dimanche 28 janvier 2018

"Est-ce qu'il y a des librairies au Nigeria ?" : après la polémique, Chimamanda Ngozi Adichie répond

"Est-ce qu'il y a des librairies au Nigeria ?" : après la polémique, Chimamanda Ngozi Adichie répond
Chimamanda Ngozi Adichie, le 14 jan vier à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Il est raisonnable de s'attendre à ce que le Nigeria ait au moins une librairie, puisque mes livres y sont lus."

Par L'Obs
"Peut-être que les Français ne peuvent pas concevoir le Nigeria comme un endroit où il y aurait des librairies. En 2018, à notre époque d'interconnexion et d'Internet, c'est une honte." La romancière et féministe nigériane Chimamanda Ngozi Adichie revient sur la polémique qui a agité son passage en France dans un post Facebook.
Lors d'un débat public à l'occasion de la Nuit des idées, vendredi 26 janvier, elle a été questionnée par Caroline Broué, une journaliste de France Culture.
Après lui avoir demandé si ses livres étaient lus au Nigeria, son pays d'origine, Caroline Broué s'est laissée aller à une question plus étonnante, qui n'a manqué de surprendre le public et de provoquer quelques huées : "Est-ce qu'il y a des librairies au Nigéria ?"
"Je pense que cela donne une mauvaise image des Français que vous ayez à me poser une telle question. [...] Mes livres sont lus au Nigeria, ils sont étudiés dans les écoles, pas seulement au Nigeria, dans l'ensemble du continent africain aussi", avait alors répondu Chimamanda Ngozi Adichie, s'attirant les applaudissements d'une partie de la salle.

Une idée "rétrograde" de l'Afrique

Dans un post Facebook publié samedi soir, l'écrivaine revient plus longuement sur cet épisode, et explique sa réaction.
"Je ne m'attends pas à ce qu'un Français sache presque tout sur le Nigeria", explique-t-elle d'abord. "Je ne sais presque pas tout de la France."
"Mais être invité à 'dire aux Français que vous avez des librairies au Nigéria parce qu'ils ne savent pas' [ce qui était la justification de Caroline Broué, NDLR], c'est répondre à une idée volontairement rétrograde que l'Afrique est si à part, si pathologiquement 'différente' qu'un non-Africain ne peut pas faire d'hypothèses raisonnables sur la vie là-bas." Elle ajoute :
"Je suis une écrivaine nigériane dont la première partie de l'éducation s'est faite au Nigeria. Il est raisonnable de s'attendre à ce que le Nigeria ait au moins une librairie, puisque mes livres y sont lus.

Si la question avait été 'est-ce difficile d'avoir accès aux livres ?' Ou 'les livres sont-ils abordables ?' cela aurait été différent, car cela aurait la peine d'engager la conversation."

"Une honte"

Citant plusieurs de ses librairies préférées au Nigeria, elle conclut :
"Peut-être que les Français ne peuvent pas concevoir le Nigeria comme un endroit où il y aurait des librairies. En 2018, à notre époque d'interconnexion et d'Internet, c'est une honte." Chimamanda Ngozi Adichie reconnaît néanmoins que Caroline Broué était, dans ses précédentes interventions, "intelligente, réfléchie et bien préparée". 
"Quand elle a posé la question, j'ai été surprise parce que c'était bien en dessous du registre intellectuel de ses questions précédentes."
Bilan, bilan autocritique et pot de confiture...
, par  Hervé Fuyet , popularité : 24%



