travail qui les crée.
Il n’est plus supportable qu’une minorité dispose de tous les pouvoirs pour la seule satisfaction de ses propres intérêts.
Le rassemblement que cela implique est celui du salariat dans son ensemble, sur ses intérêts de classe pour un changement de société. La destitution des classes dirigeantes actuelles en est une condition nécessaire.
Cette radicalité s’appuyant sur une urgence démocratique n’est pas un frein à son action. Au contraire elle doit en être la marque.
Les militants du PCF doivent saisir l’occasion de leur congrès pour s’engager dans la seule voie qui leur est ouverte celle de la révolution assumée.
Christian Harquel, secrétaire de la section ouest biterrois Hérault