Une rumeur voudrait que notre inénarrable secrétaire national du PCF ne souhaite pas soumettre un bilan circonstancié de la période précédente au Congrès extraordinaire prévu pour 2018 ! Une fake news peut-être, ou bien cela fait partie des réinventions “laurentiennes” !
Car enfin, qu’il s’agisse d’une association 1901, d’un mouvement social ou d’un parti politique, soumettre un bilan de la période précédente fait partie du rituel.
Il est vrai qu’en ce qui concerne les partis communistes, on parle plutôt d’autocritique, au sens d’évaluation. L’index de œuvres complètes de Lénine dresse une liste de plusieurs pages de titres de textes portant sur l’autocritique. Le mot bilan n’y figure même pas !
Quoi qu’il en soit, notre pierrot national semble réticent à l’exercice, qu’il se nomme bilan, bilan autocritique, ou autocritique. Qu’importe d’ailleurs d’une certaine façon l’étiquette, c’est plus le contenu du pot de confiture qui compte. Et c’est là que le bât blesse !
En effet, si l’objectif est d’aboutir à un parti politique hybride, rose tendre de contenu, mais à étiquette d’un beau rouge, de façon à obtenir votes et élus sans secouer trop la baraque, le bilan pourrait signaler une continuation du “combat” dans la même direction.
Si par contre, il s’agit de renouer avec une tradition révolutionnaire Si par contre, il s’agit de reprendre place parmi les partis communistes marxistes et léninistes. Je pense à des PC au pouvoir ou pas comme ceux de la Chine, du VietNam, du Laos, de Cuba, de l’Afrique du Sud, de la Russie, du Portugal, de l’Espagne depuis son tout récent congrès... etc (je m’arrête, car la liste serait trop longue).
S’il s’agit de tout cela, le “bilan” sera forcément très, très globalement négatif !
Devant le déclin du PCF, et la quasi disparition des PC qui ont choisi la dérive “eurocommuniste”, le “bilan” devrait, par exemple, répondre à la question :Pourquoi la direction du PCF s’est entêtée à faire glisser le Parti sur les rails de l’Eurocommunisme ?
Ou encore, pourquoi le Parti et l’Humanité parle peu, ou même pas, de la nostalgie très majoritaire à l’égard de leur socialisme, des populations russe, et de celles des autres pays socialistes de l’Europe de l’Est.
Ou encore, pourquoi ne pas montrer que le socialisme est en pleine ascension dans le monde,qu’il résiste avec succès à aux impérialismes occidentaux, mais qu’il régresse principalement en Europe occidentale.
D’autres questions de même nature pourraient constituer une sorte de grille d’analyse qui rendrait le contenu du pot de confiture extrêmement savoureux et surtout utile.
Ces temps-ci, diverses réunions de communistes dans leur section ou fédération font penser au mur des lamentations. Pourtant la situation est loin d’être désespérée. En se joignant à ceux qui, en nombre croissant dans le Parti, exigent un bilan autocritique posant les bonnes questions, nous pouvons contribuer à sortir notre PC de l’ornière où il s’embourbe actuellement.
Hervé Fuyet

dimanche 21 janvier 2018

LNG’s unlikely saviour? B.C.’s NDP premier turns cheerleader in Asia trip

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The NDP leader who criticized LNG during his campaign could make a big difference to the industry on an upcoming trip to Asia

John Horgan, whose views on LNG during the campaign ranged from non-committal to hostile, could make a big difference to the industry on his trip to Asia.Canadian Press/Darryl Dyck

 

To the surprise of many, British Columbia NDP Premier John Horgan could emerge as the saviour of Western Canada’s troubled liquefied natural gas (LNG) industry.
Horgan is leaving Saturday for a 10-day mission to Asia and will have meetings in China, Korea and Japan with backers of two proposed LNG projects: LNG Canada, sited in Kitimat and led by Royal Dutch Shell PLC with partners PetroChina, Korea Gas Corp. and Mitsubishi Corp. of Japan; and Woodfibre LNG, located north of Vancouver in Squamish, and owned by the RGE group of companies based in Singapore.
Meanwhile, Kitimat LNG, a joint venture between Chevron Corp. and Australia’s Woodside Petroleum Ltd., is re-emerging as a player with Horgan’s support and is working to improve the competitiveness of its proposed plant.
I think we have a real opportunity of perhaps landing one or two LNG facilities here in British Columbia
John Horgan  
The three projects are viewed as front-runners to build on the B.C. coast after years of market, regulatory and political setbacks that led to the cancellation of two major projects and the retreat of many others.
Hurdles remain, but improved LNG prices, rising global demand and First Nations’ support seem to be fuelling Horgan’s interest after criticizing the LNG industry during the provincial election campaign last year.
“I think we have a real opportunity of perhaps landing one or two LNG facilities here in British Columbia,” Horgan told Stewart Muir, executive director of Resource Works Society, in an interview at a natural resources conference in Prince George earlier this week. “That is exciting, and we are going to be talking about that in China, Korea and Japan.”
Signs reading “We Want LNG Canada” stand on a lawn in the residential area of Kitimat, B.C. Ben Nelms/Bloomberg
Horgan, in an interview with Alaska Highway News in December, said he wants B.C.’s natural gas to get higher prices through LNG exports.
“The advent of hydraulic fracturing has meant North America is awash in gas and that’s driving the price down, making it difficult for producers in the Peace to succeed,” he said. “I think there’s a bright future for natural gas in the Peace and in British Columbia, but we want to make sure we’re meeting our climate objectives. We’re serious about reducing our emissions, I know the industry is as well.”
Horgan’s newfound backing of LNG is surprising given that his party needs the support of the anti-fossil-fuel Green Party to maintain a slim majority in the legislature (Green Party leader Andrew Weaver on Wednesday said the NDP would fall if the party “continues to pursue LNG folly.”)
But he sounds a lot more business-friendly than a year ago, when he was campaigning to defeat Christy Clark’s Liberal government and his views on LNG ranged from non-committal to hostile.
Former B.C. Premier Christy Clark. Postmedia News
Those views were partly behind Malaysia-based Petronas’s decision last July to kill its $36-billion Pacific NorthWest LNG project. A couple of months later, Nexen Energy ULC, the Canadian subsidiary of Chinese oil giant CNOOC Ltd., along with Japanese partner INPEX, pulled the plug on a feasibility study to build the $28-billion Aurora LNG project.
The province’s reputation as a place to invest in energy was further damaged by Horgan’s opposition to the Trans Mountain pipeline expansion and his threat to cancel the Site C hydro project in mid-construction.
But the premier has moderated his views, much like Alberta’s NDP government, which initially knocked the oil industry, then became its cheerleader after realizing it needs the taxes and royalties generated by fossil fuels to pay for programs.
Horgan gave the go-ahead to finish the Site C hydro project and has been meeting privately with LNG proponents to see what can be done to get their projects to the construction stage.
“Those of us who are actively pursuing projects feel (we) have the support of this government … we are pleasantly surprised,” said Byng Giraud, country manager for Woodfibre LNG.
“The new minister of energy has been easy to meet and they are engaged in looking at what are the levers that are preventing this from moving forward. The outcome of that remains to be seen, but, right now, they are saying the things we want to hear.”
Giraud said his company’s decision-makers are meeting with Horgan in China during the trade mission.
“We want to … show the premier that the Chinese are extremely interested in this product if we can get the right price,” he said. “They want Canadian gas, but not at any price.”
The WoodFibre LNG project site in Howe Sound south of Squamish, B.C. Ben Nelms for National Post
Woodfibre will continue to look for cost savings before deciding whether to move ahead with a $1.6-billion liquefied natural gas plant in partnership with the Squamish Nation.
Meetings between Horgan and LNG Canada’s Asian partners during the trade mission — his first since the NDP formed a government last summer — are good news for the project, which should receive a final investment decision in the second half of 2018.
The project’s major remaining stumbling block is the federal anti-dumping duties on industrial steel components made in China and South Korea that would increase costs. The project has applied for exemptions in the courts and with the federal finance department.
As for Kitimat LNG, Ray Lord, communications lead at Chevron Canada Ltd., said Horgan recently re-affirmed his government’s support for the project and offered to look at opportunities to make it competitive.
“The current market for new LNG projects is challenged as significant supply from recently completed major projects and new supply sources exceeds current demand,” Lord said in an emailed statement. “However, a significant opportunity exists for new competitive projects to supply LNG to Asia during the next decade.”
A target date to make a final investment decision on the project has not been set, he said.
But industry proponents said Horgan can make a big difference to Canada’s depressed natural gas industry by leading the startup of LNG facilities on the B.C. coast.
LNG is not the greenest energy source, but it would be subject to emissions standards that would make any from B.C. the world’s cleanest, according to the previous Liberal government. 
It would also provide an “unprecedented opportunity for First Nations to take part in the creation of a new resource industry and see the benefits directly in their communities,” Fort St. John Mayor Lori Ackerman and Dawson Creek Mayor Dale Bumstead said in an open letter this week.
The mayors urged the province and the federal government to get on with it. Horgan, at least, has apparently made a start.
• Email: ccattaneo@nationalpost.com | Twitter:

Turquie : des éboueurs créent une bibliothèque à partir de livres jetés aux ordures

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En huit mois, les éboueurs du quartier d'affaires de Çankaya à Ankara (Turquie) ont recueilli 5.000 ouvrages destinés aux ordures. Grâce à leur collection, ils ont créé une bibliothèque dans les locaux de la municipalité.

Les éboueurs d'Ankara (Turquie) à l'origine de la bibliothèque ont recueillis 5.000 livres en 8 mois.
Les éboueurs d'Ankara (Turquie) à l'origine de la bibliothèque ont recueillis 5.000 livres en 8 mois.Crédit : ADEM ALTAN / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
 
5.000 livres alignés sur les étagères d'un couloir où résonne de la musique classique. Dans les locaux de la municipalité d'Ankara en Turquie, une toute nouvelle bibliothèque a vu le jour il y a 8 mois. Sa particularité : elle n'est composée que d'ouvrages récupérés par les éboueurs, dans les poubelles du quartier d'affaires de Çankaya.

"Nous faisons en sorte que les livres jetés à la poubelle, devenus sans valeur, la retrouvent en les rendant accessibles au public", explique Sema Keskaya, chargée des ressources humaines à la mairie d'
Ankara, à l'agence turque Anadolu.

"L’idée initiale d’établir cette bibliothèque est apparue après que les ouvriers de la ville ont demandé comment les livres qui avaient été jetés dans les poubelles pouvaient être réutilisés", ajoute-t-elle. Aujourd'hui, la bibliothèque compte 5.000 livres répartis en 17 catégories, allant de la littérature à la 
politique.
Maintenant, nous avons une bibliothèque ici et c’est superbe
Serhat Baytemur, un éboueur de 32 ans
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Ce nouveau lieu de culture ankariote est aujourd'hui ouvert à tous, mais les éboueurs en restent les utilisateurs privilégiés. Ouverte tôt le matin et jusqu'à 17h30, la bibliothèque leur permet de s'y rendre pendant leur pause déjeuner ou avant de commencer leur journée de travail.
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"Avant, je souhaitais avoir une bibliothèque dans ma maison. Maintenant, nous avons une bibliothèque ici et c’est superbe. Je veux lire tous les livres", confie Serhat Baytemur, un éboueur de 32 ans.

La bibliothèque reçoit également des dons de l'extérieur. Eray Yilmaz, qui officie en tant que bibliothécaire, appelle les habitants de la capitale à partager leurs ouvrages. "Les livres qu’ils partagent avec nous atteindront ceux qui en ont besoin."

vendredi 19 janvier 2018

Nara Noïan - Hier Encore


L'insolente croissance du Portugal inflige un camouflet au culte de l'austérité de Merkel et Bruxelles

La réussite du modèle portugais ne vient pas des politiques de l'offre mais au contraire des politiques de la demande.                      


Gargolas via Getty Images
Dans une rue de Porto, au Portugal.
Longtemps le modèle de référence en Europe a été le modèle allemand. Bruxelles en a fait régulièrement l'apologie, notamment en raison de l'exceptionnel excédent budgétaire allemand, de la dynamique de sa dette, de ses réformes permettant une exceptionnelle compétitivité. Bruxelles s'est souvent appuyé sur ce modèle pour faire pression sur les Etats.
Historiquement, ce modèle repose sur les réformes hétéroclites de l'épopée du Chancelier Schröder pour dépasser la crise des années 1990 en Allemagne. Réformes de l'assurance maladie, célèbres lois Hartz, accords de compétitivité dans les entreprises ont propulsé l'Allemagne vers l'idéal de l'économie de l'offre. L'abaissement des charges des entreprises et la hausse de la TVA ont déplacé la pression fiscale. En parallèle à cela, c'est tout le poids de l'Etat qui a été nettement diminué. Ce modèle qui repose finalement sur les entreprises, on le trouve en Autriche, aux Pays-Bas mais aussi... en Italie du Nord. Ces politiques pro-entreprises ont connu leur apogée en Europe entre 2005 et 2011, date à laquelle, en particulier, la croissance allemande a été maximale.
Mais qu'à cela ne tienne, l'Allemagne s'est essoufflée en 2013-2014 avec une croissance, certes, toujours positive. Un fait notable et loin d'être anodin, le taux de croissance du Portugal est passé au-dessus de celui de l'Allemagne en 2015-2016 et ce sera le cas probablement en 2017. Cependant, avec des excédents commerciaux qui inquiètent de plus en plus Bruxelles, l'Allemagne aujourd'hui interroge.
L'influence de l'Allemagne sur les politiques d'austérité en Europe a atteint ses limites. Car la locomotive de l'Europe ne roule désormais plus qu'à petite vitesse, en termes de croissance et d'exportations, un comble!
Pas de réforme structurelle du marché du travail pour assouplir les droits des salariés, pas d'abaissement de la protection sociale, pas de programme d'austérité comme celui du gouvernement antérieur de droite. Au contraire.
Car pendant ce temps, le petit poucet de l'Europe, longtemps décrié par Bruxelles, vient bouleverser les grandes certitudes sur les bonnes politiques amères à mener en Europe. Il s'agit du Portugal. Il y a un peu plus d'un an en juillet 2016, la Commission européenne entamait une procédure pour "déficit excessif" contre le gouvernement de Lisbonne. Mais depuis, le Portugal a réduit son déficit à 2,1% en 2016 et devrait le ramener à 1,5% cette année quand on peine en France à passer en-dessous de la barre des 4%.
Après une période historique de privatisations forcées pour obtenir les prêts de la Troïka, c'est finalement la coalition de gauche entrée au pouvoir en 2015 qui allait inverser les choses, mettant Bruxelles dans un grand embarras.
Car le modèle économique portugais qui dépasse les taux de croissance allemand aujourd'hui est totalement contraire à celui prôné par Bruxelles. Depuis 2015, la croissance réelle du Portugal s'est nettement redressée après des années noires, celles de la Troïka, durant lesquelles les taux de croissance étaient même négatifs de 2011 à 2013. Aujourd'hui, les taux de croissance du Portugal dépassent ceux de l'Allemagne. Si le taux de chômage frôlait les 17% avec les politiques d'austérité en 2013, celui-ci a décru fortement depuis 2015 pour atteindre 8% en 2017 selon toute probabilité. Une baisse remarquable, du jamais vu. Le Portugal bénéficie également d'une forte reprise de la consommation depuis 2 ans, jointe à un excédent de la balance des biens et services. Les investissements productifs en pourcentage du PIB se rapprochent même de ceux de l'Allemagne, c'est à dire 16,5% contre 20% pour l'Allemagne. Avec une amélioration continue du capital humain, on observe également une belle chute des crédits au secteur privé quand l'épargne est en hausse constante depuis deux années. L'inflation quant à elle est totalement maîtrisée, même plus basse (1,3%) qu'en Allemagne (1,6% en 2016). Certes la dette portugaise avoisine les 146% contre 68% en Allemagne, mais elle diminue depuis deux ans. Les politiques de demande ne sont donc pas systématiquement des politiques d'accroissement de l'endettement. Par ailleurs les taux d'intérêt à long terme se situent à 3,2% en 2016 contre 0,09% en Allemagne. En 2015 et 2016 ce sont les plus bas qu'ait connu le pays depuis 2010 avec la nouvelle coalition de gauche arrivée en 2015.
Le gouvernement n'a pas lésiné sur le plan de relance du pouvoir d'achat.
Car la réussite du modèle portugais ne provient pas vraiment des politiques de l'offre mais au contraire des politiques de demande: pas de réforme structurelle du marché du travail pour assouplir les droits des salariés, pas d'abaissement de la protection sociale, pas de programme d'austérité comme celui du gouvernement antérieur de droite qui avait notamment gelé le salaire minimum et les pensions de retraite, augmenté les impôts et tout cela sans aucun effet notoire sur l'économie. Au contraire, on a assisté en parallèle à une hausse de la pauvreté.
Ici, rien de tel: le salaire minimum a été augmenté en 2016 puis en 2017. En parallèle à cela nous avons assisté à une baisse des cotisations employeurs de 23 à 22%. Enfin, le gouvernement n'a pas lésiné sur le plan de relance du pouvoir d'achat: hausse des retraites et allocations familiales, renforcement du droit du travail, baisse des impôts pour les salaires les plus modestes, arrêt net des privatisations... Pour clore le tout, le Portugal a compris qu'il ne servait plus à rien d'essayer de concurrencer les pays de l'est à bas coûts, donc, on est monté en gamme, dans l'industrie et dans le tourisme. Un point dont la France devrait s'inspirer: la montée en gamme du pays et des politiques de stimulation de la demande, conjointement à un simple abaissement des charges des entreprises.

Les relations entre PCF et LFI «inexistantes au plan national» (Pierre Laurent)


Les relations entre le PCF et La France Insoumise (LFI) sont "inexistantes au plan national", affirme le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, dans un entretien à L'Humanité à paraître demain.
Les relations entre les deux formations de gauche "sont correctes entre (les) deux groupes à l'Assemblée nationale, elles sont très inégales localement et, pour être franc, elles sont inexistantes au plan national", déclare le dirigeant communiste.
Pierre Laurent explique que "les efforts de construction commune que nous avons produits en Corse ou pour certaines élections partielles sont soit rejetés, soit maltraités. Personne ne pourra durablement en rester là".
Mais le dirigeant du PCF indique avoir écrit à LFI, Génération.s, Ensemble!, République et socialisme, Europe Écologie-les Verts "et d'autres" mouvements, afin de les rencontrer chacun d'ici "début février".
Pierre Laurent entend par ces rencontres "faire un tour d'horizon de la situation huit mois après l'élection et échanger sur les prochaines échéances politiques afin de voir ce qu'il est possible de faire ensemble".
Il estime que le PCF a un "rôle clé à jouer en nourrissant d'idées et de pratiques la réinvention nécessaire à gauche". "Pour tous ceux qui, à gauche, ont voulu secouer le paysage politique, tout reste à faire", selon lui.
Le Figaro.fr avec AFP